La plaque d’essai 400 points est le format intermédiaire de la famille breadboard : 300 trous dans la zone centrale, répartis en 30 colonnes de 10, auxquels s’ajoutent deux rails d’alimentation latéraux qui portent les 100 points restants. Ses 83 mm sur 55 mm accueillent un montage complet — carte, capteur, quelques LED, un afficheur — sans quitter la plaque.
Ce qui la distingue de la plaque 170 points, ce sont les deux rails : le 5 V et la masse y circulent sur toute la longueur, et chaque composant vient s’y raccorder au plus court au lieu de repartir vers la carte à chaque liaison. Dès qu’un montage dépasse trois composants, ce détail change le temps de câblage.
À quoi servent les 400 points ?
La plaque ne contient aucun composant : c’est un assemblage de connexions. Son intérêt n’est pas électrique, il est pratique — et c’est ce qui explique qu’on la trouve dans tous les kits d’électronique.
- Distribuer l’alimentation par les rails — le 5 V et la masse sont amenés une seule fois depuis la carte, puis repris sur toute la longueur du rail.
- Porter un montage qui tient — un capteur, sa résistance de tirage, une LED et son afficheur cohabitent sur la même surface sans se marcher dessus.
- Poser un boîtier DIP à cheval sur la rainure — les deux rangées de pattes d’un circuit intégré tombent chacune dans une colonne distincte, ce que la rainure de 7,62 mm rend possible.
- Essayer avant de souder — le montage se valide en quelques minutes, puis se démonte en tirant sur les pattes.
- Séparer la commande de la partie éprouvée — la carte pilote, la plaque porte ce qu’on teste : une erreur de câblage ne met pas la carte en danger.
- Réunir deux plaques — les flancs s’emboîtent d’une plaque à l’autre, sans fil supplémentaire entre les deux.
Les deux rails d’alimentation
C’est la partie du format qui demande une explication, parce qu’elle concentre les erreurs de câblage.
| Un rail par grand côté | La plaque porte deux rails, un le long de chaque grand côté. Chacun réunit une ligne marquée + (repère rouge) et une ligne marquée − (repère bleu). |
|---|---|
| Les deux lignes d’un rail | La ligne + et la ligne − du même rail ne communiquent pas entre elles. Les confondre place le + directement à la masse : rien ne s’allume, et l’alimentation chauffe. |
| Rail et zone centrale | Aucune liaison entre les deux. Un composant piqué entre un rail et la zone centrale ne relie rien du tout : il faut un fil pour amener le rail jusqu’au montage, puis un autre pour ramener la masse. |
| Deux tensions possibles | Les deux rails étant indépendants, on les réserve souvent à deux tensions différentes — 5 V d’un côté, 3,3 V de l’autre — ou à un second circuit lorsqu’une partie du montage doit rester isolée. |
| Continuité du rail | Elle se contrôle en dix secondes, plaque hors tension, multimètre en position continuité : deux trous éloignés d’une même ligne doivent biper. Si rien ne sonne, la ligne est interrompue et chaque tronçon s’alimente séparément. |
Comment sont reliés les trous
Tout tient dans une seule règle : les cinq trous d’une colonne, d’un même côté de la rainure centrale, forment un même point de connexion. Ce qui compte, c’est la colonne — pas la rangée.
| Les colonnes | 30 colonnes, chacune coupée par la rainure en deux groupes de cinq trous. Les cinq du haut ne communiquent pas avec les cinq du bas. |
|---|---|
| Un groupe de cinq | Les cinq trous d’un groupe sont reliés entre eux. Un composant dont les deux pattes tombent dans un même groupe se retrouve court-circuité : sur une diode ou une LED, cela signifie qu’elle ne s’allumera jamais. |
| Deux colonnes voisines | Elles restent indépendantes tant qu’un fil, un composant ou un cavalier ne les relie pas. |
| La rainure centrale | 7,62 mm de large, soit exactement la distance entre les deux rangées de pattes d’un boîtier DIP posé à cheval. |
| Les repères imprimés | Les colonnes sont numérotées de 1 à 30 et les rangées lettrées de A à J : de quoi noter un montage sur une feuille et le retrouver intact le lendemain. |
La conséquence pratique est simple. On amène le 5 V et la masse depuis la carte sur les deux lignes d’un rail, on réserve quelques colonnes au plus près de la rainure, et chaque composant se raccorde à l’une ou à l’autre à travers sa résistance. Un montage qu’on ne peut pas relire est un montage qu’on ne peut pas dépanner : espacer les blocs de deux colonnes suffit à garder la lecture.
Caractéristiques techniques
| Type | Plaque d’essai sans soudure (breadboard) 400 points, format demi-plaque |
|---|---|
| Points de connexion | 400 — 300 dans la zone centrale (30 colonnes de 10 trous) et 100 sur les deux rails latéraux |
| Rails d’alimentation | 2, un par grand côté, chacun avec sa ligne + et sa ligne − indépendantes |
| Pas | 2,54 mm, le pas standard des composants traversants, des supports de circuits intégrés et des barrettes de broches |
| Rainure centrale | 7,62 mm — un boîtier DIP s’y place à cheval |
| Encombrement | Environ 83 mm sur 55 mm, 9 mm d’épaisseur (adhésif compris) |
| Matière | Boîtier en ABS blanc, lames de contact plaquées nickel |
| Fils acceptés | Pattes et fils de 0,4 à 0,8 mm de diamètre, soit du 20 au 29 AWG |
| Montage | Adhésif double face au dos, sous film protecteur ; flancs emboîtables d’une plaque à l’autre |
| Coloris | Blanc — la photo du catalogue montre deux plaques empilées |
| Usage prévu | Signaux, LED, capteurs, afficheurs et petits modules — pas l’alimentation directe d’un moteur ni d’un ruban de LED |
Applications
- Un montage à plusieurs modules — un capteur, un afficheur et une LED qui partagent la même alimentation : les rails évitent la nappe de fils qui repart vers la carte à chaque liaison.
- Un circuit intégré en essai — le boîtier se pose à cheval sur la rainure, ses deux rangées de pattes dans deux colonnes distinctes, et tout l’environnement du composant se câble autour de lui.
- Une mesure à instrumenter — le montage reste figé pendant que les pointes du multimètre cherchent la panne, sans qu’un fil ne bouge à chaque déplacement.
- Une maquette d’apprentissage — deux rails, deux tensions, une dizaine de composants : de quoi montrer la différence entre un signal et une alimentation sans écrire un seul schéma.
- Un montage conservé entre deux séances — la plaque reste câblée sur l’établi, un fil repère placé sur le rail pour retrouver les polarités.
Mini-projet : une veilleuse automatique, pas à pas
Une LED qui s’allume seule à la tombée du jour, et qui éclaire d’autant plus que la pièce s’assombrit. Le montage tient sur un quart de la plaque, il utilise les deux rails, et il fait travailler les trois gestes de base d’une plaque d’essai : lire une entrée analogique, écrire une sortie modulée, et régler un seuil.
Matériel
- La plaque d’essai 400 points de cette page
- Une carte Arduino Uno R3 avec câble USB
- Une photo-résistance (LDR), la cellule qui mesure la lumière
- Une résistance de 220 ohms pour la LED et une résistance de 10 kohms pour le diviseur de tension
- Une LED rouge 5 mm
- Des fils mâle-mâle de 10 cm pour relier la plaque à la carte
Câblage
Le diviseur de tension occupe trois colonnes consécutives, côté rainure :
- Première colonne du bloc — une patte de la photo-résistance, l’autre patte allant rejoindre la ligne + du rail.
- Deuxième colonne — la seconde patte de la photo-résistance et la première patte de la résistance de 10 kohms. C’est le point milieu, celui que la carte doit lire.
- Troisième colonne — la seconde patte de la résistance de 10 kohms, reliée à la ligne − du rail.
Les deux rails sont ensuite amenés depuis la carte, puis la LED se câble sur deux colonnes voisines :
| Ligne + du rail | Fil vers la broche 5V de la carte |
|---|---|
| Ligne − du rail | Fil vers une broche GND |
| Point milieu du diviseur | Fil vers l’entrée analogique A0 |
| LED rouge | La patte longue (anode) reçoit la résistance de 220 ohms, elle-même reliée à la broche numérique 9 ; la patte courte (cathode) rejoint la ligne − du rail |
La photo-résistance et la résistance de 220 ohms n’ont pas de sens imposé, seule la continuité compte. La LED, elle, a une polarité : patte longue du côté de la sortie de la carte, patte courte du côté de la masse. Montée à l’envers, elle ne grille pas — elle ne s’allume simplement pas.
Le programme
À copier dans l’IDE Arduino, puis à téléverser :
/*
* Veilleuse automatique - mini-projet de prototypage
* Carte : Arduino Uno R3
* Montage : photoresistance et resistance de 10 kohms en diviseur de tension sur A0,
* LED rouge sur la broche 9 avec sa resistance de 220 ohms
* La mesure relevee sur A0 monte quand la lumiere augmente. Le programme inverse cette
* tendance : la LED devient plus lumineuse quand la piece s assombrit.
*
* Composants, brochage et fiche complete : www.marocproduits.com
*/
const byte BROCHE_LED = 9;
const int BROCHE_MESURE = A0;
// Valeur relevee en plein jour, a corriger apres lecture sur le moniteur serie
const int MESURE_JOUR = 700;
void setup() {
pinMode(BROCHE_LED, OUTPUT);
Serial.begin(9600);
}
void loop() {
int mesure = analogRead(BROCHE_MESURE);
int luminosite = map(mesure, MESURE_JOUR, 0, 0, 255);
luminosite = constrain(luminosite, 0, 255);
analogWrite(BROCHE_LED, luminosite);
Serial.print("Mesure A0 : ");
Serial.println(mesure);
delay(300);
}Trois lignes font tout le travail. analogRead renvoie la tension du point milieu entre 0 et 1023. map la traduit en une consigne de luminosité entre 0 et 255, en inversant l’échelle : plus la mesure baisse, plus la LED monte. analogWrite produit cette luminosité par modulation de largeur d’impulsion — la LED ne reçoit jamais une tension intermédiaire, elle est allumée et éteinte des milliers de fois par seconde.
La résistance de 220 ohms reste obligatoire en série avec la LED : sans elle, le courant qui la traverse la détruit en quelques secondes. Elle se place avant ou après la LED, indifféremment.
Régler le seuil
La valeur MESURE_JOUR dépend de la pièce et de la cellule. Ouvrez le moniteur série à 9600 bauds : la mesure s’affiche cinq fois par seconde. Notez ce que la plaque lit en plein jour à l’endroit où elle sera posée, puis remplacez 700 par cette valeur, et téléversez à nouveau. En dessous, la LED s’éteint ; au-dessus, elle monte progressivement. Un écart de quelques dizaines de points entre la valeur de jour et celle du soir suffit pour que la transition soit franche.
Variantes
Avec une sonde de température
La même broche, le même programme : remplacez la photo-résistance par une sonde NTC 10K étanche et le montage surveille une température au lieu d’une lumière. La sonde se comporte à l’inverse de la cellule — sa résistance baisse quand la chaleur monte — donc la mesure augmente avec la température et la LED s’allume quand il fait chaud. Il suffit de changer le commentaire, pas le code.
Avec une carte Nano
Le montage se refait à l’identique sur une carte Nano avec câble : les broches A0, 9, 5V et GND y sont présentes. La carte se pique directement sur la plaque, ce qui supprime les quatre fils de liaison — prévoyez alors des fils mâle-femelle de 10 cm pour les raccordements restants.
Commander une charge par relais
Pour allumer autre chose qu’une LED — une lampe, un ventilateur — la sortie de la carte pilote un module relais 5 V. Le module se câble sur la plaque, sa commande vient de la broche 9, et la charge se raccorde sur les borniers du module, hors de la plaque. C’est la règle à ne pas contourner : le côté secteur reste sur les borniers, jamais dans les trous de la plaque d’essai.
Questions fréquentes
Quelle différence avec la plaque 830 points ?
La longueur, et donc la place des rails. La 830 points aligne 63 colonnes au lieu de 30 et porte des rails deux fois plus longs : elle convient à deux montages côte à côte ou à un projet qui reste câblé en permanence. La 400 points couvre l’essentiel des projets à carte unique, avec une surface qui laisse encore de la place sur la table.
Les rails peuvent-ils être alimentés par autre chose que la carte ?
Oui, et c’est souvent préférable pour un montage qui consomme. Un module d’alimentation pour plaque se pique sur les rails, reçoit une tension continue en entrée et distribue 5 V et 3,3 V avec un interrupteur — utile pour un montage qui doit tourner sans ordinateur. Une alimentation 5 V 2 A à prise jack fait la même chose en plus robuste, lorsque la consommation dépasse ce que la carte peut fournir.
Rien ne s’allume, alors que le câblage semble bon. Où chercher ?
Trois vérifications règlent la grande majorité des cas. D’abord, un composant dont les deux pattes tombent dans un même groupe de cinq : il est court-circuité, et sur une LED cela suffit à l’éteindre. Ensuite, un composant piqué entre un rail et la zone centrale : les deux ne communiquent pas, la liaison manque. Enfin, une masse oubliée : deux appareils reliés par un seul fil de signal ne forment pas un circuit, il faut un retour commun.
Les deux rails servent-ils vraiment à deux tensions ?
Oui, et c’est l’usage le plus courant de ce format. Un rail porte le 5 V et la masse pour la partie puissance, l’autre la même masse et le 3,3 V pour les composants qui n’acceptent pas plus. Attention toutefois à ne jamais relier les deux lignes + entre elles : deux tensions différentes mises en contact finissent en court-circuit.
Quel diamètre de fil faut-il ?
Les trous acceptent des pattes et des fils de 0,4 à 0,8 mm de diamètre, soit du 20 au 29 AWG : c’est le diamètre des fils mâle-mâle et des queues de composants traversants. Un module livré avec des fils souples multibrins ne tient pas dans la plaque : soudez-lui une barrette de broches mâles, il devient utilisable en quelques minutes.
Peut-on fixer la plaque sur un support ?
Le dos porte un adhésif double face sous un film protecteur : la plaque tient alors sur un support, un boîtier ou un plan de travail, et le film se retire au dernier moment. Si vous préférez la garder mobile, laissez le film en place — l’adhésif ne se rattrape pas une fois posé.
À combiner avec
- Plaque d’essai 830 points — la grande surface, pour un montage qui s’installe dans la durée
- Plaque d’essai 170 points — le petit format à poser à côté de la carte, pour le circuit qui accompagne un essai
- Breadboard Holder — le support qui reçoit la plaque et la carte sur un même plan incliné
- KIT Starter — la carte Uno R3, une plaque, les fils, les résistances et des LED dans un même ensemble
- Câble d’alimentation 9 V — pour faire tourner le montage terminé sans ordinateur







