La résistance de 10 kΩ est la valeur la plus utilisée de toute l’électronique : elle sert de tirage sur une entrée, de moitié de diviseur de tension, de résistance de base d’un transistor et de référence dans des centaines de montages publiés. C’est la valeur que l’on rachète le plus souvent, et c’est pour cela qu’elle se vend par lots.
Ce lot contient dix résistances à couche carbone de 10 kΩ, 1/4 W, en boîtier traversant à pattes axiales : elles se plantent directement sur une plaque d’essai et se soudent sur un circuit imprimé. Le corps est bagué et la valeur se lit à l’œil nu sur le composant, sans multimètre.
À quoi sert exactement une résistance de 10 kΩ
Une résistance ne « consomme » pas le courant : elle le limite et fixe une tension. À 10 kΩ, ce courant reste faible — 0,5 mA sous 5 V — ce qui en fait la valeur idéale partout où l’on veut lire un signal plutôt que l’alimenter.
- Tirage d’une entrée (pull-up ou pull-down) — maintenir une broche à un niveau connu quand rien ne la pilote, sur un bouton, un interrupteur ou un capteur à contact sec.
- Diviseur de tension — associée à une photo-résistance LDR ou à une thermistance, elle transforme une variation de résistance en une tension lisible par une entrée analogique.
- Résistance de base d’un transistor — limiter le courant envoyé sur la base d’un 2N2222 ou d’un BC548 pour commander un relais, un buzzer ou une LED de puissance.
- Diviseur de mesure — ramener une tension plus élevée que la limite de la carte dans la plage mesurable de son convertisseur analogique-numérique.
- Référence de comparaison — ponter deux points d’un montage pour fixer un seuil, ou décharger lentement un condensateur dans une temporisation.
- Bus I2C court — 10 kΩ reste acceptable comme tirage de SDA et SCL sur une liaison courte et lente, lorsque les 4,7 kΩ habituels ne sont pas disponibles.
Caractéristiques techniques
| Valeur | 10 kΩ (10 000 ohms) |
|---|---|
| Puissance nominale | 1/4 W (0,25 W) à 70 °C, puis déclassement progressif jusqu’à 155 °C |
| Tension maximale | 250 V en service continu, 500 V en surcharge ponctuelle |
| Type | Résistance à couche carbone, boîtier traversant |
| Tolérance | ±5 % en version à 4 bandes, ±1 % en version à 5 bandes — la valeur exacte se lit sur le corps |
| Dimensions du corps | Environ 6,3 mm de long sur 2,3 mm de diamètre |
| Pattes | Axiales, diamètre environ 0,55 mm, écartement standard de 10,16 mm (400 mil) |
| Température de service | −55 °C à +155 °C |
| Montage | Traversant : plaque d’essai, soudure sur circuit imprimé ou sur carte à trous |
| Quantité | 10 résistances |
Lire la valeur sur le corps
Le code couleur suit toujours la même logique : deux chiffres, un multiplicateur, puis la tolérance. Pour une 10 kΩ, la lecture du corps donne donc :
| Version 4 bandes (±5 %) | marron · noir · orange · or — 1, puis 0, puis trois zéros |
|---|---|
| Version 5 bandes (±1 %) | marron · noir · noir · rouge · marron — trois chiffres, puis deux zéros |
Un repère utile quand on hésite sur le sens de lecture : la bande de tolérance est écartée des autres, plus proche d’une extrémité. C’est par elle que l’on commence à compter à l’envers, et non par la bande dorée qui se confond parfois avec la teinte du corps.
1/4 W et 250 V : ce que ces deux limites veulent dire
Ces deux valeurs ne se cumulent pas, elles se remplacent selon la situation. La limite thermique de 1/4 W est atteinte lorsque la résistance dissipe cette puissance, ce qui, à 10 kΩ, correspond à 50 V à ses bornes. La limite de tension du composant, elle, est de 250 V. C’est donc la puissance qui limite en premier dans un montage basse tension classique, et la tension du composant qui limite dans un montage secteur.
En pratique, sur une carte alimentée en 5 V ou 12 V, une 10 kΩ dissipe quelques milliwatts : elle ne chauffe pas, et la marge est immense. Le point à retenir concerne le diviseur de tension alimenté en permanence : deux résistances de 10 kΩ sous 12 V laissent passer 0,6 mA en continu, ce qui n’a aucune importance sur secteur mais vide une pile en quelques semaines.
Mini-projet : une veilleuse automatique avec photo-résistance
Le montage associe la 10 kΩ à une photo-résistance pour lire la lumière ambiante sur une entrée analogique, puis fait varier l’éclat d’une LED en proportion inverse. C’est le projet qui montre le mieux à quoi sert une 10 kΩ : elle ne fait rien toute seule, mais sans elle la photo-résistance ne produit aucune tension lisible.
Ce qu’il faut
| La résistance | Une des 10 kΩ de cette page, qui forme la moitié basse du diviseur |
|---|---|
| Le capteur | Photo résistance LDR |
| La carte | Uno R3 + câble USB |
| Le voyant | LED 5mm Rouge |
| La protection de la LED | 10x Résistances 1/4w 220 ohm |
| Le support | Plaque d’essai 400 points |
Le câblage
| 5 V | → première patte de la photo-résistance |
|---|---|
| Deuxième patte de la photo-résistance | → entrée A0 de la carte, et première patte de la 10 kΩ |
| Deuxième patte de la 10 kΩ | → GND |
| LED, patte longue | → sortie D9, en passant par la résistance de 220 Ω |
| LED, patte courte | → GND |
Les deux composants forment un pont entre le 5 V et la masse : la photo-résistance en haut, la 10 kΩ en bas. Le point du milieu, celui qui part vers A0, monte et descend avec la lumière. La LED est sur une sortie à modulation de largeur d’impulsion, D9, pour que son éclat puisse varier au lieu de seulement s’allumer.
Le programme
À copier dans l’IDE Arduino, puis à téléverser sur la carte :
/*
* Veilleuse automatique - resistance 10 kohm et photo-resistance LDR
* Carte : Arduino Uno R3
* Montage : 5 V - LDR - A0 - resistance 10 kohm - GND
* LED rouge sur D9, via une resistance de 220 ohms
* La luminosite mesuree s'affiche sur le moniteur serie, a 9600 bauds.
*
* Composants, brochage et fiche complete : www.marocproduits.com
*/
const byte PIN_LDR = A0; // point milieu du diviseur 5 V - LDR - 10 kohm - GND
const byte PIN_LED = 9; // LED rouge, via une resistance de 220 ohms
void setup() {
Serial.begin(9600);
Serial.println("Veilleuse prete.");
}
void loop() {
int mesure = analogRead(PIN_LDR);
// La tension au point milieu monte quand la lumiere augmente :
// les bornes de la correspondance sont donc inversees pour que
// la LED s'allume dans le noir et s'eteigne en plein jour.
int eclat = constrain(map(mesure, 900, 300, 0, 255), 0, 255);
analogWrite(PIN_LED, eclat);
Serial.print("Luminosite mesuree : ");
Serial.println(mesure);
delay(200);
}Comment ça marche
analogRead(PIN_LDR)renvoie un nombre de 0 à 1023 qui traduit la tension du point milieu, comparée aux 5 V de la carte. La photo-résistance vaut quelques centaines d’ohms en pleine lumière et plus d’un million d’ohms dans le noir : la tension mesurée varie donc dans toute la plage sans aucun réglage.map()recopie cette plage sur les 256 niveaux de la sortie PWM. Les bornes sont écrites de la plus grande à la plus petite pour obtenir l’inversion : plus la lumière tombe, plus l’éclat augmente.constrain()borne le résultat entre 0 et 255. Sans lui, une mesure hors des bornes prévues produirait une valeur négative ou dépassant 255, que la sortie PWM interprète de façon imprévisible.- Le moniteur série à 9600 bauds sert à relever ce que la carte lit réellement. Ajustez les deux bornes de la correspondance d’après ces relevés, plutôt qu’en tâtonnant à l’aveugle : la valeur change beaucoup d’un éclairage à l’autre.
Pour aller plus loin
- Remplacer l’ajustement en aveugle — un potentiomètre 10 kΩ branché sur une autre entrée analogique permet de fixer le seuil d’allumage à la main, sans retéléverser le programme.
- Ajouter du son — un buzzer actif sur une autre sortie signale que la pièce est passée dans le noir.
- Afficher la valeur sans ordinateur — un afficheur LCD 16×02 I2C tient sur le montage et affiche le relevé en clair.
Variante : le tirage sur une entrée de bouton
La seconde tâche quotidienne d’une 10 kΩ est de maintenir une entrée à un niveau connu. Un bouton branché entre la broche et la masse laisse l’entrée en l’air au repos : sans tirage, la broche lit des valeurs au hasard selon ce qui se trouve à côté. Une 10 kΩ entre la même broche et le 5 V règle le problème, et l’appui fait descendre la broche à la masse. Le montage reste alors identique à celui d’une carte dont on active la résistance de tirage interne, avec l’avantage d’un courant plus faible et d’un comportement identique quelle que soit la carte utilisée.
Dans un montage alimenté par pile, cette résistance consomme 0,5 mA en permanence dès que le bouton est ouvert. C’est négligeable sur secteur, beaucoup moins sur un montage qui doit tenir des mois. Le remède est d’augmenter la valeur — 100 kΩ ou plus — au prix d’une immunité plus faible au bruit.
Questions fréquentes
Pourquoi 10 kΩ plutôt qu’une autre valeur ?
Parce que c’est le compromis qui marche presque partout : assez faible pour que la tension soit stable malgré les perturbations, assez élevée pour que le courant consommé reste de l’ordre du demi-milliampère. C’est aussi la valeur qu’emploient les montages publiés, ce qui évite de recalculer chaque schéma trouvé sur internet.
Quelle est la différence avec une résistance de 220 Ω ?
Un facteur d’environ cinquante sur la valeur, et donc sur le courant. Une 220 Ω est une résistance de protection, placée en série avec une LED pour limiter son courant. Une 10 kΩ est une résistance de lecture, placée en tirage ou en diviseur pour fixer une tension. Elles ne se remplacent pas. Les deux familles se complètent dans un même montage, et cette boutique les propose par lots de dix dans les valeurs les plus courantes : 220 Ω, 330 Ω, 470 Ω et 1 kΩ.
Peut-on remplacer une 10 kΩ par deux résistances en série ?
Oui. Deux résistances en série s’additionnent : deux 4,7 kΩ, ou une 1 kΩ suivie d’une de 10 kΩ — le total diffère un peu, ce qui est sans conséquence dans un tirage. En revanche, deux résistances en parallèle divisent la valeur par deux et donnent 5 kΩ, pas 20 kΩ : c’est l’erreur la plus fréquente.
La résistance chauffe-t-elle ?
Non, dans les montages de cette page. Sous 5 V, une 10 kΩ dissipe 2,5 mW, soit cent fois moins que sa limite de 1/4 W. Une résistance à couche carbone ne chauffe de façon perceptible que lorsqu’on l’emploie en série avec une charge qui consomme, ce qui n’est pas son usage ici.
Comment savoir si la valeur reçue est bien 10 kΩ ?
En lisant le code couleur du corps, plus rapide que de sortir un multimètre : marron, noir, orange, or en version à 4 bandes. La bande de tolérance, dorée, est écartée des trois autres et sert de repère de lecture.
Peut-on les couper pour les adapter ?
Oui. Les pattes axiales se coupent à la pince et se plient à angle droit pour un montage sur circuit imprimé. Il faut simplement garder assez de longueur pour que le corps ne touche pas la carte, sinon la chaleur du fer atteint la couche carbone.
À combiner avec
Pour un montage complet, le KIT Starter contient la carte Uno R3, la plaque d’essai, les fils et un jeu de résistances : ce lot vient le compléter, ou fournir les pièces de rechange d’une valeur très sollicitée. Si l’objectif est de mesurer une grandeur physique, la photo résistance LDR et le capteur de température LM35 se lisent tous deux avec une 10 kΩ dans le montage.
Pour la commande de puissance, la 10 kΩ trouve sa place sur la base d’un transistor 2N2222 autant que devant un relais. Et pour varier une consigne à la main — luminosité d’un écran, seuil, position d’un servomoteur — le potentiomètre 10 kΩ est la version réglable de la même valeur.






