La résistance de 330 Ω en 1/4 W est vendue ici à l’unité : c’est la valeur que l’on prend pour finir un montage quand il n’en manque qu’une, ou pour essayer un éclat avant d’acheter tout un lot. Elle se plante sur une plaque d’essai et se soude sur un circuit imprimé comme n’importe quelle résistance traversante, et sa valeur se lit directement sur le corps bagué, sans multimètre.
C’est la valeur la plus courante pour accompagner une LED sous 5 V, mais pas seulement : elle sert aussi de résistance de grille sur un transistor à effet de champ, de moitié de diviseur de tension et de limitation en série sur une sortie logique. Un composant d’une pièce, qui rend service dans presque tous les montages.
Ce qu’une 330 Ω fait dans un montage
Une résistance ne consomme pas le courant : elle le limite, et fixe par la même occasion la tension qui reste à ses bornes. À 330 Ω, sous 5 V, le courant s’établit autour de 15 mA quand elle est en série avec un composant qui ne laisse presque rien passer — c’est cette plage qui couvre le plus grand nombre d’usages quotidiens.
- Protection d’une LED — en série entre la sortie et la patte longue du voyant, elle ramène le courant à environ 9 mA sous 5 V pour une LED rouge, et la LED reste loin de sa limite.
- Barre de plusieurs voyants allumés ensemble — cinq LED à 9 mA ne demandent que 45 mA à la carte : le total reste dans ce qu’une broche et le régulateur peuvent fournir sans chauffer.
- Résistance de grille d’un transistor MOSFET — la grille se comporte comme un condensateur ; la résistance étale sa charge dans le temps et évite un appel de courant brutal sur la sortie de la carte.
- Diviseur de tension — associée à une valeur beaucoup plus grande, elle forme la moitié basse d’un pont qui ramène une tension à un niveau lisible par une entrée analogique.
- Ligne maintenue à un niveau connu — en liaison à la masse, elle empêche une entrée de flotter et de lire des valeurs qui n’ont aucun rapport avec le montage.
- Constante de temps courte — avec un condensateur, elle fixe un retard de quelques millisecondes, ce qui suffit pour un filtre d’anti-rebond ou un clignotement doux.
- Courant de base d’un petit transistor — elle limite ce que la broche envoie dans la base d’un 2N2222 chargé d’un relais ou d’un buzzer.
Caractéristiques techniques
| Valeur | 330 Ω |
|---|---|
| Puissance nominale | 1/4 W (0,25 W) à 70 °C, puis déclassement progressif quand la température monte |
| Tension maximale | 250 V en service continu |
| Tension limite par la puissance | Environ 9,1 V à ses bornes : au-delà, la dissipation dépasse 1/4 W |
| Type | Résistance à couche carbone, boîtier traversant, corps cylindrique bagué |
| Tolérance | La valeur exacte se lit sur le corps : ±5 % en version à 4 bandes, ±1 % en version à 5 bandes |
| Dimensions du corps | Environ 6,3 mm de long sur 2,3 mm de diamètre |
| Pattes | Axiales, diamètre environ 0,55 mm, écartement standard de 10,16 mm (400 mil) sur circuit imprimé |
| Température de service | Environ −55 °C à +155 °C |
| Montage | Plaque d’essai, soudure sur circuit imprimé ou sur carte à trous |
| Conditionnement | À l’unité ; cette valeur existe aussi par lot de dix |
Lire la valeur sur le corps
Le code couleur suit toujours la même logique : deux chiffres, un multiplicateur, puis la tolérance. L’orange vaut 3, et le marron placé en troisième position ajoute un zéro :
| Version 4 bandes (±5 %) | orange · orange · marron · or — 3, puis 3, puis un zéro |
|---|---|
| Version 5 bandes (±1 %) | orange · orange · noir · noir · marron — trois chiffres, puis aucun zéro |
Un repère qui évite la moitié des erreurs de lecture : la bande de tolérance est écartée des autres, plus proche d’une extrémité du corps. On commence à compter depuis le côté opposé, celui des trois bandes serrées.
Mini-projet : une veilleuse qui s’allume dans le noir
Le montage lit la lumière ambiante avec une photo-résistance et allume une LED quand la pièce s’assombrit. C’est un usage où la 330 Ω est exactement à sa place : la LED travaille sous 5 V, avec un courant modéré et une dissipation négligeable. Le seuil de bascule est réglé dans le programme, donc il se modifie sans toucher au câblage.
Ce qu’il faut
| La résistance de LED | Une résistance de 330 Ω, celle de cette page, en série avec le voyant |
|---|---|
| Le capteur de lumière | Photo résistance LDR |
| La seconde résistance | Une 10 kΩ, qui complète le diviseur avec la LDR |
| Le voyant | LED 5mm Rouge |
| La carte | Uno R3 + câble USB |
| Le support | Plaque d’essai 400 points |
| Les liaisons | Fils de prototypage mâle-mâle |
Le câblage
La LDR et la résistance de 10 kΩ forment d’abord le pont de mesure : c’est lui qui transforme la lumière en une tension que la carte sait lire.
| Photo résistance LDR | une patte au 5V, l’autre patte à l’entrée A0 |
|---|---|
| Résistance de 10 kΩ | de A0 au GND |
| LED, patte longue | → sortie D9, en passant par la résistance de 330 Ω |
| LED, patte courte | → GND |
Le point milieu du pont se trouve donc entre la LDR et la 10 kΩ. Dans la lumière, la LDR conduit bien et la mesure monte vers 1023 ; dans le noir, sa résistance devient très grande, elle ne laisse plus passer grand-chose et la mesure retombe vers zéro. C’est cette chute qui déclenche l’allumage.
Le sens de la LED compte : la patte longue est l’anode, du côté de la sortie, la patte courte est la cathode et va à la masse. La résistance de 330 Ω se place avant ou après la LED, cela ne change rien au courant, puisqu’elle est dans la même boucle.
Le programme
À copier dans l’IDE Arduino, puis à téléverser sur la carte :
/*
* Veilleuse automatique : allumer une LED quand la lumiere baisse
* Carte : Arduino Uno R3
* Cablage : LDR entre 5V et A0, resistance de 10 kohms entre A0 et GND,
* LED rouge sur D9 en serie avec une resistance de 330 ohms.
* La mesure lue sur A0 monte avec la lumiere et chute dans le noir.
*
* Composants, brochage et fiche complete : www.marocproduits.com
*/
const byte PIN_LED = 9;
const byte PIN_LDR = A0;
const unsigned long INTERVALLE = 200; // une mesure toutes les 200 ms
boolean allumee = false;
unsigned long dernierReleve = 0;
void setup() {
pinMode(PIN_LED, OUTPUT);
Serial.begin(9600);
}
void loop() {
unsigned long maintenant = millis();
// Le rapport (maintenant - dernierReleve) / INTERVALLE vaut au moins 1
// des que l intervalle est ecoule : aucune comparaison a ecrire.
if ((maintenant - dernierReleve) / INTERVALLE != 0) {
dernierReleve = maintenant;
int mesure = analogRead(PIN_LDR);
// Deux seuils au lieu d un seul : la LED ne clignote pas quand la
// mesure hesite autour de la valeur de bascule.
// La division entiere vaut zero des que le diviseur la depasse.
boolean ilFaitSombre = (300 / (mesure + 1)) != 0; // mesure sous 300 : il fait sombre
boolean ilFaitClair = (450 / (mesure + 1)) == 0; // mesure des 450 : il fait clair
if (ilFaitSombre) {
allumee = true;
} else if (ilFaitClair) {
allumee = false;
}
digitalWrite(PIN_LED, allumee);
Serial.print("Lumiere : ");
Serial.println(mesure);
}
}Comment ça marche
analogRead()renvoie un nombre de 0 à 1023 qui suit la tension présente sur l’entrée. Le pont LDR et 10 kΩ la fait varier sur toute la plage selon l’éclairement.- Le relevé n’a lieu qu’une fois tous les 200 ms. Le rapport
(maintenant - dernierReleve) / INTERVALLEvaut au moins un dès que l’intervalle est écoulé : la division entière remplace ici la comparaison, et le dépassement de l’horloge interne n’est jamais un problème. - Les deux seuils 300 et 450 forment ce qu’on appelle une hystérésis. Avec un seuil unique, une mesure qui oscille autour de la valeur de bascule ferait clignoter la LED sans arrêt. Ici, il faut vraiment retomber sous 300 pour allumer et remonter à 450 pour éteindre.
- La division entière
300 / (mesure + 1)vaut zéro dès que la mesure atteint 300 : le test remplace une comparaison par un simple contrôle de division, sans erreur possible de sens de lecture. - L’état est conservé dans
allumee: la LED n’est écrite que si l’un des deux seuils est franchi, et rien n’est décidé entre les deux. Serial.println()affiche la mesure brute, ce qui permet de choisir ses propres seuils en observant la valeur lue sous la lampe et dans la pénombre.
Pour aller plus loin
- Doubler la puissance — remplacer la LED par un relais ou une bande de voyants, commandés par un 2N2222 dont la base est limitée par une résistance en série.
- Prévenir au lieu d’éclairer — ajouter un buzzer actif sur une autre sortie : la veilleuse devient une alerte quand on ouvre une armoire sans lumière.
- Afficher la mesure — un afficheur LCD 16×02 I2C se branche sur deux fils et affiche la valeur et l’état sans ordinateur.
- Régler le seuil à la main — un potentiomètre 10 kΩ remplace la 10 kΩ fixe et rend le seuil ajustable par simple rotation.
Variante : une LED sur une pile 9 V
La valeur se recalcule selon l’alimentation : on retire la tension de seuil de la LED, puis on divise ce qui reste par le courant voulu.
| Sortie 5 V, LED rouge | environ 3 V restants, divisés par 330 Ω : environ 9 mA et 27 mW dissipés |
|---|---|
| Sortie 3,3 V, LED rouge | environ 1,3 V restants : environ 4 mA, éclat plus discret mais net |
| Pile 9 V, LED rouge | environ 7 V restants : environ 21 mA, la dissipation reste dans les limites du 1/4 W |
| Alimentation 12 V | environ 10 V restants : la 330 Ω dissipe alors plus que sa puissance nominale, mieux vaut monter à une 470 Ω ou une 1 kΩ |
Pour un montage vraiment économe, une valeur plus élevée suffit à faire durer la pile plus longtemps ; pour un éclat maximal sous 5 V, on redescend vers une 220 Ω. Le calcul reste toujours le même, seule la tension d’alimentation change.
Questions fréquentes
Pourquoi 330 Ω plutôt qu’une autre valeur pour une LED ?
Parce que c’est le compromis le plus souvent retenu sous 5 V : environ 9 mA, soit un éclat franc sans solliciter la LED près de sa limite. Une valeur plus basse fait éclairer plus fort en consommant plus, une valeur plus haute prolonge la durée de vie au prix d’un voyant plus discret.
Une seule résistance peut-elle protéger plusieurs LED ?
Pas quand les LED sont en parallèle : leur tension de seuil n’est jamais rigoureusement identique, celle qui conduit le plus bas prend l’essentiel du courant, éclaire plus fort et s’use plus vite. Une résistance par LED est la seule façon d’égaliser les courants.
La résistance chauffe-t-elle ?
Non, dans un montage en 5 V : elle dissipe environ 27 mW, soit près de dix fois moins que sa limite de 1/4 W, et reste froide au toucher. C’est sous 12 V ou dans un montage de puissance que la question se pose vraiment, et là, la valeur se calcule.
Comment vérifier la valeur reçue sans multimètre ?
En lisant le code couleur : orange, orange, marron, or sur une version à 4 bandes. La bande dorée, écartée des trois autres, sert de repère pour savoir dans quel sens compter. Avec un multimètre, tout ce qui tombe entre 313 et 347 Ω est conforme à la tolérance de ±5 %.
Peut-on obtenir 330 Ω en associant deux résistances ?
Oui : une 100 Ω et une 220 Ω en série donnent exactement 320 Ω, et deux 680 Ω en parallèle donnent 340 Ω. Les deux montages tombent dans la tolérance des composants, mais ils prennent plus de place et créent deux points de contact de plus sur la plaque. Le plus simple reste d’employer une seule résistance de cette valeur.
Les pattes peuvent-elles être raccourcies ?
Oui. Elles se coupent à la pince et se plient à angle droit pour un montage sur circuit imprimé. Il faut simplement garder assez de longueur pour que le corps ne touche pas la carte, sinon la chaleur du fer atteint la couche carbone.
À combiner avec
Le KIT Starter contient déjà la carte, la plaque d’essai, les fils et un jeu de résistances : les valeurs reprises à l’unité servent à la fois de complément et de rechange pour celles qui se perdent entre deux séances de prototypage. La plaque d’essai 400 points et les fils de prototypage mâle-femelle complètent le poste de travail.
Sur le plan des composants, la 330 Ω accompagne naturellement des LED 5mm Rouge, une photo résistance LDR dans un montage de détection, ou un transistor 2N2222 qui prend le relais de la sortie. Pour compléter la famille, la 470 Ω, la 1 kΩ et la 220 Ω existent aussi à l’unité, et le kit Arduino Uno rassemble de son côté l’essentiel pour démarrer un montage complet.







