Le NE555 est un temporisateur : un circuit intégré de huit broches qui compte le temps sans programme, sans bibliothèque et sans microcontrôleur. Deux résistances et un condensateur décident de tout ce qu’il fait — la durée pendant laquelle une sortie reste active, ou la cadence à laquelle elle bat — et il le fera sans interruption tant qu’il est alimenté. Vingt-trois transistors, deux diodes et seize résistances tiennent dans son boîtier, et ce schéma interne n’a plus bougé depuis 1972.
Cette page regroupe les deux versions proposées dans ce catalogue : le boîtier traversant DIP-8, celui d’origine, dont les huit broches se plantent dans une plaque d’essai, et le boîtier SOIC-8 de montage en surface, prévu pour être soudé à plat sur une carte imprimée. La puce est la même dans les deux cas : mêmes formules, mêmes broches, même comportement. Seule change la manière de le monter.
Caractéristiques techniques
| Référence | NE555 — temporisateur monolithique, version bipolaire à transistors, référencé Z956 dans ce catalogue |
|---|---|
| Boîtiers proposés | DIP-8 traversant, broches au pas de 2,54 mm — SOIC-8 de montage en surface, pattes au pas de 1,27 mm |
| Fonctions | Monostable (une impulsion de durée fixée), astable (oscillateur libre), bistable (bascule marche / arrêt) et comparateur |
| Alimentation | 4,5 V à 16 V en continu, 5 V en usage courant |
| Courant de sortie | 200 mA au maximum, en source comme en absorption : la sortie commande une LED ou une petite charge directement |
| Consommation propre | Environ 3 mA à vide sous 5 V, 10 mA au maximum |
| Sortie logique | Compatible TTL : elle descend sous 0,1 V et monte au-delà de 3,3 V sous 5 V |
| Fréquence de travail | Jusqu’à 500 kHz en oscillateur |
| Précision du temps | De l’ordre de 1 % avec des composants de qualité ; le reste vient des valeurs de R et C choisies |
| Entrée de commande | Broche 5, pour moduler les seuils internes depuis une tension extérieure |
| Température de service | 0 à +70 °C pour le NE555 ; les versions SA555, NA555 et SE555 tiennent des plages plus larges |
DIP-8 ou SOIC-8 : comment choisir
Le boîtier ne change rien au fonctionnement du circuit. Il change tout à la manière de le mettre en place, et c’est la seule question à se poser avant de commander.
| Boîtier traversant DIP-8 | Broches droites au pas de 2,54 mm, espacé exactement comme les trous d’une plaque d’essai 830 points. Le circuit s’y enfonce des deux côtés de la rainure centrale, se retire à la main, et accepte un support soudé sur une carte définitive. C’est la version des essais, des montages qui évoluent et des projets d’apprentissage. Voir la fiche du NE555 en DIP-8. |
|---|---|
| Boîtier SOIC-8 de montage en surface | Pattes fines repliées sous le corps, à souder à plat sur une carte imprimée. Il ne prend que quelques millimètres de large, ne rentre pas dans une plaque d’essai et chauffe davantage à courant élevé. C’est la version des cartes définitives et des réparations. Voir la fiche du NE555 en SOIC-8. |
| Le circuit lui-même | Identique dans les deux boîtiers : mêmes formules de calcul, mêmes noms de broches, même brochage, même tension d’alimentation minimale de 4,5 V |
| Ce qui les sépare en pratique | Le DIP-8 se plante et se replante sans soudure et dissipe mieux sa chaleur ; le SOIC-8 se soude une fois pour toutes et occupe cinq fois moins de place |
Brochage : les huit broches, identiques dans les deux boîtiers
Vu de dessus, le repère d’orientation — l’encoche en demi-cercle sur un petit côté, ou le point en creux dans un coin — désigne la broche 1. La numérotation descend le long du flanc gauche jusqu’à la 4, puis remonte le flanc droit de la 5 à la 8. Inverser le circuit met l’alimentation à l’envers et le détruit en une seconde : le repère n’est pas décoratif.
1 — GND | La masse, pôle négatif de l’alimentation. Toutes les tensions du montage se mesurent par rapport à elle. |
|---|---|
2 — TRIG | Le déclenchement. Une tension qui descend sous le tiers de l’alimentation sur cette broche lance le temps, ou met la bascule en marche. |
3 — OUT | La sortie. Elle monte presque à l’alimentation ou descend presque à la masse, sans état intermédiaire : c’est elle qui allume la LED, attaque le relais ou entre dans une carte Arduino. |
4 — RESET | La remise à zéro, active au niveau bas. Laissée en l’air, elle bloque le circuit en permanence : c’est l’erreur numéro un des débutants. À relier à l’alimentation quand on ne s’en sert pas. |
5 — CTRL | La commande de tension, qui déplace les deux seuils internes. Un condensateur de 10 nF vers la masse suffit à rendre le montage stable, et une tension extérieure y module la durée. |
6 — THR | La fin du temps. Quand la tension y dépasse les deux tiers de l’alimentation, la sortie retombe. C’est le condensateur de minuterie qui l’y amène — ou un bouton, en mode bistable. |
7 — DIS | La décharge. Elle relie le condensateur de minuterie à la masse pour le vider, ce qui rend le cycle recommençable. Sans condensateur de minuterie, elle reste inutilisée. |
8 — VCC | L’alimentation, de 4,5 à 16 V. |
Les trois modes de fonctionnement
Tout ce que fait un NE555 tient dans deux branchements autour de la puce. Le mode est décidé par les quelques composants posés sur les broches 2, 6 et 7 — jamais par un programme.
Monostable : une impulsion de durée choisie
Une impulsion sur la broche 2, et la sortie passe au niveau haut pour une durée décidée d’avance, puis retombe. C’est le montage de la minuterie : allumer une lampe pendant trente secondes, ouvrir un relais après cinq minutes, laisser passer un signal pendant deux secondes.
| Durée de l’impulsion | T = 1,1 × R × C |
|---|---|
| Exemple | R de 100 kΩ et C de 100 µF donnent environ 11 secondes |
Astable : un oscillateur qui ne s’arrête pas
Les broches 2 et 6 sont réunies, un condensateur se charge et se vide sans fin, et la sortie bat toute seule. C’est le montage du voyant clignotant, du générateur d’impulsions et de l’horloge d’un compteur.
| Période complète | T = 0,693 × (R1 + 2 × R2) × C |
|---|---|
| Fréquence | f = 1,44 / ((R1 + 2 × R2) × C) |
| Rapport cyclique | Il se règle en jouant sur l’écart entre R1 et R2 ; avec R1 très petite devant R2, la sortie reste presque symétrique |
Bistable : une bascule marche / arrêt
Aucun condensateur de minuterie, aucune durée : la sortie reste dans l’état où le dernier appui l’a mise, et elle s’y maintient même après la mise hors tension des boutons — pas après une coupure d’alimentation, la mémoire du circuit n’est pas permanente. C’est un interrupteur électronique à deux boutons, et c’est le montage du mini-projet ci-dessous.
Broche 2 TRIG | Une résistance de 10 kΩ vers l’alimentation, et un bouton entre la broche et la masse : un appui met la sortie en marche |
|---|---|
Broche 6 THR | Une résistance de 10 kΩ vers la masse, et un bouton entre la broche et l’alimentation : un appui remet la sortie à l’arrêt |
Broche 7 DIS | Inutilisée : il n’y a aucun condensateur à décharger dans ce mode |
| Le piège | Un bouton qui laisse la broche en l’air entre deux appuis fait osciller la bascule : les deux résistances de 10 kΩ ne sont pas facultatives |
Applications courantes
- Minuterie de relais — retarder la mise en route d’un appareil, ou couper une alimentation après un délai.
- Voyant clignotant — une LED qui bat à la cadence choisie, sans une ligne de programme.
- Interrupteur à deux boutons — un appui pour allumer, un appui pour éteindre, sans contact mécanique qui reste en position.
- Générateur d’impulsions — l’horloge d’un compteur, d’un registre à décalage ou d’un diviseur.
- Signal sonore — une note produite par un buzzer passif, à une fréquence fixée par R et C.
- Anti-rebond — un signal propre à partir d’un contact mécanique qui tremble.
- Commande tout ou rien — la sortie attaque directement un module relais 5 V.
- Seuil de luminosité — une photorésistance LDR dans le réseau de minuterie transforme la lumière reçue en durée.
Mini-projet : une bascule bistable, dont l’Arduino compte les appuis
Nous allons monter le NE555 en mode bistable sur la plaque d’essai : deux boutons, deux résistances, et la sortie garde son état jusqu’au prochain appui. Le NE555 tient la mémoire de l’état, l’Arduino ne fait que l’observer — il lit la sortie sur une broche numérique, chronomètre chaque intervalle et affiche combien de temps la lampe est restée allumée. Comptez vingt minutes.
Prenez la version DIP-8 pour ce montage : c’est la seule des deux qui se plante dans une plaque d’essai. La version SOIC-8 se soude, elle ne se pique pas, et ce projet n’utilise aucune soudure.
Ce qu’il faut
| Le temporisateur | Le NE555 en boîtier DIP-8 |
|---|---|
| Les résistances | Résistances 1/4 W 10 kΩ — deux exemplaires, une pour chaque bouton |
| Le voyant | LED 5 mm rouge avec une résistance de 330 Ω en série |
| Les boutons | Deux mini boutons poussoir — un pour la marche, un pour l’arrêt |
| Le condensateur | Un condensateur de 10 nF sur la broche 5, entre la broche et la masse |
| L’essai | Plaque d’essai 830 points et fils mâle-mâle 10 cm |
| Le mesureur | Uno R3 avec câble USB |
| Pour vérifier | Multimètre DT-9205, pour contrôler la tension d’alimentation avant de brancher la sortie |
Le câblage
Le NE555 est enfoncé à cheval sur la rainure centrale de la plaque, repère d’orientation vers la gauche. Comptez neuf fils, plus les deux résistances et la résistance de la LED.
VCC — broche 8 | au +5 V de l’Arduino |
|---|---|
GND — broche 1 | à la masse, commune avec celle de l’Arduino |
RESET — broche 4 | au +5 V — à ne jamais laisser en l’air |
CTRL — broche 5 | un condensateur de 10 nF vers la masse |
TRIG — broche 2 | une résistance de 10 kΩ vers le +5 V, et le bouton de marche entre la broche 2 et la masse |
THR — broche 6 | une résistance de 10 kΩ vers la masse, et le bouton d’arrêt entre la broche 6 et le +5 V |
DIS — broche 7 | inutilisée : ne rien y brancher, aucun condensateur de minuterie dans ce mode |
| La LED | entre la broche 3 OUT et la masse, avec la résistance de 330 Ω en série, cathode vers la masse |
| Le signal vers l’Arduino | broche 3 OUT vers la broche numérique D2 de l’Arduino |
Le contrôle à faire avant de brancher d’autres fils : alimentez et appuyez sur le bouton de marche. Si la LED s’allume et reste allumée après avoir relâché, alors qu’un appui sur l’autre bouton l’éteint définitivement, le montage est bon. Si la LED ne s’allume jamais, la broche 4 est en l’air ou le bouton de marche est mal placé. Si elle s’allume pendant l’appui et s’éteint au relâchement, la broche 6 n’est pas reliée à une résistance vers la masse : le circuit retombe alors en mode monostable, et c’est exactement ce qui se passe quand la résistance de 10 kΩ manque.
Le programme
À téléverser sur l’Arduino, puis à observer dans le moniteur série réglé à 9 600 bauds. Aucune bibliothèque n’est nécessaire : le programme compare la broche D2 à sa valeur précédente et chronomètre la durée de chaque état.
/*
* NE555 en mode bistable : un appui allume, un autre eteint
* La broche 3 (OUT) du NE555 entre sur D2, la LED est pilotee par le NE555
* Carte : Arduino Uno
*
* Composants, brochage et fiche complete : www.marocproduits.com
*/
const byte PIN_ETAT = 2; // broche 3 (OUT) du NE555
const unsigned long ANTI_REBOND = 20; // 20 ms entre deux lectures
int etatPrecedent = LOW; // dernier niveau lu sur la sortie
unsigned long debut = 0; // instant du dernier basculement
unsigned int basculements = 0; // nombre d appuis comptes
void setup() {
Serial.begin(9600);
pinMode(PIN_ETAT, INPUT);
etatPrecedent = digitalRead(PIN_ETAT);
debut = millis(); // reference de depart, quel que soit l etat
Serial.println("Bascule bistable du NE555 : appuyez sur les deux boutons");
}
void loop() {
int etatCourant = digitalRead(PIN_ETAT);
if (etatCourant != etatPrecedent) {
basculements = basculements + 1;
unsigned long duree = millis() - debut;
Serial.print("Basculement ");
Serial.print(basculements);
Serial.print(" : la sortie est restee ");
if (etatPrecedent == HIGH) {
Serial.print("allumee ");
} else {
Serial.print("eteinte ");
}
Serial.print(duree / 1000.0);
Serial.println(" s");
debut = millis(); // la mesure suivante repart d ici
etatPrecedent = etatCourant;
}
delay(ANTI_REBOND);
}Comment ça marche
- La sortie du NE555 change d’état à l’instant où un bouton est enfoncé, et ne bouge plus ensuite : le programme n’a donc rien à filtrer par un calcul, il compare simplement la lecture du moment à la précédente.
- La durée affichée est celle de l’état quitté, pas du nouvel état : c’est ce qui permet de lire « la sortie est restée allumée 12,4 s » juste après l’appui d’arrêt.
millis()rend un temps en millisecondes depuis le démarrage de la carte ; en soustrayant l’instant du basculement précédent, on obtient l’intervalle, en toute sécurité même au-delà de la limite de la variable.- La division par 1 000 avec l’unité décimale oblige le compilateur à travailler en nombres à virgule : sans elle, le résultat serait tronqué à l’entier et un intervalle de 12,4 s s’afficherait 12.
- Le délai de 20 ms n’est pas là pour le confort de lecture :
loop()tourne des milliers de fois par seconde, et deux lectures successives d’un même appui suffiraient à faire croire à deux basculements si l’on ne prenait pas de recul. Le NE555, lui, ne tremble pas : sa bascule est franche. - La masse de la plaque d’essai et celle de l’Arduino doivent être reliées par un fil. Sans lui, l’Arduino ne lit qu’une tension flottante et les basculements s’affichent au hasard.
- Coupez l’alimentation : la sortie du NE555 revient à l’arrêt au redémarrage, et le compteur de l’Arduino repart de zéro. Ce montage garde l’état tant qu’il est alimenté, pas au-delà.
Questions fréquentes
Que veulent dire les lettres qui suivent la référence NE555 ?
Elles désignent le boîtier et la plage de température. Le P correspond au boîtier plastique traversant, le D au SOIC de montage en surface, et les préfixes de la famille indiquent la plage de service : 0 à +70 °C pour le NE555, -40 à +85 °C pour le SA555, -55 à +125 °C pour le SE555. Le circuit et les formules restent les mêmes ; un montage d’atelier n’a aucune raison de payer une version étendue.
Le NE555 chauffe-t-il pendant qu’il travaille ?
Le circuit lui-même consomme peu — environ 3 mA à vide sous 5 V — et reste froid en usage normal. La chaleur vient de la sortie : elle peut débiter 200 mA, et cette énergie se dissipe dans le boîtier. Une LED ou une entrée logique ne le font pas chauffer. Pour une charge qui tire vraiment — bobine de relais, moteur, bandeau de LED — la sortie commande un transistor ou un module relais 5 V, et le NE555 reste à température ambiante.
Faut-il un microcontrôleur pour utiliser un NE555 ?
Non, et c’est même l’intérêt de ce composant : un NE555 monté en astable clignote tout seul dès la mise sous tension, sans carte, sans programme et sans compilateur. La carte Arduino n’apporte quelque chose que lorsqu’il faut mesurer, afficher ou décider — comme dans le mini-projet de cette page, où elle ne fait qu’observer la bascule.
Peut-on se passer des deux résistances de 10 kΩ en mode bistable ?
Non. Sans elles, les broches 2 et 6 restent en l’air entre deux appuis, et leur tension flotte au gré des perturbations : la sortie change d’état toute seule, un peu comme si quelqu’un appuyait sur les boutons au hasard. Les deux résistances fixent un niveau de repos connu — alimentation sur la broche 2, masse sur la broche 6 — et c’est ce repos qui rend la mémoire de la bascule fiable.
Peut-on souder directement un SOIC-8 sur une plaque d’essai ?
Non : le pas de ses pattes, 1,27 mm, moitié de celui des trous d’une plaque d’essai, ne s’y adapte pas, et ses pattes sont trop courtes pour traverser. Il existe de petites cartes supports qui reportent un SOIC-8 sur deux rangées au pas de 2,54 mm ; pour un simple montage d’essai, la version traversante reste plus directe et ne coûte pas plus cher.
À combiner avec
Pour le mini-projet de cette page, il vous faut deux résistances de 10 kΩ, une résistance de 330 Ω en série avec la LED 5 mm rouge, deux mini boutons poussoir, un condensateur de 10 nF, une plaque d’essai 830 points avec ses fils mâle-mâle, et une carte Uno R3 pour mesurer les intervalles. Le Kit Arduino Uno maroc réunit déjà la carte, les fils et les résistances.
Si le montage doit finir soudé sur une carte imprimée, prenez plutôt la version SOIC-8 : même circuit, mêmes formules, quelques millimètres au lieu d’un centimètre. Et pour la durée d’une impulsion plutôt que pour une bascule, la version DIP-8 avec un condensateur de 100 µF donne onze secondes de temporisation, mesurables avec le multimètre DT-9205.












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