La pince coupante 170 est la pince à coupe rasante que l’on garde à côté du fer à souder : ses mâchoires effilées se glissent entre deux broches, mordent la patte d’un composant au plus près de la carte et la coupent net. Longue de 128 mm, elle passe là où une pince ordinaire ne rentre pas — sous une carte retournée, entre deux rangées de broches, dans un boîtier déjà refermé.
Ses lames coupent le fil de cuivre jusqu’à 1 mm de diamètre. C’est la limite que le fabricant sérigraphie sur la poignée, et c’est elle qui compte : au-delà, ou sur de l’acier, la lame s’ébrèche au lieu de trancher. Sa fiche dit ce qu’elle coupe, comment couper à ras sans arracher une pastille, et ce qu’il faut lui refuser.
Caractéristiques techniques
| Type | Pince coupante diagonale de précision, coupe rasante (shears), mâchoires effilées |
|---|---|
| Longueur totale | 128 mm |
| Tête de coupe | 32 mm de l’axe à la pointe, 12 mm de large au plus large, pointe effilée de 5 mm |
| Capacité de coupe | Fil de cuivre jusqu’à 1 mm de diamètre extérieur (0,04 pouce) — la limite indiquée sur l’outil |
| Mâchoires | Acier affûté, tête noire ; affûtage en biseau sur une seule face, donc coupe rasante du côté plat |
| Poignées | Plastique bleu, forme galbée, prise en main fermée |
| Marquage de l’outil | MODEL 170 / SHEARS / USE SAFETY GLASSES / MAX.O.D. 0.04 (1mm) DIA. COPPER WIRE |
Ce qu’elle coupe, et ce qu’il faut lui refuser
- Ce qu’elle coupe : fil de cuivre rigide ou souple jusqu’à 1 mm de diamètre, pattes de résistances, de condensateurs, de LED et de circuits intégrés après soudure, fils de prototypage à raccourcir, queues de câble à égaliser avant de souder ou de poser une cosse.
- Ce qu’elle abîme : fil d’acier, corde à piano, ressort, fil inox, vis et fil de fer galvanisé épais. La pince peut parfois en venir à bout, mais la lame y prend des ébréchures et ne coupe plus net ensuite. Un outil de coupe ne s’use pas d’un coup : il perd son fil, et c’est le fil de cuivre suivant qu’il pince au lieu de trancher.
- Ce qu’il faut lui interdire : un conducteur sous tension, et tout ce qui est plus dur que le cuivre. Une pince qui a coupé de l’acier reste utilisable sur du fil souple, mais elle laisse alors un moignon au lieu d’une coupe à ras.
Usage dans un montage
- Égaliser les pattes d’un composant soudé. Après une soudure à l’étain, les pattes dépassent de deux ou trois millimètres sous la carte. La mâchoire se glisse contre la pastille et coupe à ras : c’est le geste qui évite qu’une patte ne vienne toucher une piste voisine.
- Raccourcir des fils de prototypage. Un lot de dix fils mâle-femelle arrive en longueurs standard ; une fois le module en place, on recoupe les fils trop longs à la longueur exacte du montage, ce qui évite une nappe en accordéon au-dessus de la plaque.
- Couper à la bonne longueur avant de poser une gaine. Les gaines thermorétractables se posent sur une épissure déjà coupée et égalisée ; couper après avoir rétracté la gaine abîmerait l’isolant.
- Dégager un montage déjà en place. Une patte qui dépasse sous une carte vissée touche parfois le fond d’un boîtier ou une entretoise métallique : la tête de 32 mm se glisse dans l’espace restant sans démonter le montage.
Couper à ras sans arracher la pastille
C’est le geste quotidien du prototypage, et celui qui abîme le plus de cartes quand il est fait de travers. Trois règles suffisent.
- Souder d’abord, couper ensuite. Une patte coupée trop court ne laisse plus assez de métal pour reprendre la soudure si elle est mauvaise ; et une patte coupée avant soudure laisse le composant bouger quand on retourne la carte.
- Présenter la face plate contre la carte. L’affûtage est biseauté d’un seul côté : la face plate coupe à ras, l’autre laisse un moignon. Retourner la pince change donc la hauteur de coupe — ce qui sert justement quand on veut garder un peu de patte pour y souder un fil.
- Mordre, puis faire levier sans tirer. On ferme la pince, on incline doucement la main et le fil part. Tirer sur la patte cisaille la pastille et décolle la piste de la carte.
Deux précautions matérielles : porter des lunettes (l’outil le rappelle sur sa poignée — un bout de patte part vite et sans prévenir) et tenir la carte par le bord plutôt que par un composant. Un morceau de carte à trous posé à plat sur l’établi se travaille beaucoup plus sûrement qu’une plaque tenue en l’air.
Points d’attention
- Le cuivre nu est tendre, la gaine ne l’est pas. Tirer sur une gaine PVC pour la dénuder émousse la lame sans couper proprement, et le fil s’arrache au lieu de se dégager. Pour dénuder, un outil à dénuder ou une lame ; la 170 sert à couper.
- Ne pas forcer sur un diamètre supérieur. Au-delà de 1 mm de cuivre, la mâchoire s’écarte, les lames ripent l’une sur l’autre et l’affûtage se marque définitivement. Un câble d’alimentation plus gros demande une pince de section supérieure, pas plus de force dans la main.
- Un peu d’entretien suffit. Une goutte d’huile fine sur l’axe de temps en temps, un chiffon sur les lames après un travail sur du cuivre oxydé, et la pince garde son fil. Le ressort de rappel et l’axe sont les seules pièces qui s’usent.
- Ne pas la ranger au fond d’une caisse avec de la visserie. Une lame qui frotte contre des vis ou des écrous s’ébrèche. Un logement à part, ou un étui, suffit à l’éviter.
Questions fréquentes
Peut-elle couper de l’étain ou du fil à souder ?
Non. L’étain est tendre, mais il s’écrase sous la lame et encrasse l’affûtage : le fil colle, la coupe devient irrégulière, et la pince mord au lieu de trancher le cuivre fin tant qu’elle n’a pas été nettoyée. C’est un outil pour le cuivre nu, pas pour le métal d’apport.
Peut-elle remplacer une pince à bec, ou couper une vis trop longue ?
Non. Une pince à bec tient et plie, une pince coupante tranche : les mâchoires de la 170 sont affûtées et se marqueraient au premier serrage sur un écrou. Et une vis en acier est au-delà de ce que la lame accepte — la coupe laisse une ébréchure et une tige mal coupée qu’il faudra reprendre à la lime.
Quelle différence avec une pince coupante de quincaillerie ?
Deux choses. La première est l’affûtage : une pince de quincaillerie est biseautée des deux côtés et laisse toujours un moignon de un ou deux millimètres, là où une coupe rasante arrive au niveau de la pastille. La seconde est l’encombrement de la tête : 32 mm jusqu’à la pointe et 5 mm de pointe, ce qui se glisse entre deux broches espacées de 2,54 mm — impossible avec une pince de câblage électrique.
Faut-il vraiment des lunettes de protection ?
Oui, et c’est écrit sur l’outil. Une patte de composant coupée part à la vitesse du geste et dans une direction que personne ne prévoit ; c’est le seul accident courant de ce geste. Des lunettes de vue ordinaires suffisent dans la plupart des cas, à condition de les porter.
Que coupe-t-elle exactement sur une carte ?
Les pattes de tout composant traversant : résistances, condensateurs, diodes, LED, supports et circuits intégrés en boîtier DIP, et les fils de cuivre jusqu’à 1 mm. Elle ne convient pas aux broches de connecteurs, plus épaisses et souvent en laiton dur, ni aux queues de câble de forte section.
À combiner avec
Une pince coupante ferme la chaîne du montage plutôt que de la commencer. Le fer à souder 40 W assure la soudure dont la pince égalise ensuite les pattes ; le lot de câbles Dupont fournit de quoi câbler une plaque d’essai, à recouper au bon format ; et un multimètre DT9205A vérifie la continuité après la coupe, ce qui prend dix secondes et évite de chercher plus tard une coupure de piste.











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