La plaque d’essai 830 points — la breadboard — est la surface sur laquelle on assemble un circuit sans rien souder. On y pique les pattes des composants et les fils de liaison, on vérifie que le montage fonctionne, on le démonte d’un revers de main pour l’essayer autrement. Avec la carte Arduino, c’est l’outil de toutes les étapes qui précèdent la soudure.
Ce modèle est le format plein : environ 165 mm de long, deux bandes d’alimentation le long des bords et une matrice centrale de 630 points, soit 830 points de contact au total. Rien à programmer et rien à régler : cette plaque se choisit sur le nombre de trous et sur l’encombrement, et se met en service en quelques secondes.
À quoi sert une plaque d’essai 830 points
- Monter un circuit sans souder — les composants s’enfoncent dans les trous et se déplacent à volonté : on essaie, on se trompe, on recommence, sans jamais abîmer une patte.
- Vérifier avant de souder — un montage éprouvé sur la plaque se recopie ensuite sur un circuit imprimé ou sur une plaque à trous, en sachant déjà qu’il fonctionne.
- Débuter avec un microcontrôleur — les premiers montages d’Arduino, d’ESP32 ou de carte Nano s’assemblent presque tous sur une plaque d’essai avant de tenir sur un support définitif.
- Mettre un capteur en essai — un détecteur de mouvement, de température ou de gaz se teste en quelques minutes, avec ses fils de liaison, avant d’être intégré à un montage.
- Dépanner — reprendre un circuit douteux sur la plaque, composant par composant, est la façon la plus rapide de trouver celui qui ne répond plus.
- Travailler à plusieurs — en atelier, en cours ou en club, la plaque se monte, se démonte et se range : rien n’est consommé, rien n’est jeté.
Caractéristiques techniques
| Type | Plaque d’essai sans soudure, format plein (breadboard 830 points) |
|---|---|
| Nombre de points | 830 points de contact : 630 dans la matrice centrale (63 colonnes de 10 trous) et 200 sur les bandes d’alimentation (4 lignes de 50 points) |
| Pas des trous | 2,54 mm (0,1 pouce), le pas des boîtiers DIP et des barrettes de broches standard |
| Encombrement | Environ 165 × 55 mm ; épaisseur de 8,5 à 10 mm selon le fabricant |
| Matière du boîtier | Plastique ABS blanc, repères imprimés en noir |
| Repérage | Lettres a à j pour les dix rangées, chiffres tous les cinq trous pour les colonnes |
| Bandes d’alimentation | Une par bord long, portant chacune une ligne positive (rouge) et une ligne négative (bleu) |
| Contacts | Une lame métallique à ressort par trou |
| Fils acceptés | Diamètre de 0,4 à 0,8 mm (20 à 29 AWG) — fils rigides de prototypage, fils Dupont, pattes de composants |
| Courant par contact | Environ 2 A au maximum : au-delà, le contact chauffe |
| Rainure centrale | 7,62 mm de large (trois pas), la largeur qui laisse un boîtier DIP l’enjamber exactement |
Comment les trous sont reliés
C’est la seule chose à comprendre avant de piquer le premier composant. Sous le plastique, de petites lames relient certains trous entre eux et laissent les autres indépendants : le brochage n’a rien à voir avec une grille uniforme.
Les cinq trous d’une colonne
Chaque colonne de la matrice forme deux groupes de cinq trous : a, b, c, d, e d’un côté de la rainure, f, g, h, i, j de l’autre. Les cinq trous d’un même groupe sont reliés en permanence et forment un seul nœud électrique. Deux colonnes voisines, en revanche, ne communiquent pas — c’est justement ce qui permet d’y poser les deux pattes d’un même composant sans les mettre en court-circuit.
Deux conséquences pratiques : les deux pattes d’une résistance, d’un condensateur ou d’une diode vont toujours dans deux colonnes différentes, et un fil posé dans n’importe quel trou d’un groupe alimente les quatre autres.
La rainure centrale
La rainure qui court sur toute la longueur sépare les deux groupes de chaque colonne. Un boîtier DIP — un circuit intégré, un optocoupleur, un temporisateur 555 — s’enjambe dessus : ses deux rangées de broches tombent de part et d’autre, chacune dans un groupe distinct, exactement comme les broches sont séparées sur le boîtier lui-même. La rainure mesure 7,62 mm, soit trois pas : un boîtier DIP large s’y loge au millimètre, sans que ses broches ne se touchent.
Les deux bandes d’alimentation
Chaque bord long porte une ligne rouge, repérée +, et une ligne bleue, repérée −, longues de 50 points. Ces quatre lignes suivent la plaque sur toute sa longueur mais ne sont reliées à aucune colonne de la matrice : il faut un fil de liaison entre la bande et la colonne utilisée, sinon le montage n’est alimenté nulle part. C’est la cause numéro un d’un montage qui « ne marche pas » alors qu’il est correctement câblé.
Sur la plupart des projets, la ligne rouge reçoit le +5 V de la carte et la bleue la masse. Comme chaque bord a sa propre paire de lignes, rien n’empêche d’utiliser un bord pour le 5 V et l’autre pour le 12 V : les bandes sont indépendantes les unes des autres.
Premier montage : allumer une LED, pas à pas
Le montage le plus court pour vérifier que la plaque fait son travail : une LED allumée en permanence, protégée par une résistance. Une dizaine de minutes, aucun programme, aucun outil.
Ce qu’il faut
| La plaque | Celle de cette page |
|---|---|
| La source | Uno R3 + câble USB |
| Le voyant | LED 5mm Rouge |
| La protection de la LED | Résistance 1/4w 220 ohm |
| Les liaisons | 10 Câbles Dupont fils |
Sans la résistance, la LED grille en quelques secondes. Elle n’est pas facultative : c’est elle qui limite le courant qui traverse la diode.
Le câblage
Arduino 5V | → ligne rouge de la bande d’alimentation, avec un fil mâle-mâle |
|---|---|
Arduino GND | → ligne bleue de la même bande, avec un fil mâle-mâle |
| Résistance, première patte | → colonne 10, rangée a |
| Résistance, deuxième patte | → colonne 14, rangée a (quatre colonnes plus loin : l’écart naturel des pattes d’une résistance 1/4 W) |
| LED, patte longue (anode) | → colonne 14, rangée c. Même colonne que la résistance, mais pas le même trou : a et c appartiennent au même groupe de cinq, le nœud électrique est le même |
| LED, patte courte (cathode) | → colonne 16, rangée c |
| Fil de retour | → de la colonne 16, rangée a, à la ligne bleue |
| Fil d’alimentation | → de la ligne rouge à la colonne 10, rangée c, sur le même nœud que la première patte de la résistance |
Le courant fait alors le tour complet : ligne rouge, colonne 10, résistance, colonne 14, LED, colonne 16, ligne bleue. Brancher l’USB : la LED s’allume.
Vérifier avant de brancher
Un multimètre DT9205 en position continuité rend la plaque entièrement lisible : deux trous de la même colonne et du même groupe sonnent, deux colonnes voisines ne sonnent pas, et une bande d’alimentation ne sonne avec aucune colonne. Deux minutes de contrôle, et il ne reste plus d’incertitude sur le câblage.
Si la LED ne s’allume pas
- Elle est dans le mauvais sens. La patte longue est le +, la courte le −. Couper l’alimentation avant de la retourner.
- Le montage n’est pas relié à la bande. La matrice centrale n’est jamais alimentée toute seule : il faut le fil entre la bande et la colonne.
- Les deux pattes de la résistance sont dans la même colonne. Elles sont alors dans le même nœud, la résistance est court-circuitée et le courant passe directement dans la LED.
- La carte n’est pas alimentée. Vérifier que la LED « ON » de l’Arduino est allumée, et refaire la mesure au multimètre entre les deux bandes.
Alimenter la plaque
Par la carte Arduino
C’est le cas le plus simple : les broches 5V et GND de la carte alimentent les deux lignes, et la carte est alimentée par l’USB. On dispose alors du 3,3 V et du 5 V de la carte, avec l’intensité limitée par le régulateur de l’Arduino.
Par un module d’alimentation
Un module Carte d’Alimentation se clipse sur la bande d’alimentation : il reçoit une tension continue extérieure, délivre du 5 V et du 3,3 V, et se branche sur l’interrupteur. C’est la solution la plus propre dès que le montage consomme autre chose que quelques LED.
Par des piles
Un support de piles 4xAA 6 V fournit une alimentation autonome, ses deux fils allant directement sur les lignes rouge et bleue. À réserver aux montages qui ne demandent pas plus de 6 V.
Points d’attention
- Un composant, un trou par patte. Deux pattes dans le même trou n’entrent pas : forcer écarte la lame de contact, et le trou reste mou pour de bon.
- Ne jamais forcer sur le diamètre. Au-delà de 0,8 mm, la lame s’écarte définitivement. Une patte trop épaisse se relie par un fil, en soudant un fil de prolongement sur l’élément concerné.
- Couper l’alimentation avant de câbler. Déplacer un composant sous tension, c’est risquer de faire toucher deux fils voisins et de griller ce qu’il y a sur la plaque.
- Les moteurs, les relais et les bandes de LED ne s’alimentent pas par la plaque. Quelques ampères dans une lame de contact la font chauffer, et la tension s’effondre au démarrage. Alimenter ces éléments directement depuis l’alimentation, en réunissant seulement les masses.
- Aucun brin de fil ne doit traîner. Un fil multibrin effiloché qui croise trois colonnes est la panne la plus longue à trouver.
- Un circuit qui marchait et qui ne marche plus a presque toujours un contact fatigué : décaler la patte d’une colonne, ou changer de fil, suffit souvent à repartir.
- Éviter de piquer dans les trous du bord quand la plaque est posée sur une surface métallique : poser la plaque sur son support avant de la câbler.
Ce que contient la commande
La plaque seule, telle que photographiée. Ni alimentation, ni fils de liaison, ni composants, ni support : ce sont des éléments qui se choisissent séparément, et les tableaux de cette page indiquent ceux qui vont avec.
Compatibilité
Avec les cartes Nano et Pro Mini
La carte Nano avec câble et la Pro Mini se piquent directement sur la plaque : leurs deux rangées de broches tombent de part et d’autre de la rainure, et le montage tient sans un seul fil de liaison. C’est la façon la plus rapide d’avoir un microcontrôleur logé sur la plaque.
Avec les barrettes de broches
Une rangée de 40 pins 2,54 mm mâle se recoupe à la longueur voulue et se pique dans la matrice : on obtient un bornier d’alimentation, un point d’accès pour une sonde ou un connecteur sur mesure. Le pas est identique à celui des trous et les deux se correspondent exactement.
Avec les modules à broches
Un module qui porte des broches mâles — capteur, afficheur, horloge, relais — se relie à la plaque par des fils mâle-femelle : la fiche femelle se clipse sur le module, la mâle se pique dans la plaque. Un détecteur comme le capteur de mouvement infrarouge PIR se teste ainsi en trois fils, sans une seule soudure.
Variante : la plaque 400 points
Le même principe existe en plus court : la plaque d’essai 400 points occupe la moitié de la longueur, avec une seule paire de bandes d’alimentation. Elle suffit pour un circuit isolé — un temporisateur, un amplificateur, un petit capteur — et se range plus facilement. La 830 points prend l’avantage dès qu’un montage réunit une carte, un afficheur et deux modules : sur la 400, la place manque vite. Pour un seul circuit intégré, une plaque d’essai 170 points fait aussi le travail.
Questions fréquentes
830, 400 ou 170 points : comment choisir ?
La réponse tient au nombre de composants que le montage doit accueillir, pas à autre chose. Un projet qui réunit une carte Nano, un afficheur et deux capteurs occupe la matrice complète d’une 400 points et déborde sur les bandes : passer directement à la 830 évite d’y revenir. Inversement, une plaque de 830 points sur un montage à trois composants laisse beaucoup de place vide.
Peut-on alimenter deux tensions différentes ?
Oui, et c’est même l’intérêt d’avoir une bande par bord : le 5 V sur un bord, le 12 V sur l’autre, les masses réunies. En revanche, ne jamais placer deux tensions sur la même ligne : une ligne rouge ne doit recevoir qu’une seule alimentation, sinon les deux sorties se combattent.
Pourquoi un montage qui fonctionnait cesse-t-il de fonctionner ?
Dans l’ordre : une patte qui a été forcée et n’a plus de contact, une lame fatiguée par un composant retiré et remis cent fois, une patte de composant oxydée ou noircie, un fil déplacé d’un trou. Décaler le composant d’une colonne et remplacer le fil règle la quasi-totalité des cas.
Une plaque d’essai convient-elle à un montage définitif ?
Non. La résistance de contact d’une lame est bien plus élevée que celle d’une soudure, les fils se déplacent, et l’ensemble reste sensible aux vibrations. La plaque sert à mettre au point : une fois le montage éprouvé, il se recopie à la soudure sur une plaque à trous ou un circuit imprimé.
La plaque chauffe-t-elle ?
Elle chauffe si on lui demande de passer l’intensité d’un moteur ou d’un relais. Les lames de contact sont prévues pour le signal et pour de petites charges — de l’ordre de 2 A par contact au maximum. Un montage dont un fil devient tiède se ré-alimente depuis la source, pas depuis la plaque.
À combiner avec
Si vous partez de zéro, le KIT Starter contient déjà une carte Uno R3, une plaque d’essai, les fils de liaison, les résistances et les LED de vos premiers montages. Le Kit Arduino Uno maroc couvre un programme plus large si vous avez déjà la carte. Tout le reste se trouve dans l’atelier prototypage : barrettes, fils, composants passifs et modules se rangent dans la même boîte et servent sur la même plaque.











