La LED rouge de 5 mm est la diode la plus courante de tous les montages : c’est elle qui dit « sous tension », « capteur actif » ou « défaut ». Sa tension directe, basse, la rend très facile à alimenter — elle s’allume déjà franchement sous 3,3 V, là où une diode bleue ou blanche reste pratiquement éteinte. Cette fiche correspond à une diode à l’unité, à boîtier rouge diffus et pattes traversantes : à commander seule quand il n’en manque qu’une.
Deux usages reviennent sans cesse : le témoin d’état sur une carte ou un appareil, et le remplacement d’une diode grillée sur un montage existant. Dans les deux cas, une seule précaution commande tout : jamais de diode branchée directement entre l’alimentation et la masse, la résistance en série est ce qui fixe le courant qui la traverse. Le calcul, propre à une diode rouge, est détaillé plus bas.
Ce que vous recevez
- Une diode rouge 5 mm — boîtier diffus teinté, lentille bombée moulée d’une seule pièce dans l’époxy.
- Deux pattes droites — non coudées, entraxe standard de 2,54 mm, d’une longueur suffisante pour une plaque d’essai comme pour une soudure.
- Rien d’autre dans le sachet — ni résistance, ni support, ni douille : la protection en série et le support éventuel sont à prévoir à côté.
Si le montage en consomme plusieurs, le même modèle existe par dix : 10 x LED 5mm Rouge. À l’unité, la diode convient au remplacement ponctuel ou au montage qui n’en demande qu’une.
Caractéristiques techniques
| Boîtier | 5 mm traversant, époxy teinté rouge, lentille bombée |
|---|---|
| Couleur d’émission | Rouge — longueur d’onde de 620 à 630 nm selon le lot |
| Tension directe | 1,8 à 2,2 V, typiquement 2,0 V à 20 mA |
| Courant direct | 20 mA en continu : la valeur de service. Au-delà, l’éclat n’augmente presque plus et la durée de vie chute |
| Tension inverse maximale | 5 V — montée à l’envers, la diode reste éteinte sans s’abîmer |
| Angle de vision | Large — le boîtier diffus répartit la lumière au lieu de la concentrer, là où une diode à boîtier transparent forme un point lumineux |
| Intensité lumineuse | Modeste : un voyant bien visible de près, sans éblouir. La valeur exacte dépend du lot |
| Température de service | −25 °C à +85 °C |
| Soudure | 260 °C pendant 3 secondes au maximum, à 3 mm du boîtier |
| Montage | Traversant : plaque d’essai, carte à trous ou circuit imprimé |
| Quantité | 1 diode |
La tension directe d’une diode rouge est la plus basse de la famille 5 mm : c’est ce qui la rend si accommodante. Elle laisse environ 3 V à la résistance sous une alimentation de 5 V, contre moins de 2 V pour une diode bleue.
Le sens de la diode : deux repères qui concordent
Une diode électroluminescente ne s’allume que dans un sens, et le boîtier porte toujours deux repères qui disent la même chose :
| Patte la plus longue | Anode — le côté positif, celui qui va vers l’alimentation ou la sortie de la carte, en passant par la résistance |
|---|---|
| Patte la plus courte | Cathode — le côté négatif, celui qui va à la masse |
| Méplat de la collerette | Du côté de la cathode : le bord de la base est plat au-dessus de la patte courte |
Montée à l’envers, la diode reste éteinte sans rien subir : c’est la seule erreur sans conséquence du montage. Le méplat prend le relais dès que les deux pattes ont été coupées à la même longueur et que la longueur ne dit plus rien.
La résistance de protection, le calcul pour une diode rouge
Aucune diode ne se branche directement entre l’alimentation et la masse : c’est la résistance en série qui fixe le courant qui la traverse. La valeur se calcule en retirant la tension directe de la tension d’alimentation, puis en divisant ce qui reste par le courant visé, une vingtaine de milliampères au maximum. Avec une diode rouge sous 5 V, il reste environ 3 V pour la résistance — d’où des valeurs un peu plus élevées que pour une bleue ou une blanche. Les résistances 220 Ω 1/4 W couvrent la majorité des cas.
| 5 V avec 150 Ω | Environ 20 mA, éclat maximal — exactement à la limite du composant |
|---|---|
| 5 V avec 220 Ω | Environ 13,6 mA : le bon compromis entre éclat et marge |
| 5 V avec 330 Ω | Environ 9,1 mA : voyant franc, moins de 30 mW dissipés |
| 5 V avec 470 Ω | Environ 6,4 mA : témoin discret |
| 5 V avec 1 kΩ | Environ 3 mA : réservé à une veilleuse de nuit |
| 3,3 V avec 100 Ω | Environ 13 mA : la diode s’allume normalement, sans marge de tension excessive — c’est l’avantage d’une rouge |
| 12 V avec 1 kΩ | Environ 10 mA : la valeur à retenir pour un voyant sur une alimentation en 12 V |
| 12 V avec 220 Ω | Environ 45 mA : le double du maximum, et 0,45 W dissipés dans une résistance donnée pour 1/4 W — à ne pas faire |
Sur une alimentation de 12 V, la résistance 1 kΩ 1/4 W est la valeur qui convient. Sur une carte alimentée en 3,3 V, une diode rouge se pilote même directement depuis une sortie logique : c’est le seul cas de la famille 5 mm qui ne demande aucune précaution particulière.
Mini-projet : un voyant qui clignote sans bloquer la carte
Une diode, une résistance, et un clignotement régulier — mais écrit pour ne jamais immobiliser la carte. C’est le montage à connaître, parce que la façon habituelle d’écrire un clignotement, avec delay, empêche tout le reste du programme de tourner pendant la pause.
Ce qu’il faut
| La diode | Cette LED 5 mm rouge |
|---|---|
| La protection | Une résistance de 220 Ω, en série |
| La carte | Uno R3 + câble USB |
| Le support | Plaque d’essai 400 points |
| Les liaisons | Fils de prototypage mâle-mâle |
Le câblage
| Résistance | Une patte sur la sortie D9, l’autre sur l’anode de la diode |
|---|---|
| Diode, patte longue | Vers la résistance — l’anode |
| Diode, patte courte | Vers la ligne de masse GND de la carte — la cathode |
| Rien d’autre | La carte se contente du câble USB : la diode à 13 mA ne le décharge pas |
Le programme
À copier dans l’IDE Arduino, puis à téléverser sur la carte :
/*
* Voyant rouge qui clignote sans delay
* Carte : Arduino Uno R3
* Montage : D9 - resistance de 220 ohms - anode de la LED
* cathode de la LED vers la masse (GND)
* Le programme compare des durees au lieu de mettre la carte en pause :
* rien d autre ne serait execute pendant un delay.
*
* Composants, brochage et fiche complete : www.marocproduits.com
*/
const byte PIN_LED = 9;
const unsigned long DUREE_ALLUME = 200; // duree allumee, en millisecondes
const unsigned long DUREE_ETEINT = 800; // duree eteinte, en millisecondes
unsigned long dernierChangement = 0;
bool etatAllume = false;
void setup() {
pinMode(PIN_LED, OUTPUT);
digitalWrite(PIN_LED, LOW);
}
void loop() {
// tant que la duree ecoulee n a pas atteint la consigne, on ne fait rien
unsigned long consigne = etatAllume ? DUREE_ALLUME : DUREE_ETEINT;
if (millis() - dernierChangement >= consigne) {
etatAllume = !etatAllume; // on inverse l etat
digitalWrite(PIN_LED, etatAllume ? HIGH : LOW);
dernierChangement = millis(); // on repart de maintenant
}
}Comment ça marche
millis()renvoie le nombre de millisecondes écoulées depuis la mise sous tension. Le programme ne dort jamais : il regarde simplement si assez de temps s’est écoulé depuis le dernier changement d’état.- La soustraction
millis() - dernierChangementreste juste même après plusieurs semaines de fonctionnement, quand le compteur revient à zéro : c’est le signe d’un compteur sur valeurs non signées, et c’est pourquoi on ne compare pas les deux valeurs directement. - La consigne change selon l’état : la diode reste peu de temps allumée et longtemps éteinte, ce qui donne un signal bref, bien plus visible qu’un clignotement à parts égales.
- La variable
dernierChangementest remise à jour à chaque bascule : sans cela, la condition resterait vraie et la diode basculerait à chaque tour de boucle, donc des milliers de fois par seconde.
Pour aller plus loin
- Piloter le clignotement par un bouton — un mini bouton poussoir lu à chaque tour de boucle arrête et relance le clignotement : c’est exactement le genre de second travail qu’un
delayrendrait impossible. - Trois états plutôt que deux — une seconde diode d’une autre couleur donne un voyant d’activité et un voyant de veille, avec deux consignes de durée différentes mais un seul programme.
- Un éclat progressif — remplacer
digitalWriteparanalogWritesur une sortie PWM fait respirer la diode au lieu de la faire clignoter.
Points d’attention
- Jamais sans résistance. Branchée directement entre le 5 V et la masse, la diode absorbe tout le courant disponible, chauffe et meurt en quelques secondes — parfois en emportant la broche qui la pilote.
- Une résistance par diode. Deux diodes rouges partagent mal une même résistance : la plus favorable s’allume et l’autre reste terne. En parallèle, chacune garde sa propre résistance.
- La couleur ne se règle pas. Une diode rouge émet toujours du rouge : c’est l’intensité qui varie, jamais la teinte.
- Pattes à couper après soudure, pas avant. La longueur des pattes dissipe une partie de la chaleur de soudure ; les couper trop court fait chauffer le boîtier, qui ne tolère que 3 secondes à 260 °C.
- Une diode à boîtier diffus éclaire large mais faiblement. Pour un voyant vu de loin ou en plein jour, un boîtier transparent concentre mieux la lumière à courant égal.
Questions fréquentes
Quelle résistance pour une LED rouge en 5 V ?
220 Ω convient à presque tous les cas : environ 13,6 mA, un voyant franc avec une bonne marge. Descendre à 150 Ω donne l’éclat maximal, tout juste à la limite du composant. Au-delà de 1 kΩ, la diode reste allumée mais devient un simple repère discret.
Faut-il une résistance avec une LED rouge ?
Oui, sans exception. Aucune diode ne se branche directement sur une alimentation : c’est la résistance qui fixe le courant. Sans elle, la diode absorbe tout ce que l’alimentation peut donner et se détruit en quelques secondes.
Peut-on la brancher directement sur une sortie en 3,3 V ?
Pas sans résistance, mais la marge est confortable : avec 100 Ω, il passe environ 13 mA et la diode s’allume normalement. C’est précisément ce qui distingue une diode rouge d’une bleue ou d’une blanche, dont la tension directe consomme presque toute la tension disponible.
Comment savoir dans quel sens la monter ?
La patte la plus longue est l’anode, le côté positif, à relier à la résistance. La plus courte est la cathode, du côté de la masse. Le bord plat de la collerette marque aussi la cathode, ce qui reste lisible même après avoir coupé les pattes à la même longueur. Montée à l’envers, la diode reste simplement éteinte.
Quelle différence avec la LED verte 5 mm ?
La LED 5 mm verte a une tension directe un peu plus élevée, autour de 2,2 à 2,4 V, donc un courant légèrement plus faible pour la même résistance. Les deux se mélangent très bien sur un même montage : vert pour « en marche », rouge pour « défaut », la couleur se lit sans étiquette.
Peut-on la faire fonctionner en 12 V ?
Oui, avec une résistance de 1 kΩ en série, qui laisse passer environ 10 mA — un voyant franc. Avec une 220 Ω sous 12 V, le courant dépasserait le double du maximum et la résistance dissiperait plus qu’elle ne supporte : c’est le calcul à refaire, pas la diode à changer.
À combiner avec
Pour un premier montage, le KIT Starter contient déjà la carte Uno R3, la plaque d’essai, les fils et un jeu de résistances : cette diode seule suffit alors à réaliser le voyant qui clignote décrit plus haut. Une diode rouge se remplace d’un mouvement sur une plaque d’essai comme sur une carte à souder, et il est utile d’en garder une ou deux d’avance : c’est le composant que l’on grille en premier quand on oublie la résistance en série.







