Une barrette femelle de 40 broches au pas de 2,54 mm est ce qui transforme une soudure définitive en branchement : au lieu de souder un capteur ou un module directement sur la carte, on soude la barrette, et le module se branche et se débranche ensuite à volonté. C’est la pièce qui rend un montage réparable et une carte réutilisable.
Ce modèle est une rangée unique de 40 points femelles, à douilles rondes usinées : chaque contact est un petit cylindre métallique percé d’un trou circulaire, et non une lame plate estampée. Le plastique noir porte des rainures entre chaque position, ce qui permet de casser ou de couper la barrette à la longueur exacte dont on a besoin. Les picots qui dépassent sous le plastique se soudent sur une carte à trous métallisés ou sur un shield.
Ce qu’une barrette femelle change dans un montage
Une carte Arduino, un shield ou une plaque à trous métallisés ne reçoit que des pièces soudées. Un capteur à trois ou quatre broches qui a coûté plus cher que la carte mérite mieux : soudé en direct, il est perdu au premier faux contact, et c’est toute la carte qu’il faut refaire. Avec une barrette femelle, c’est le capteur qui se remplace.
Trois usages reviennent dans tous les montages :
- Banc de test — on soude une barrette de quatre ou cinq points à côté du microcontrôleur, et chaque capteur essayé s’y branche sans soudure. C’est la façon la plus rapide de comparer plusieurs capteurs sur la même carte.
- Socket pour module — un module à picots mâles (capteur, carte d’extension, écran) s’enfiche dans deux rangées de barrettes femelles et devient interchangeable. C’est exactement le principe des supports d’Arduino Nano et Pro Mini.
- Connecteur pour câble — les fils de prototypage mâle-femelle et les picots de n’importe quel module trouvent ici un point d’ancrage solide, au lieu de tenir par frottement dans une plaque d’essai.
La différence entre une douille usinée et un contact estampé se voit à l’usage : la douille ronde offre un contact circulaire sur tout le tour du picot, elle s’use beaucoup moins vite quand on branche et débranche souvent, et les faux contacts par vibration sont rares. C’est la raison pour laquelle les supports de circuits intégrés de qualité utilisent le même principe.
Caractéristiques techniques
| Type | Barrette femelle à souder, rangée unique — 1 × 40 points |
|---|---|
| Pas | 2,54 mm (0,1 pouce), conforme au standard des plaques d’essai et des cartes Arduino |
| Nombre de positions | 40, soit une longueur de 40 × 2,54 mm = 101,6 mm |
| Contacts | Douilles rondes usinées, laiton plaqué (aspect doré ou argenté selon le lot) |
| Sens des contacts | Douilles côté dessus pour recevoir des picots mâles, picots à souder côté dessous |
| Section de picot admise | Picots ronds jusqu’à 0,7 mm comme picots carrés standard de 0,64 mm |
| Corps plastique | Noir, environ 2,5 mm de côté, rainuré entre chaque position |
| Découpe | Sécable : rainures entre chaque position, coupe à la pince coupante |
| Usage électrique | Signaux logiques et faibles courants — pas de moteur, pas de ligne d’alimentation de puissance |
| Soudure | Fer à souder à l’étain, quelques secondes par picot ; ne pas prolonger pour ne pas ramollir le plastique |
Le pas de 2,54 mm est la seule cote vraiment critique : tout le reste du monde des cartes de prototypage est bâti dessus. Une barrette annoncée en 2 mm ou en 2,5 mm ne rentre pas dans les trous d’une plaque d’essai, même si la différence paraît invisible à l’œil.
Ce qui est fourni
Cette fiche correspond à une barrette de 40 points femelles, livrée d’un seul tenant, picots de soudure compris sous le corps plastique. Rien d’autre n’est inclus : ni fil, ni barrette mâle, ni plaque d’essai.
Une seule barrette couvre plusieurs besoins, puisque les 40 positions se divisent librement : un socket de module de quinze à vingt points, et une dizaine de petits morceaux de deux à quatre points pour les sorties de signal. C’est le format le plus avantageux pour qui équipe plusieurs cartes.
Compatibilité : ce qui s’enfiche dans ces douilles
- Picots carrés de 0,64 mm — la section des modules et des cartes du commerce : douilles rondes et picots carrés s’accordent, la douille se déforme élastiquement pour les recevoir.
- Picots ronds jusqu’à 0,7 mm — les picots mâles des fils de prototypage entrent dans la douille sans forcer.
- La barrette mâle au même pas — les deux pièces vont par paire et s’emboîtent l’une dans l’autre : c’est le pendant direct de cette référence.
- Aucun verrouillage mécanique — ce n’est pas un connecteur à clips : rien ne retient le fil, le contact tient par la douille seule. Pour un câble soumis à des tractions, un connecteur verrouillable est plus adapté.
- Aucune puissance — ni moteur, ni ruban de LED de forte intensité : les picots sont fins, et un courant élevé échauffe les douilles jusqu’à les ramollir.
Usage dans un montage
La barrette se soude sur une plaque à trous métallisés, côté picots vers le circuit imprimé. Trois points font la différence entre une soudure propre et un montage à refaire.
D’abord l’alignement : enficher la barrette dans une plaque d’essai pendant la soudure la maintient parfaitement perpendiculaire, sinon les picots ne tombent plus en face des trous de l’autre carte. Ensuite la brièveté : deux à trois secondes de fer par picot suffisent ; au-delà, le plastique se ramollit et la douille se déplace dans son logement. Enfin la vérification : une fois refroidie, enficher un picot mâle dans chaque position et contrôler à l’ohmmètre qu’aucune n’est en court-circuit avec sa voisine.
Pour faire un socket de microcontrôleur, deux morceaux de longueur adaptée se soudent de part et d’autre de l’emplacement : la carte se glisse dedans et devient remplaçable — c’est le principe qui rend une carte Nano interchangeable entre plusieurs montages, sans dessouder quoi que ce soit.
Découper la barrette à la longueur voulue
Une barrette de 40 points ne sert presque jamais entière : on garde le plus long morceau pour un socket de module, et on débite le reste en morceaux de 2, 3, 4 ou 6 points selon les besoins. La découpe se fait à la pince coupante, dans la rainure entre deux positions : placer la lame au milieu du sillon et couper franchement, puis limer légèrement la bavure de plastique.
Deux points d’attention. Comptez les positions avant de couper : un morceau de 5 points au lieu de 6 est irrattrapable. Et vérifiez la longueur sur la carte avant de souder, car la découpe laisse le dernier picot très près du bord du plastique.
Points d’attention
- Ne pas chauffer le plastique. Le corps supporte mal la chaleur : souder vite, picot par picot, et laisser refroidir entre deux plutôt que de tenir la barrette à la main.
- Guider le module bien droit. Enfoncer un picot de biais écarte la douille, et le contact devient mou pour de bon.
- Un picot tordu se redresse, il ne s’enfonce pas en force : c’est lui qui abîme la douille, pas l’inverse.
- Ne jamais y faire passer l’alimentation d’un moteur. Pour un courant élevé, un bornier à vis ou un connecteur de puissance reste la bonne solution.
- Vérifier le sens avant de souder : les douilles doivent se trouver côté dessus, face aux picots à enficher ; une barrette soudée à l’envers se dessoude et se refait.
Questions fréquentes
Ces douilles acceptent-elles les picots carrés des modules classiques ?
Oui. Une douille ronde usinée reçoit aussi bien un picot rond qu’un picot carré de section standard : ce sont les mêmes 0,64 mm de côté, et la douille se déforme élastiquement pour l’accueillir. C’est ce qui permet d’y enficher directement les picots carrés d’un module ou les fils de prototypage mâles, sans pièce intermédiaire.
Quelle différence avec une barrette mâle ?
Une barrette mâle porte des picots qui entrent dans quelque chose ; une barrette femelle porte des douilles qui reçoivent quelque chose. Dans un même montage, les deux vont souvent par paire : on soude la mâle sur une carte pour l’exposer, et la femelle sur l’autre pour la recevoir. Un module à picots verticaux demande une femelle, un module à douilles demande une mâle.
Peut-on y faire passer l’alimentation d’un moteur ?
Non, pas raisonnablement. Ces barrettes sont faites pour des signaux logiques : les douilles et les picots sont fins, et un courant élevé les échauffe jusqu’à les ramollir ou les souder ensemble. Pour un moteur, un ruban de LED ou une alimentation, il faut un bornier à vis ou un connecteur prévu pour la puissance, et garder la barrette femelle pour les signaux de commande.
Combien de fois peut-on brancher et débrancher un module ?
Les douilles usinées supportent un grand nombre de cycles, très au-delà des contacts plats estampés : c’est leur principal avantage. La limite vient presque toujours du module branché, dont les picots se desserrent plus vite que la douille ne s’use.
Faut-il un outil particulier pour souder ?
Un fer à souder ordinaire et de l’étain suffisent pour les picots. Deux détails évitent les ratés : enficher la barrette dans une plaque d’essai ou dans la carte cible pendant la soudure, ce qui la maintient d’aplomb ; et souder picot par picot sans se presser, en laissant refroidir entre deux. Une pince coupante est également nécessaire si vous voulez découper.
Combien de longueur occupe la barrette ?
40 positions au pas de 2,54 mm font 101,6 mm de long, pour environ 2,5 mm de côté. Le calcul se fait de tête : il suffit de multiplier le nombre de positions par 2,54 mm. Un morceau de 8 points mesure donc un peu plus de 20 mm, et un morceau de 20 points un peu plus de 50 mm.
À combiner avec
Pour rendre une carte démontable, le trio habituel est le suivant : la barrette femelle de cette page comme récepteur, un shield de prototypage Uno pour la souder et la câbler, et des fils de prototypage mâle-femelle pour relier le tout sans souder.
Si le montage part sur une plaque d’essai, les fils femelle-femelle complètent l’ensemble, et la barrette mâle au même pas permet de garder chaque module interchangeable. Sur une carte à souder définitive, la plaque perforée double face sert de support, et le support de circuit intégré complète le montage pour les puces, avec le même principe de douilles usinées.









