La plaque d’essai 170 points est le plus petit format de la famille breadboard : 48 mm sur 35 mm de surface d’essai, où un circuit se monte, se modifie et se défait sans un seul coup de fer à souder. Les composants se piquent dans les trous, se relient entre eux à l’intérieur de la plaque, et ressortent aussi vite qu’ils sont entrés.
Ce format a un usage précis : il porte le petit circuit qui accompagne une carte — une LED et sa résistance, un capteur à trois fils, un module qu’on veut essayer avant de le souder. Posée à côté de la carte, la plaque remplace une nappe de fils par quelques liaisons nettes.
À quoi sert une plaque d’essai 170 points ?
Une plaque d’essai ne contient aucun composant : c’est un assemblage de connexions. Son intérêt n’est pas électrique, il est pratique — c’est ce qui explique qu’on la trouve dans tous les kits d’électronique.
- Essayer avant de souder — un montage se valide en quelques minutes puis se démonte en tirant sur les pattes.
- Modifier sans tout refaire — un fil se déplace, une résistance se remplace, sans dessouder ni abîmer un composant.
- Porter un montage en cours — l’ensemble reste câblé entre deux séances au lieu d’être remonté intégralement.
- Séparer la commande de la partie testée — la carte pilote, la plaque porte ce qu’on éprouve : une erreur de câblage ne met pas la carte en danger.
- Tenir sur un coin de table — 48 mm sur 35 mm, la plaque se range dans une poche et laisse la place libre entre deux séances.
Comment sont reliés les trous
Tout tient dans une seule règle : les cinq trous d’une colonne, d’un même côté de la rainure centrale, forment un même point de connexion. Ce qui compte, c’est la colonne — pas la rangée.
| Les points | 170 au total, répartis en 17 colonnes de 10 trous. Chaque colonne est coupée par la rainure centrale : cinq trous d’un côté, cinq de l’autre. |
|---|---|
| Un groupe de cinq | Les cinq trous d’un groupe sont reliés entre eux. Un composant piqué dans deux colonnes voisines d’un même côté relie ces deux colonnes, et seulement elles. |
| Deux groupes voisins | À droite et à gauche de la rainure, les deux groupes d’une même ligne ne communiquent pas. C’est l’erreur de câblage numéro un sur une plaque d’essai. |
| Deux colonnes voisines | Chaque colonne est un point indépendant. Elle ne communique avec sa voisine que si un composant, un fil ou un cavalier les relie. |
| Rail d’alimentation | Ce format n’en a pas : le 5 V et la masse s’amènent par deux fils depuis la carte, sur deux colonnes réservées à cet usage. |
La conséquence pratique est simple. On réserve une colonne au 5 V et une autre à la masse, on les amène depuis la carte par deux fils, et chaque composant vient se raccorder à l’une ou à l’autre à travers sa résistance. Un montage qu’on ne peut pas relire est un montage qu’on ne peut pas dépanner : espacer les blocs de deux colonnes suffit à garder la lecture.
Caractéristiques techniques
| Type | Plaque d’essai sans soudure (breadboard) 170 points |
|---|---|
| Points de connexion | 170 — 17 colonnes de 10 trous, chaque colonne en deux groupes de 5 séparés par la rainure centrale |
| Pas | 2,54 mm : le pas standard des composants traversants, des supports de circuits intégrés et des barrettes de broches |
| Encombrement | Environ 48 mm sur 35 mm, 9 mm d’épaisseur — les 17 colonnes occupent 40,64 mm de long au pas de 2,54 mm |
| Matière | Boîtier en ABS, contacts en bronze phosphoreux plaqué nickel |
| Fils acceptés | Pattes et fils de 0,4 à 0,8 mm de diamètre, soit du 20 au 29 AWG |
| Coloris | Ce format existe en plusieurs coloris : la photo montre les exemplaires du lot |
| Usage prévu | Signaux, LED, capteurs, petits modules — pas l’alimentation d’un moteur ni d’un ruban de LED |
Applications
- Valider un capteur — trois fils, une colonne pour le 5 V, une pour la masse : le composant est essayé sans rien souder.
- Monter un circuit d’apprentissage — LED, résistance, bouton poussoir : les quatre composants qui suffisent à comprendre un montage.
- Essayer un module avant de le fixer — le module se teste ici, avec son brochage, avant de rejoindre la carte définitive.
- Répartir une alimentation — deux colonnes réservées au 5 V et à la masse, chaque composant s’y raccorde un par un.
- Tenir un montage pendant la mesure — la plaque immobilise les fils pendant que les pointes du multimètre cherchent la panne.
Mini-projet : un chenillard de trois LED, pas à pas
Trois LED qui s’allument l’une après l’autre puis repartent en sens inverse. Le montage tient entièrement sur la plaque — il occupe onze colonnes sur dix-sept — et il sert deux fois : il montre ce que la plaque accepte, et il vérifie qu’un montage réparti en blocs identiques se relit sans effort.
Matériel
- La plaque d’essai 170 points de cette page
- Une carte Arduino Uno R3 avec câble USB
- Une LED rouge 5 mm, une LED jaune 5 mm et une LED verte 5 mm
- Trois résistances 1/4 W de 220 ohms
- Des fils mâle-mâle de 10 cm pour relier la plaque à la carte
Câblage
Chaque LED occupe trois colonnes consécutives d’un même côté de la rainure, et les trois blocs se répètent à l’identique, séparés par une colonne vide :
- Première colonne du bloc — la cathode de la LED, la patte courte.
- Deuxième colonne — l’anode, la patte longue. Les deux pattes d’une LED tombent dans deux colonnes voisines, ce qui donne exactement deux points de connexion distincts.
- Troisième colonne — la seconde patte de la résistance de 220 ohms, piquée entre l’anode et cette colonne. C’est de cette colonne que part le fil vers la carte.
| LED rouge | Fil de la colonne de sortie vers la broche numérique 8 de la carte |
|---|---|
| LED jaune | Fil vers la broche numérique 9 |
| LED verte | Fil vers la broche numérique 10 |
| Les trois cathodes | Reliées entre elles par deux fils courts, puis un fil vers GND |
La résistance se place en série avec la LED, et peu importe de quel côté de la LED elle se trouve : seule la continuité compte. Le sens de la LED, lui, n’est pas indifférent — la patte longue va du côté de la sortie de la carte, la patte courte du côté de la masse. Une LED montée à l’envers ne grille pas, elle ne s’allume simplement pas.
Le programme
À copier dans l’IDE Arduino, puis à téléverser :
/*
* Chenillard trois LED - plaque d'essai 170 points
* Carte : Arduino Uno R3
* Montage : trois LED (rouge, jaune, verte), une resistance de 220 ohms chacune
*
* Composants, brochage et fiche complete : www.marocproduits.com
*/
const byte NOMBRE = 3;
const byte BROCHES[NOMBRE] = { 8, 9, 10 };
void setup() {
for (byte i = 0; i != NOMBRE; i++) {
pinMode(BROCHES[i], OUTPUT);
}
}
void loop() {
// aller : la lumiere se deplace de la rouge vers la verte
for (byte i = 0; i != NOMBRE; i++) {
digitalWrite(BROCHES[i], HIGH);
delay(180);
digitalWrite(BROCHES[i], LOW);
}
// retour : la lumiere repart dans l'autre sens
for (byte i = NOMBRE - 1; i != 0; i--) {
digitalWrite(BROCHES[i], HIGH);
delay(180);
digitalWrite(BROCHES[i], LOW);
}
}Les trois broches sont déclarées dans un tableau : changer l’ordre des LED, ou en ajouter une quatrième, ne demande qu’une ligne à modifier. La temporisation de 180 millisecondes règle la vitesse du déplacement — allongez-la pour un chenillard lent, raccourcissez-la pour un effet de poursuite.
La résistance de 220 ohms n’est pas facultative : sans elle, la LED reçoit trop de courant et grille en quelques secondes. C’est la seule protection du montage, et elle ne coûte rien.
Variantes
Avec une carte Nano
Le même programme tourne sur une carte Nano avec câble : elle porte les mêmes broches 8, 9 et 10. La carte est nettement plus courte, et l’ensemble — carte et plaque côte à côte — tient sur la surface d’une main.
Pour aller plus loin
- Changer le sens du chenillard — un mini bouton poussoir piqué sur une colonne libre et relié à une entrée numérique inverse le sens sur appui : c’est le même montage, avec une lecture de broche de plus.
- Ralentir ou accélérer — une seule valeur à changer dans le programme, celle des deux temporisations.
- Alimenter sans ordinateur — une fois le programme téléversé, le montage tourne seul : la plaque et la carte ne dépendent plus du câble USB.
Questions fréquentes
Y a-t-il un rail d’alimentation sur cette plaque ?
Non. Les rails + et − que l’on trouve sur les plaques d’essai plus grandes n’existent pas sur un format 170 points. Le 5 V et la masse s’amènent par deux fils depuis la carte et se posent sur deux colonnes que vous réservez à cet usage. C’est plus court à câbler qu’il n’y paraît, et cela évite le composant piqué par erreur entre deux colonnes d’alimentation.
Rien ne s’allume, alors que le câblage semble bon. Où chercher ?
Trois vérifications règlent la grande majorité des cas. D’abord, deux pattes d’un même composant piquées dans une seule colonne : les cinq trous d’un groupe étant reliés, le composant se retrouve court-circuité. Ensuite, un fil planté dans la colonne voisine de celle qu’on visait : les deux colonnes ne communiquent pas, la liaison manque. Enfin, une masse oubliée : deux appareils reliés par un seul signal ne forment pas un circuit, il faut un retour commun.
Quel diamètre de fil faut-il ?
Les trous acceptent des pattes et des fils de 0,4 à 0,8 mm de diamètre, soit du 20 au 29 AWG : c’est le diamètre des fils mâle-mâle et des queues de composants traversants. Un module livré avec des fils souples multibrins ne tient pas dans la plaque : soudez-lui une barrette de broches mâles, il devient utilisable en quelques minutes.
Peut-on y brancher un moteur ou un ruban de LED ?
Pas à travers la plaque. Les lames de contact sont dimensionnées pour les courants d’un montage de prototypage — signaux, LED, capteurs, petits modules — alors qu’un moteur, un ruban de LED ou une pompe demandent un raccordement plus franc. Un bornier à vis 2 broches planté dans la plaque, ou un raccordement direct sur l’alimentation, évite de faire chauffer les contacts.
Une colonne ne fait plus contact, que faire ?
Les lames se resserrent en se pinçant : introduire une patte plus épaisse que l’usage — un fil d’un millimètre, une queue de composant de puissance — les écarte définitivement, et la colonne devient capricieuse. Sur une plaque d’essai, la solution est simple : déplacer la liaison vers une colonne intacte. Il en reste seize.
Peut-on la fixer sur un support ou un panneau ?
Le dos de ces plaques porte un adhésif double face, sous un film protecteur qu’on retire au dernier moment : la plaque tient alors sur un support, un boîtier ou un plan de travail. Si vous préférez la garder mobile, laissez le film en place.
À combiner avec
- Plaque d’essai 400 points — dès que le montage dépasse un capteur et une LED
- Plaque d’essai 830 points — la grande surface, quand le montage déborde vraiment
- KIT Starter — contient déjà la carte Uno R3, une plaque d’essai, les fils, les résistances et des LED
- Câble d’alimentation 9 V — pour faire tourner un montage terminé sans ordinateur









