La résistance de 330 Ω est la valeur que l’on choisit quand une LED éclaire trop fort avec la classique 220 Ω, ou quand plusieurs voyants s’allument en même temps et que le total des courants devient gênant pour la carte. Elle reste dans le même rôle : elle limite le courant qui traverse le composant et fixe la tension qui reste à ses bornes.
Ce lot contient dix résistances à couche carbone de 330 Ω, 1/4 W, en boîtier traversant à pattes axiales. Elles se plantent sur une plaque d’essai et se soudent sur un circuit imprimé, et la valeur se lit directement sur le corps grâce à son code couleur — sans multimètre.
À quoi sert exactement une résistance de 330 Ω
Une résistance ne consomme pas le courant : elle le limite. Avec 330 Ω au lieu de 220 Ω, on divise le courant par un tiers environ, ce qui change à la fois l’éclat d’un voyant et la marge de sécurité du montage.
- Protection d’une LED — en série entre la sortie et l’anode, elle ramène le courant à environ 9 mA sous 5 V : la LED éclaire franchement et reste loin de sa limite.
- Barre de plusieurs LED allumées ensemble — cinq voyants à 9 mA ne demandent que 45 mA à la carte, là où cinq voyants à 13,6 mA en réclament 68 mA. C’est l’usage qui justifie le plus souvent cette valeur.
- Résistance de grille d’un transistor MOSFET — la grille se comporte comme un condensateur ; la résistance limite le courant de charge et évite un appel brutal sur la sortie de la carte.
- Diviseur de tension — associée à une valeur plus grande, elle ramène une tension à un niveau lisible par une entrée analogique.
- Ligne maintenue à un niveau connu — en liaison à la masse, elle empêche une entrée de flotter et de lire des valeurs aléatoires.
- Constante de temps — avec un condensateur, elle fixe un retard court, quelques millisecondes, dans les montages d’anti-rebond ou de clignotement.
- Voyant sur alimentation 9 V — la valeur qui tombe juste pour une LED rouge branchée sur une pile 9 V, avec environ 21 mA et une dissipation qui reste dans les limites du 1/4 W.
Caractéristiques techniques
| Valeur | 330 Ω |
|---|---|
| Puissance nominale | 1/4 W (0,25 W) à 70 °C, avec déclassement progressif au-delà |
| Tension maximale | 250 V en service continu |
| Tension limite par la puissance | Environ 9,1 V à ses bornes : au-delà, la dissipation dépasse 1/4 W |
| Type | Résistance à couche carbone, boîtier traversant |
| Tolérance | ±5 % en version à 4 bandes, ±1 % en version à 5 bandes — la valeur exacte se lit sur le corps |
| Dimensions du corps | Environ 6,3 mm de long sur 2,3 mm de diamètre |
| Pattes | Axiales, diamètre environ 0,55 mm, écartement standard de 10,16 mm (400 mil) |
| Température de service | −55 °C à +155 °C |
| Montage | Traversant : plaque d’essai, soudure sur circuit imprimé ou sur carte à trous |
| Quantité | 10 résistances |
Lire la valeur sur le corps
Le code couleur suit toujours la même logique : deux chiffres, un multiplicateur, puis la tolérance. L’orange vaut 3 et le marron vaut 1 comme multiplicateur, ce qui donne deux fois le chiffre 3 suivi d’un zéro :
| Version 4 bandes (±5 %) | orange · orange · marron · or — 3, puis 3, puis un zéro |
|---|---|
| Version 5 bandes (±1 %) | orange · orange · noir · noir · marron — trois chiffres, puis aucun zéro |
Un repère utile quand on hésite sur le sens de lecture : la bande de tolérance est écartée des autres, plus proche d’une extrémité. C’est par elle que l’on commence à compter à l’envers.
Ce que la 330 Ω change par rapport à la 220 Ω
La valeur ne se choisit pas au hasard : elle découle de la loi d’Ohm. On retire la tension de seuil de la LED — environ 2 V pour une rouge, 3,2 V pour une blanche ou une bleue — puis on divise ce qui reste par la résistance pour obtenir le courant.
| Sortie 5 V, LED rouge | 3 V restants divisés par 330 Ω : environ 9,1 mA, dissipation d’environ 27 mW |
|---|---|
| Sortie 3,3 V, LED rouge | 1,3 V restants : environ 3,9 mA, éclairage faible mais net |
| Alimentation 9 V, LED rouge | 7 V restants : environ 21 mA, dissipation d’environ 148 mW |
| Alimentation 12 V, LED rouge | 10 V restants : environ 30 mA et 0,3 W dissipés, au-delà des 1/4 W de la résistance |
Le gain par rapport à une 220 Ω est double : un tiers de courant en moins, donc une LED qui dure plus longtemps, et une dissipation réduite d’un tiers elle aussi. Sous 5 V, la résistance chauffe à peine : elle dissipe 27 mW, soit près de dix fois moins que sa limite de 1/4 W. C’est sous 9 V et 12 V que la marge se resserre, et qu’il vaut mieux monter en valeur.
Mini-projet : un vumètre à cinq LED sur une entrée analogique
Le montage lit la position d’un potentiomètre et allume une à cinq LED selon la mesure. C’est le projet qui justifie vraiment la 330 Ω : les cinq voyants peuvent être allumés en même temps, et chaque milliampère économisé sur chaque LED compte dans le total demandé à la carte.
Ce qu’il faut
| Les résistances | Cinq des 330 Ω de cette page, une par LED |
|---|---|
| Les voyants | LED 5mm Rouge — cinq, ou un mélange de couleurs pour lire les paliers plus vite |
| La carte | Uno R3 + câble USB |
| La commande | Potentiomètre 10 kΩ, pour faire varier la mesure à la main |
| Le support | Plaque d’essai 400 points |
| Les liaisons | Fils de prototypage mâle-mâle |
Le câblage
Le potentiomètre se branche d’abord : ses deux pattes extérieures vont au 5V et au GND de la carte, sa patte du milieu à l’entrée A0. Il forme ainsi un diviseur de tension dont la sortie balaie toute la plage de mesure quand on tourne l’axe.
Sortie D4 | → première patte de la résistance 1, seconde patte → patte longue de la LED 1, patte courte → GND |
|---|---|
Sortie D5 | → même montage avec la LED 2 |
Sortie D6 | → même montage avec la LED 3 |
Sortie D7 | → même montage avec la LED 4 |
Sortie D8 | → même montage avec la LED 5 |
Entrée A0 | → patte du milieu du potentiomètre |
La résistance se place avant ou après la LED, cela ne change rien au courant : elle est en série dans la même boucle. En revanche, le sens de la LED compte. La patte longue est l’anode et se branche du côté de la sortie ; la patte courte est la cathode et va à la masse.
Le programme
À copier dans l’IDE Arduino, puis à téléverser sur la carte :
/*
* Vumetre a cinq LED sur une entree analogique
* Carte : Arduino Uno R3
* Montage : sorties D4 a D8, une resistance de 330 ohms par LED
* potentiometre 10 kohms : pattes extremes sur 5V et GND,
* patte du milieu vers A0
* Chaque LED garde sa propre resistance.
*
* Composants, brochage et fiche complete : www.marocproduits.com
*/
const byte LEDS[5] = {4, 5, 6, 7, 8};
const byte NB_LED = 5;
const int SEUILS[5] = {205, 410, 615, 820, 1000};
void setup() {
for (byte i = 0; i != NB_LED; i++) {
pinMode(LEDS[i], OUTPUT);
}
pinMode(A0, INPUT);
}
void loop() {
int mesure = analogRead(A0); // 0 a 1023
for (byte i = 0; i != NB_LED; i++) {
int etat = LOW;
if (mesure / SEUILS[i] != 0) { // mesure au moins egale au seuil
etat = HIGH;
}
digitalWrite(LEDS[i], etat);
}
delay(50);
}Comment ça marche
analogRead(A0)renvoie une valeur de 0 à 1023, proportionnelle à la tension présente sur l’entrée. Le potentiomètre la fait varier sur toute la plage.- Le tableau
SEUILSporte les cinq valeurs de bascule : 205, puis 410, 615, 820 et enfin 1000. Chaque seuil correspond à la mesure à partir de laquelle la LED du rang doit s’allumer. - Le test
mesure / SEUILS[i] != 0vaut vrai dès que la mesure atteint le seuil : la division entière donne zéro tant que la mesure est plus petite, et un résultat non nul dès qu’elle l’atteint ou le dépasse. Aucune comparaison n’est nécessaire, et les LED déjà allumées le restent quand on tourne le potentiomètre plus loin. - Le
delay(50)évite de balayer l’entrée plus vite que nécessaire, sans rendre la réaction visiblement lente.
Pour aller plus loin
- Lire une vraie grandeur — remplacer le potentiomètre par une photo-résistance LDR montée en diviseur : la barre devient un indicateur de luminosité.
- Des couleurs au lieu de paliers — une LED RGB remplace les cinq voyants : trois résistances de 330 Ω, une par couleur, donnent un dégradé continu.
- Commander une charge réelle — un ULN2803A ou un transistor 2N2222 prend le relais de la sortie quand le courant demandé dépasse ce qu’une broche peut fournir.
Variante : adapter la valeur à l’alimentation
La 330 Ω est calculée pour une alimentation de 5 V. La règle est toujours la même : retirer la tension de seuil de la LED, puis diviser la tension restante par le courant voulu.
| Pour un éclat plus fort | Revenir à une 220 Ω : environ 13,6 mA sous 5 V, la LED éclaire au maximum de sa marge. |
|---|---|
| Pour une LED discrète | Une 470 Ω ramène le courant à environ 6,4 mA sous 5 V, ce qui suffit largement pour un voyant d’état. |
| Pour une alimentation 9 V ou 12 V | Monter à 1 kΩ : environ 7 mA sous 9 V, avec une dissipation négligeable. |
| Pour plusieurs LED en série | Deux LED rouges en série sous 9 V avec une seule 330 Ω se partagent la tension restante : chaque LED reste dans un courant raisonnable. |
Dans tous les cas, la valeur se recalcule, elle ne se choisit pas par habitude : ce qui compte est le courant qui traversera réellement la LED, et la puissance que la résistance devra dissiper.
Questions fréquentes
Pourquoi choisir 330 Ω plutôt que 220 Ω pour une LED ?
Pour allonger la durée de vie du voyant et réduire l’échauffement. Sous 5 V, la 330 Ω fait passer environ 9 mA au lieu de 13,6 mA : la différence d’éclat est à peine perceptible à l’œil, mais la LED travaille dans une zone plus confortable et la résistance dissipe un tiers de moins.
Peut-on mettre plusieurs LED sur une seule résistance de 330 Ω ?
Pas quand les LED sont en parallèle. Leur tension de seuil n’est jamais exactement identique : celle qui conduit le plus bas prend l’essentiel du courant, éclaire plus fort et s’use plus vite. Une résistance par LED est la seule façon d’égaliser les courants, et c’est le montage du mini-projet.
La résistance chauffe-t-elle ?
Non, sous 5 V : elle dissipe environ 27 mW, dix fois moins que sa limite de 1/4 W, et reste froide au toucher. C’est à partir de 9 V — environ 148 mW — puis de 12 V, où la limite est franchie, que le dégagement de chaleur devient mesurable.
Comment vérifier que le lot reçu est bien à 330 Ω ?
En lisant le code couleur : orange, orange, marron, or en version à 4 bandes. La bande dorée, la tolérance, est écartée des trois autres et sert de repère de lecture. Un multimètre reste utile pour contrôler le lot : avec ±5 %, tout ce qui tombe entre 313 et 347 Ω est conforme.
Peut-on obtenir 330 Ω en associant deux résistances ?
Oui, de deux façons. Deux 680 Ω en parallèle donnent 340 Ω, proche de la valeur visée. Plus juste : une 100 Ω et une 220 Ω en série donnent exactement 320 Ω, et une 100 Ω avec une 240 Ω donnent 340 Ω — dans les deux cas avec la tolérance des composants utilisés. Le plus simple reste d’employer une seule résistance de cette valeur.
Peut-on les couper pour les adapter ?
Oui. Les pattes axiales se coupent à la pince et se plient à angle droit pour un montage sur circuit imprimé. Il faut simplement garder assez de longueur pour que le corps ne touche pas la carte, sinon la chaleur du fer atteint la couche carbone.
À combiner avec
Cette valeur ne sert jamais seule : elle accompagne une LED, une carte ou une entrée. Le KIT Starter contient déjà la carte Uno R3, la plaque d’essai, les fils et un jeu de résistances, et ce lot vient le compléter avec une valeur très sollicitée. Pour monter le vumètre sans souder, la plaque d’essai 400 points et les fils de prototypage sont les deux accessoires indispensables.
Pour aller plus loin dans le même esprit, une série de LED 5mm Rouge complète le lot et permet de tester plusieurs montages, et une valeur plus élevée comme la 1 kΩ ou la 10 kΩ couvre les usages de diviseur et de maintien de niveau. Le kit Arduino Uno rassemble de son côté l’essentiel pour démarrer un montage complet.









