Un bouton poussoir momentané est le composant le plus simple d’un montage : on appuie, le contact se ferme ; on relâche, il s’ouvre. C’est lui qui valide une action, démarre une mesure, met un compteur à zéro ou arrête un moteur — et c’est presque toujours le premier élément que l’on branche quand on apprend à lire une entrée sur une carte Arduino.
Ce lot contient cinq boutons poussoirs tactiles à quatre broches traversantes, chacun accompagné de son capuchon rond amovible : noir, bleu, jaune, rouge et blanc. Ce code couleur sert au quotidien sur un boîtier fini — rouge pour l’arrêt, bleu pour la sélection, blanc pour la validation — et le capuchon offre une surface d’appui bien plus confortable que la petite tige du bouton nu, et beaucoup plus propre qu’un trou percé au hasard dans une façade.
À quoi sert un bouton poussoir momentané ?
Le contact est normalement ouvert (NO) : au repos, le courant ne passe pas. Il ne se ferme que pendant l’appui. C’est la différence essentielle avec un interrupteur à deux positions, qui reste dans l’état où on l’a laissé.
- Valider ou annuler — parcourir un menu affiché sur un écran, confirmer une mesure, remettre un compteur à zéro.
- Compter des passages ou des appuis — un compteur de personnes, un compteur de tours, un cadran que l’on incrémente à la main.
- Piloter un robot — démarrer un programme, changer de mode, couper une action sans débrancher la batterie.
- Créer un jeu ou un quiz — chaque joueur a son bouton, la première pression l’emporte.
- Équiper un boîtier — le capuchon rond dépasse d’une façade percée proprement et sert de vrai bouton de commande.
- Réveiller une carte — un appui peut tirer un microcontrôleur de sa veille au lieu de le laisser consommer en permanence.
Caractéristiques techniques
| Type | Bouton poussoir tactile, contact momentané |
|---|---|
| Configuration du contact | Normalement ouvert (NO), un seul circuit — fermé uniquement pendant l’appui |
| Boîtier | Carré de 12 × 12 mm, plastique noir surmonté d’un capot métallique |
| Broches | 4 broches traversantes, deux par face ; les deux broches d’une même face sont reliées entre elles à l’intérieur |
| Capuchons | 5 capuchons ronds amovibles : noir, bleu, jaune, rouge, blanc |
| Charge maximale | 12 V continu et 50 mA — valeurs usuelles de ce type de bouton |
| Résistance de contact | Inférieure à 100 mΩ lorsque le contact est fermé |
| Course du bouton | Environ 0,25 mm, avec un clic franc que l’on sent au doigt |
| Force d’appui | Environ 1,5 à 2,5 N — un appui léger suffit |
| Durée de vie | Environ 100 000 appuis |
| Température de service | −20 °C à +70 °C |
| Montage | Traversant : se plante directement sur une plaque d’essai, se soude sur un circuit imprimé |
| Quantité | 5 boutons et 5 capuchons |
Comment se branche un bouton à quatre broches
Quatre broches ne signifient pas quatre fils à raccorder. Le bouton contient deux contacts reliés deux à deux : les deux broches d’une même face sont déjà connectées entre elles à l’intérieur. Un fil part donc d’un côté du bouton, l’autre fil part du côté opposé, et les deux broches restantes ne servent qu’à la solidité de la soudure sur le circuit imprimé.
| Bouton, une broche de chaque côté | → Arduino GND — d’un côté du bouton |
|---|---|
| Bouton, l’autre côté | → Arduino D2 — une entrée numérique |
| Broches restantes | Rien à faire : elles sont déjà reliées à celles de leur propre face |
Côté programme, l’entrée se déclare en INPUT_PULLUP. La résistance de tirage interne de la carte maintient la broche au niveau haut quand personne n’appuie, et l’appui la fait descendre à la masse : le programme voit LOW exactement pendant l’appui. Aucune résistance externe n’est nécessaire, et le montage ne peut pas se mettre à lire des valeurs au hasard quand la broche est en l’air.
Le bouton n’alimente rien : le contact se contente de laisser passer un signal. Il fonctionne donc aussi bien sur une carte en 5 V que sur un ESP32 ou un ESP8266 en 3,3 V, la logique de tirage étant celle du microcontrôleur.
Les cinq capuchons colorés
Le capuchon se clipse sur la tige du bouton et s’enlève avec une petite lame glissée sous son bord ; la troisième photo montre les cinq capuchons démontés. Trois usages :
- Distinguer les fonctions — sur un boîtier qui porte plusieurs boutons identiques, la couleur évite d’appuyer sur le mauvais.
- Augmenter la surface d’appui — le doigt appuie sur un rond de plusieurs millimètres au lieu de viser une tige mince, ce qui réduit les appuis manqués.
- Habiller une façade — le capuchon dépasse proprement d’un trou percé et masque le reste du mécanisme, à condition de prévoir le perçage à sa dimension.
Trois choses à savoir avant de câbler
- Un appui physique ne produit pas un seul signal électrique propre. Les lamelles métalliques rebondissent pendant quelques millisecondes et la carte lit une rafale d’appuis au lieu d’un seul. C’est le rebond, et il se traite dans le programme, jamais par un composant.
- Le bouton ne commande pas une charge directement. 50 mA est le plafond du contact. Une LED avec sa résistance passe sans problème ; un moteur, un relais ou une bande de LED ne passent pas et abîment le bouton. Il faut interposer un module relais ou un transistor.
- Ce n’est pas un coupe-circuit. Au repos le contact est ouvert, mais le bouton est conçu pour un signal de commande : pour couper réellement l’alimentation d’un montage, on emploie un interrupteur.
Mini-projet : un compteur d’appuis avec LED et moniteur série
Ce montage compte les appuis et les affiche un par un sur le moniteur série, avec un clignotement de LED à chaque pression confirmée. C’est le programme de référence pour tout bouton poussoir : une fois le rebond traité, le reste du projet n’est que du traitement de ce compteur.
Ce qu’il faut
| Le bouton | Un des cinq boutons poussoirs de cette page, avec son capuchon |
|---|---|
| La carte | Uno R3 + câble USB |
| Le voyant | LED 5mm Rouge |
| La protection de la LED | Résistance 1/4w 220 ohm |
| Le support | Plaque d’essai 400 points |
Les quatre broches du bouton sont mâles : sur une plaque d’essai, il se plante directement, sans fil intermédiaire. Le capuchon, lui, ne se monte qu’après avoir vérifié le fonctionnement.
Le câblage
| Bouton, côté A | → Arduino GND |
|---|---|
| Bouton, côté B | → Arduino D2 |
| LED, patte longue | → Arduino D8, en passant par la résistance 220 Ω |
| LED, patte courte | → Arduino GND |
Le programme
À copier dans l’IDE Arduino, puis à téléverser sur la carte :
/*
* Compteur d'appuis - mini bouton poussoir a quatre broches
* Carte : Arduino Uno R3
* Montage : bouton entre D2 et GND, LED rouge sur D8
* Le total des appuis s'affiche sur le moniteur serie, a 9600 bauds.
*
* Composants, brochage et fiche complete : www.marocproduits.com
*/
const byte PIN_BOUTON = 2; // bouton entre D2 et GND
const byte PIN_LED = 8; // LED rouge, via une resistance de 220 ohms
unsigned long dernierAppui = 0; // date du dernier appui retenu
unsigned long compteur = 0; // nombre d'appuis confirmes
void setup() {
// La resistance de tirage interne maintient la broche au niveau haut :
// elle passe au niveau bas uniquement pendant l'appui.
pinMode(PIN_BOUTON, INPUT_PULLUP);
pinMode(PIN_LED, OUTPUT);
Serial.begin(9600);
Serial.println("Pret : appuyez sur le bouton.");
}
void loop() {
if (digitalRead(PIN_BOUTON) == LOW) {
unsigned long ecart = millis() - dernierAppui;
// 50 ms de tranquillite : les rebonds mecaniques sont ignores,
// et un appui maintenu ne compte qu'une seule fois.
if (ecart > 50) {
dernierAppui = millis();
compteur++;
digitalWrite(PIN_LED, HIGH);
delay(80);
digitalWrite(PIN_LED, LOW);
Serial.print("Appui numero ");
Serial.println(compteur);
}
}
}Comment ça marche
pinMode(PIN_BOUTON, INPUT_PULLUP)active la résistance de tirage interne : la broche litHIGHau repos etLOWpendant l’appui. Un fil relie le bouton à la masse et l’autre à l’entrée : c’est le câblage le plus court, et il ne demande aucun composant de plus.millis() - dernierAppuimesure le temps écoulé depuis l’appui précédent. Le programme ne retient un nouvel appui que si plus de 50 ms se sont écoulées : c’est le traitement du rebond, et cela évite aussi qu’un appui maintenu soit compté des dizaines de fois.compteurest déclaré enunsigned long: un compteur enintfinirait par déborder sur un montage qui tourne des jours entiers.- Le clignotement de 80 ms sert de témoin visuel : on voit immédiatement si un appui a été pris en compte, sans regarder l’ordinateur.
Pour aller plus loin
- Compter sans ordinateur — remplacez le moniteur série par un afficheur LCD 16×02 I2C, qui affiche le total en clair sur le montage.
- Un appui qui dure — comparez
millis()au moment de l’appui pour ne déclencher une action qu’après deux secondes de maintien : c’est ainsi que l’on distingue un appui court d’un appui long. - Ajouter du son — un buzzer actif sur une autre sortie numérique confirme chaque appui à l’oreille.
Variante : cinq boutons sur une seule carte
Le lot permet d’équiper un montage complet. Les cinq boutons se branchent chacun entre une entrée numérique et la masse — D2 à D6 par exemple — et le programme se contente de répéter la même lecture pour chaque entrée, en appelant une fonction qui prend le numéro de broche en paramètre. C’est aussi le moment d’utiliser les capuchons : une couleur par fonction, décidée avant le perçage de la façade.
Deux points pratiques quand les boutons se multiplient. Le premier : chaque entrée doit avoir sa propre variable de temps pour le rebond, sinon un appui sur un bouton bloque la lecture des autres. Le second : cinq entrées avec tirage interne consomment un peu de courant en permanence, ce qui n’a aucune importance sur secteur mais compte sur un montage à pile — dans ce cas, une seule résistance de tirage commune et une lecture par scrutation restent préférables.
Pour une façade qui porte beaucoup de commandes, le clavier matriciel 16 touches regroupe seize boutons sur huit broches seulement. Pour une molette qui tourne et que l’on peut aussi presser, le module encodeur rotatif remplace plusieurs boutons par un seul composant.
Questions fréquentes
Faut-il une résistance avec ce bouton ?
Non, pas avec ce montage. Le tirage interne de la carte, activé par INPUT_PULLUP, joue exactement le rôle de la résistance. Une résistance externe de 10 kΩ ne devient utile que si vous tenez à un câblage où l’appui envoie du 5 V sur l’entrée au lieu de la mettre à la masse.
Pourquoi un seul appui compte-t-il plusieurs fois ?
C’est le rebond mécanique. Pendant quelques millisecondes, les lamelles du contact se touchent et se séparent plusieurs fois avant de se stabiliser, et la carte lit chacune de ces micro-coupures. Le programme de cette page le traite avec une fenêtre de 50 ms ; avec un programme qui lit la broche sans précaution, c’est le comportement normal, pas un bouton défectueux.
Le bouton est-il fourni avec les capuchons ?
Oui : cinq boutons et cinq capuchons, un par bouton, dans les cinq couleurs visibles sur les photos. Le capuchon se clipse sur la tige et s’enlève sans outil spécifique, avec une lame glissée sous son bord.
Peut-il fonctionner en 3,3 V ?
Oui. Le contact est passif : il laisse simplement passer le signal, quelle que soit la tension de la carte, tant qu’elle reste très en dessous des 12 V du contact. Sur un ESP32 ou un ESP8266, le même programme fonctionne en changeant seulement le numéro des broches.
Puis-je commander un moteur ou une lampe avec ce bouton ?
Pas directement. Le contact supporte 50 mA, alors qu’un moteur ou une ampoule en demande beaucoup plus : le bouton chaufferait et finirait par rester collé. Le bouton commande l’entrée d’un microcontrôleur, et c’est le module 1 relais qui alimente la charge, sur un circuit séparé.
Quelle différence avec un interrupteur à deux positions ?
L’interrupteur garde l’état où vous l’avez laissé : il convient pour allumer et éteindre. Le bouton poussoir ne revient fermé que pendant l’appui, ce qui en fait le composant de la commande et du comptage. Beaucoup de montages utilisent les deux : l’interrupteur 2 positions pour la mise sous tension générale, les boutons pour le pilotage.
Comment distinguer les deux côtés du bouton ?
Les quatre broches sortent du boîtier par deux faces opposées. Choisissez une face, branchez-y la masse, puis prenez une broche de la face d’en face pour l’entrée. Si vous vous trompez de face et prenez deux broches déjà reliées entre elles, le bouton paraîtra fermé en permanence — c’est le seul symptôme de ce câblage, et il se corrige en déplaçant un fil.
À combiner avec
Si vous partez de zéro, le KIT Starter contient déjà la carte Uno R3, la plaque d’essai, les fils, les résistances de 220 Ω et des LED : en y ajoutant ces boutons, vous avez exactement le montage de cette page. Pour une base plus large, le Kit Arduino Uno maroc couvre davantage de projets et contient déjà des boutons poussoirs.
Pour aller plus loin dans la commande d’un montage, le module TTP223 remplace le bouton mécanique par une zone tactile capacitive, sans pièce qui bouge ni rebond à traiter, et le LCD Shield avec 6 boutons réunit un afficheur et sa rangée de commandes sur une seule carte empilée — utile quand le projet tient entièrement dans un boîtier.











