La résistance de 220 Ω au quart de watt est la valeur que l’on place en série avec une LED pour lui donner exactement le courant qu’elle supporte. Vendue à l’unité, elle sert à dépanner un montage existant : un voyant à remplacer, une valeur égarée, une carte à remettre en route sans commander un lot complet.
C’est une résistance à couche carbone en boîtier traversant, à pattes axiales : elle se plante sur une plaque d’essai et se soude sur un circuit imprimé. Sa valeur se lit directement sur le corps grâce au code couleur, et se confirme au multimètre en quelques secondes.
Ce que cette valeur fait dans un montage
Une résistance ne consomme pas le courant, elle le limite et fixe la tension qui reste à ses bornes. À 220 Ω et sous 5 V, on reste dans la dizaine de milliampères : c’est précisément ce qu’une LED ordinaire accepte en continu.
- Protection d’une LED — en série entre la sortie et l’anode, elle fixe le courant quelle que soit la tension d’alimentation disponible.
- Branche basse d’un diviseur de tension — associée à une valeur plus grande, elle ramène une tension trop élevée à un niveau lisible par une entrée analogique, tout en limitant le courant absorbé.
- Résistance de grille d’un transistor MOSFET — la grille se comporte comme un condensateur : cette résistance étale sa charge dans le temps et évite un appel de courant brutal sur la sortie de la carte.
- Limitation sur une ligne d’entrée — en série sur un fil qui vient de l’extérieur, elle borne le courant qui traverserait les diodes de protection du microcontrôleur en cas de tension trop haute.
- Amortissement d’un contact — en série avec un condensateur sur un interrupteur ou un relais, elle étouffe l’étincelle qui use les contacts.
- Charge d’une temporisation courte — associée à un condensateur, elle produit un retard bref, là où une valeur de 10 kΩ donnerait une constante de temps beaucoup plus longue.
Caractéristiques techniques
| Valeur | 220 Ω |
|---|---|
| Puissance nominale | 1/4 W (0,25 W) à 70 °C, avec déclassement progressif au-delà |
| Tension maximale en service | 250 V en continu, 500 V en surcharge ponctuelle |
| Tension limite par la puissance | Environ 7,4 V à ses bornes : au-delà, la dissipation dépasse 1/4 W |
| Type | Résistance à couche carbone, boîtier traversant, pattes axiales |
| Tolérance | ±5 % en version 4 bandes, ±1 % en version 5 bandes — l’anneau de tolérance du corps indique laquelle |
| Dimensions du corps | Environ 6,3 mm de long sur 2,3 mm de diamètre |
| Pattes | Diamètre environ 0,55 mm, écartement standard de 10,16 mm (400 mil) |
| Température de service | −55 °C à +155 °C |
| Quantité | 1 résistance |
Lire 220 Ω sur le corps
Le code couleur suit toujours la même logique : deux chiffres, un multiplicateur, puis la tolérance.
| Version 4 bandes (±5 %) | rouge · rouge · marron · or — le rouge vaut 2, le marron ajoute un zéro |
|---|---|
| Version 5 bandes (±1 %) | rouge · rouge · noir · noir · marron — trois chiffres, aucun zéro ajouté |
Un repère utile quand on hésite sur le sens de lecture : la bande de tolérance est écartée des autres, plus proche d’une extrémité. C’est par elle que l’on commence à compter à l’envers, et non par la bande dorée qui se confond parfois avec la teinte du corps.
Confirmer au multimètre
Avant de souder la pièce dans un montage, la mesure coûte moins de temps qu’un démontage. Placer le multimètre sur le calibre résistance le plus proche de 200 Ω, toucher une patte avec chaque pointe, et lire la valeur : elle doit tomber entre 209 et 231 Ω, ce qui correspond à la tolérance de ±5 %. Une indication qui ne bouge pas signale une pointe mal posée ou un composant coupé ; une valeur nulle signale un court-circuit, ce qui n’arrive pas sur une résistance neuve mais arrive sur une pièce récupérée et dessoudée.
Mini-projet : lire une tension de 12 V sur une entrée analogique
Une entrée analogique de carte Arduino accepte au maximum la tension de son alimentation, 5 V. Pour surveiller une source de 12 V, on intercale un diviseur : une résistance de 1 kΩ en haut, les 220 Ω en bas. La tension prélevée au point milieu vaut 220 / (1000 + 220), soit environ 18 % de la tension mesurée — le montage lit ainsi 2,16 V pour 12 V, sans jamais exposer l’entrée au-delà de ses limites.
Ce qu’il faut
| La résistance du bas | Les 220 Ω de cette page, entre le point de mesure et la masse |
|---|---|
| La résistance du haut | Une 1 kΩ au quart de watt, entre le +12 V et le point de mesure |
| La carte | Uno R3 + câble USB |
| Le support | Plaque d’essai 400 points |
| Les liaisons | Fils de prototypage mâle-mâle |
| Pour régler la source | Un régulateur 7805 fournit les 5 V de la carte à partir du même 12 V, ce qui met les deux masses au même potentiel |
Le câblage
| Le +12 V | → première patte de la 1 kΩ |
|---|---|
| Seconde patte de la 1 kΩ | → entrée A0 de la carte, et première patte de la 220 Ω : c’est le point de mesure commun |
| Seconde patte de la 220 Ω | → GND de la carte |
| La masse | Le 0 V de la source 12 V doit être relié au GND de la carte : sans masse commune, la mesure n’a aucun sens |
Le diviseur se place avant l’entrée, jamais après : c’est lui qui ramène la tension dans la plage admissible. Dans l’autre sens — la 1 kΩ en bas et la 220 Ω en haut — le rapport change complètement et l’entrée recevrait environ 2,2 V à vide mais 10 V sous 12 V, ce qui l’endommagerait. La position des deux résistances n’est donc pas interchangeable.
Le programme
À copier dans l’IDE Arduino, puis à téléverser sur la carte :
/*
* Mesure d'une tension 12 V par un diviseur 1 kohm / 220 ohms
* Carte : Arduino Uno R3
* Montage : +12 V, 1 kohm, A0, 220 ohms, GND
* Facteur du diviseur : (1000 + 220) / 220 = 5,545
*
* Composants, brochage et fiche complete : www.marocproduits.com
*/
const float FACTEUR = 5.545;
const float TENSION_REF = 5.0;
void setup() {
Serial.begin(9600);
}
void loop() {
int lecture = analogRead(A0);
float tension = lecture * TENSION_REF / 1023.0 * FACTEUR;
Serial.print("Entree A0 brute : ");
Serial.print(lecture);
Serial.print(" Tension mesuree : ");
Serial.print(tension);
Serial.println(" V");
delay(500);
}
Comment ça marche
- Le convertisseur de la carte transforme une tension comprise entre 0 et 5 V en un nombre de 0 à 1023.
analogRead(A0)renvoie ce nombre, pas une tension. - La conversion se fait en deux temps :
lecture * TENSION_REF / 1023.0redonne la tension réellement présente surA0, puis la multiplication parFACTEURremonte à la tension d’entrée du diviseur. - Le facteur 5,545 n’est pas un réglage arbitraire : il vient du rapport des deux résistances, (1000 + 220) / 220. Remplacer la 1 kΩ par une autre valeur oblige à le recalculer, sinon l’affichage devient faux.
- La précision obtenue suffit pour surveiller une batterie ou une alimentation, pas pour une mesure de laboratoire : la tolérance des deux résistances et la référence interne de la carte introduisent quelques pour cent d’erreur. Pour étalonner, comparer l’affichage avec un multimètre numérique posé sur la source et corriger le facteur en conséquence.
- Le courant qui traverse le diviseur est d’environ 10 mA : la 1 kΩ dissipe un peu plus de 0,1 W, les 220 Ω environ 22 mW. Les deux restent loin de leur limite d’un quart de watt, et la consommation est acceptable sur une alimentation de banc.
Variante : associer plusieurs exemplaires
Quand la valeur ne convient pas ou quand la puissance à dissiper augmente, deux résistances identiques suffisent. Acheter à l’unité permet justement de n’assembler que ce dont le montage a besoin.
| Deux 220 Ω en série | 440 Ω, et la tension se répartit entre les deux : la puissance admissible double, puisque chacune ne prend que la moitié de la contrainte |
|---|---|
| Deux 220 Ω en parallèle | 110 Ω, avec là aussi le double de puissance admissible : utile en série avec une charge plus gourmande |
| Deux 220 Ω pour rester à 220 Ω | Impossible avec cette seule valeur : pour ajuster finement, on associe des valeurs différentes, par exemple 100 Ω et 120 Ω en série |
| Pour changer vraiment de courant | Une 330 Ω ou une 470 Ω baisse le courant dans la LED, tandis qu’une 10 kΩ convient aux tirages sur une entrée |
Questions fréquentes
Une seule résistance suffit-elle pour un dépannage ?
Oui. C’est l’intérêt de la vente à l’unité : sur une carte en panne, c’est presque toujours une seule résistance qui a souffert, celle qui alimente le voyant ou le composant fautif. Une pièce de rechange identique remet le montage en service sans constituer de stock. Pour équiper une série de voyants ou un atelier, un lot de dix résistances 220 Ω revient moins cher à la pièce.
Cette résistance convient-elle à une carte en 3,3 V ?
Oui, avec une nuance de luminosité. Sous 3,3 V, il ne reste qu’environ 1,3 V à ses bornes pour une LED rouge, soit à peu près 6 mA : le voyant s’allume, mais moins fort que sous 5 V. Pour retrouver la même intensité sur une carte en 3,3 V, il faut descendre en valeur, par exemple 150 Ω, et vérifier que la sortie de la carte supporte le courant demandé.
Peut-on la remplacer par une 330 Ω ou une 470 Ω ?
Dans la plupart des montages, oui, avec un éclat plus faible : une 330 Ω laisse passer environ 9 mA sous 5 V, une 470 Ω environ 6,4 mA. Aucune des trois ne met la LED en danger, toutes la protègent. Le remplacement dans l’autre sens — mettre une valeur plus faible que prévu — est le seul qui pose problème, puisqu’il augmente le courant.
La résistance chauffe-t-elle dans un montage à LED ?
Non. En série avec une LED sous 5 V, elle dissipe environ 41 mW, soit six fois moins que sa limite d’un quart de watt : elle reste froide au toucher. Une résistance à couche carbone ne chauffe de façon perceptible que si on la place en série avec une charge qui consomme, ou sous une tension nettement plus élevée que 5 V.
Peut-on couper les pattes ?
Oui. Elles se coupent à la pince et se plient à angle droit pour un montage sur circuit imprimé. Il faut simplement laisser assez de longueur pour que le corps ne touche pas la carte : sinon la chaleur du fer atteint la couche carbone et fait dériver la valeur.
Comment reconnaître un composant coupé ?
Un multimètre sur le calibre résistance tranche immédiatement : une pièce saine affiche une valeur proche de 220 Ω, une pièce coupée affiche une indication qui ne bouge pas ou un dépassement de calibre. Un corps noirci ou fendu est le signe d’une surcharge — le plus souvent une tension d’alimentation trop élevée en amont, ou une LED montée sans résistance.
Y a-t-il un sens de montage ?
Non, contrairement à une LED ou à un condensateur polarisé. Une résistance se monte dans les deux sens : la valeur reste la même. C’est ce qui en fait un composant facile à remplacer à l’identique, même sur une carte dont on ne connaît pas le schéma.
À combiner avec
Une résistance ne sert jamais seule : elle accompagne un composant à protéger ou une tension à adapter. Le KIT Starter réunit la carte Uno R3, la plaque d’essai, les fils et un jeu de résistances pour démarrer, et la série de résistances au quart de watt regroupe les valeurs courantes pour compléter cet assortiment.
Pour la partie visible du montage, une LED 5mm Rouge se monte directement avec cette valeur. Pour piloter plus de courant que ce qu’une sortie de carte accepte, un transistor 2N2222 ou un ULN2803A prend le relais, avec la résistance en série sur la commande. Et pour un montage à base de temporisation, cette valeur trouve sa place aux côtés d’un circuit NE555 ou d’un interrupteur 2 positions.






