La plaque à trous double face 3 × 7 cm est le format intermédiaire de la gamme : assez large pour porter un module complet côte à côte avec ses composants, assez courte pour tenir dans un boîtier de dérivation. Sa surface est découpée en 240 pastilles — 24 colonnes sur 10 rangées — au pas de 2,54 mm, celui des boîtiers DIP, des barrettes de broches et des borniers du catalogue.
Elle ne contient aucun composant et ne se programme pas : c’est un support de soudure. Une fois qu’un montage fonctionne sur une plaque d’essai, on le reporte ici et il devient définitif, avec ses soudures et ses fils, sans plus rien qui bouge.
Pourquoi ce format plutôt qu’un autre
- Un circuit intégré et son environnement. Un boîtier DIP-28 occupe 14 colonnes sur les 24 disponibles : il reste de la place pour ses résistances, ses condensateurs et ses deux borniers d’alimentation sur la même plaque.
- Un module plus sa carte de commande. Une carte Nano mesure 45 mm de long : elle tient couchée sur 18 colonnes et laisse six colonnes libres pour l’étage de sortie.
- Une alimentation complète. Un régulateur TO-220, deux condensateurs, une LED témoin et deux borniers à vis occupent moins de la moitié de la surface.
- Un montage transportable. Les quatre trous de fixation des angles permettent de visser la plaque sur un fond ou de la glisser dans un boîtier : une soudure ne bouge plus, contrairement aux contacts d’une plaque d’essai.
- Un adaptateur. Quelques barrettes soudées transforment un module ou un connecteur en pièce montable, à clipper et déclipper à volonté.
Caractéristiques techniques
| Type | Plaque de prototypage universelle à trous, double face (perfboard) |
|---|---|
| Dimensions | 30 × 70 mm (3 × 7 cm) |
| Matière | Fibre de verre époxy FR-4, vernis épargne vert, pastilles étamées |
| Épaisseur | 1,6 mm |
| Pas des trous | 2,54 mm (0,1 pouce) sur les deux axes |
| Nombre de pastilles | 240 : une matrice de 24 colonnes sur 10 rangées |
| Diamètre des trous | Environ 1 mm, traversant les deux faces |
| Métallisation | Trous métallisés (PTH) : la pastille du dessus et celle du dessous sont reliées par le barillet métallique du trou |
| Liaisons entre pastilles | Aucune : chaque pastille est indépendante, les liaisons se font à la soudure |
| Fixation | Quatre trous non métallisés aux angles (diamètre variable selon les séries, environ 2,5 à 4 mm) pour vis ou entretoises |
| Encombrement de la matrice | 58 × 23 mm environ : il reste de chaque côté la marge des trous de fixation et du passage des fils |
Ce que contient la commande
La plaque seule, telle que photographiée. Ni étain, ni fer à souder, ni fil de liaison, ni composant : les tableaux de cette page indiquent ce qui va avec.
Se repérer sur la grille
24 colonnes sur 10 rangées
Les 240 pastilles forment une grille régulière. Compter sur la longueur donne 24 pastilles ; compter sur la largeur en donne 10. Les deux trous extrêmes d’une rangée sont séparés de 9 pas, soit 22,86 mm, et les deux pastilles extrêmes d’une colonne de 23 pas, soit 58,42 mm : c’est cette mesure, et non la dimension de la plaque, qui détermine ce qui peut s’y souder.
Chaque pastille est isolée de ses voisines
C’est la différence décisive avec une plaque d’essai. Sur une breadboard, cinq trous d’une même colonne forment un seul nœud électrique ; ici, aucune pastille n’est reliée à une autre. La plaque ne relie rien : les liaisons se font avec un fil de cuivre nu, un pont d’étain entre deux pastilles voisines, ou un fil de liaison soudé sous la plaque. Le circuit doit donc être pensé avant la première soudure.
Les trous traversent les deux faces
Le barillet métallique du trou relie la pastille du dessus à celle du dessous. Deux conséquences pratiques : une seule soudure suffit, l’étain remonte tout seul par le trou ; et les deux faces deviennent deux zones de câblage distinctes — les composants d’un côté, les fils de liaison de l’autre, ce qui supprime les croisements sans aucun fil qui passe par-dessus le montage.
Premier montage : une alimentation 5 V sur la plaque
Le montage qui justifie ce format : une pile 9 V, un régulateur 7805, une LED témoin et deux borniers. À l’entrée on visse la pile, à la sortie on dispose de 5 V stables, et la plaque devient un petit module d’alimentation réutilisable. Aucun programme n’est nécessaire.
Ce qu’il faut
| La plaque | Celle de cette page |
|---|---|
| La source | Support de piles 6xAA 9 V : environ 9 V à vide, largement au-dessus des 7 V minimum du régulateur |
| Le régulateur | Régulateur de tension 7805, boîtier TO-220 : sortie fixe 5 V, protection thermique et contre les court-circuits |
| Le voyant | LED 5mm Rouge avec sa résistance de 220 ohms |
| Les raccords | Deux borniers à vis 2 broches, un pour l’entrée, un pour la sortie |
| Les condensateurs | Un 100 nF à l’entrée et un 10 µF à la sortie, recommandés par tous les fabricants de régulateurs : ils ne sont pas fournis avec la plaque |
| La soudure | Fer à souder 40W et étain de 0,8 à 1 mm |
| Les outils | Pince coupante pour les pattes, multimètre DT9205 pour les contrôles |
Le brochage du 7805
Boîtier TO-220, face marquée vers soi, pattes vers le bas : la patte de gauche est l’entrée (la pile), celle du milieu la masse, celle de droite la sortie 5 V. Le boîtier métallique et la patte du milieu sont au même potentiel : le radiateur, s’il y en a un, est donc relié à la masse.
Le câblage, sur une seule rangée
On travaille sur la deuxième rangée en partant du bord, en prenant les pastilles dans l’ordre depuis une extrémité. Le régulateur occupe trois pastilles consécutives, ses pattes étant au pas de 2,54 mm.
| Pastille 1 | Entrée du régulateur, plus le fil du bornier d’entrée (le +) |
|---|---|
| Pastille 2 | Masse du régulateur, plus un fil qui rejoindra la masse des deux borniers et la cathode de la LED |
| Pastille 3 | Sortie 5 V, plus le fil du bornier de sortie (le +) |
| Pastille 8 | Résistance de 220 ohms, première patte, reliée par un fil à la sortie 5 V |
| Pastille 11 | Deuxième patte de la résistance : l’écart naturel des pattes d’une résistance 1/4 W vaut trois pas, soit 7,6 mm |
| Pastille 12 | Anode de la LED (patte longue), avec un pont d’étain ou un fil de cuivre nu vers la pastille 11 |
| Pastille 13 | Cathode de la LED (patte courte), reliée à la masse |
| Les masses | Un fil de cuivre nu ou un fil isolé court le long du bord et relie entre elles la masse du régulateur, la masse des deux borniers et la cathode de la LED |
Le condensateur d’entrée se soude entre la pastille 1 et la masse, celui de sortie entre la pastille 3 et la masse, au plus près du régulateur.
Les contrôles avant la mise sous tension
- Continuité. Au multimètre en position continuité, chaque liaison prévue doit sonner, et deux pastilles voisines que rien ne relie ne doivent pas sonner. Ce second contrôle attrape les bavures d’étain, seule cause réelle de court-circuit sur une plaque neuve.
- Sens du régulateur. Vérifier trois fois la patte d’entrée avant de souder : un 7805 alimenté à l’envers se détruit en une seconde. Le brochage est imprimé sur le boîtier et sur la fiche du régulateur.
- Sens de la LED. La patte longue est l’anode, côté 5 V. Montée à l’envers, elle reste éteinte sans être abîmée.
- Tension de sortie. Alimenter et mesurer entre la sortie et la masse : on doit lire 5 V à quelques centièmes près. Une valeur proche de la tension d’entrée signale un régulateur monté à l’envers ou une masse non soudée.
- Échauffement. La puissance dissipée vaut la différence entre l’entrée et la sortie multipliée par le courant. Avec 9 V en entrée et 5 V en sortie, chaque 100 mA consommé chauffe le régulateur de 0,4 W : un petit dissipateur suffit, mais le boîtier ne doit pas rester brûlant au toucher.
Si la sortie ne donne rien
- Le bornier d’entrée n’est pas soudé des deux côtés. Une patte d’un bornier qui ne traverse pas la plaque donne une entrée sans contact.
- La masse ne fait pas le tour. Le régulateur régule par rapport à sa patte du milieu : sans le retour de masse vers les borniers, aucune tension n’apparaît en sortie.
- Le condensateur d’entrée est monté à l’envers. Un condensateur chimique polarisé inversé gonfle ou éclate : respecter le repère de la bande négative.
- Les pastilles n’ont pas été reliées. La plaque ne conduit rien par elle-même : entre deux points du circuit, il faut toujours un fil ou un pont d’étain.
Compatibilité
Avec les barrettes de broches
Une rangée de 40 pins 2,54 mm mâle se recoupe à la longueur voulue et se soude sur la plaque : elle devient un connecteur au pas standard sur lequel un module vient se clipper, et rend le montage amovible.
Avec les supports de circuit intégré
Sur un circuit intégré, on soude un support 14 pins plutôt que le boîtier lui-même : si le composant claque ou doit être remplacé, il se déclipse sans toucher à la plaque. Le support est traversant, au pas de 2,54 mm, et se loge sur deux rangées de pastilles.
Avec les borniers à vis
Un bornier à vis 4 broches soudé sur un bord de la plaque donne quatre raccords où l’on visse un fil sans fer à souder. Le pas est directement compatible avec la grille, et un bornier de 4 pôles occupe cinq pas de long.
Avec une carte Nano
La carte Nano avec son câble se soude à plat : ses deux rangées de pattes sont espacées de 15,24 mm, soit six des dix rangées de la plaque, et ses 45 mm de long occupent 18 des 24 colonnes. Il reste six colonnes pour un bornier et l’étage de sortie — c’est de quoi transformer une carte de développement en module autonome.
Variantes : la même plaque en d’autres formats
Le catalogue porte toute la famille, même pas de 2,54 mm et même construction double face : la plaque 2 × 8 cm pour un montage allongé et étroit, la 4 × 6 cm pour un capteur et son étage de sortie, la 5 × 7 cm pour une alimentation, la 7 × 9 cm pour une carte et ses périphériques, et la 8 × 12 cm pour un montage complet. En grande surface et sur un seul côté, la plaque PCB simple face 10 × 15 cm prend le relais quand le montage devient un vrai châssis.
Et si le montage n’est encore qu’une idée, il se monte d’abord sans rien souder sur une plaque d’essai 830 points : on ne recopie sur la plaque à trous que ce qui fonctionne.
Points d’attention
- Ne jamais insister avec le fer. Une pastille chauffée plus de trois ou quatre secondes se décolle du support. Entre 300 et 350 °C, souder vite, laisser refroidir entre deux points.
- Une seule face suffit. Le trou étant métallisé, l’étain remonte par le barillet : souder les deux faces d’une même pastille ne fait que la chauffer deux fois.
- Découper la plaque se fait à la scie à métaux, puis la tranche se lime. Recouper après avoir soudé fragilise les pastilles proches de la coupe.
- Une intensité élevée ne passe pas par la plaque. Les pastilles sont fines : un moteur, un relais ou une bande de LED s’alimente directement depuis la source, seuls la masse et le signal passent par la grille.
- Reproduire le schéma sur papier avant de souder, avec la position des composants et le trajet des fils : sur une matrice de 240 pastilles, une erreur de rangée se retrouve enterrée sous six soudures.
- Un fond métallique impose des entretoises : les pastilles du dessous ne doivent rien toucher.
Questions fréquentes
Combien de pastilles sur un format de 3 × 7 cm ?
240, réparties en 24 colonnes et 10 rangées. Le comptage est celui donné par les revendeurs de cette famille de plaques : 24 par 10 pour le format 30 × 70 mm, 28 par 6 pour le format 20 × 80 mm, soit 168 pastilles.
Double face ou simple face, quelle différence à l’usage ?
Ici les deux faces portent les mêmes pastilles, reliées par le trou métallisé. On soude donc indifféremment d’un côté ou de l’autre, et surtout on peut faire courir les fils de liaison sur la face opposée aux composants : les croisements disparaissent. Une plaque simple face n’offre qu’une seule zone de câblage et devient un enchevêtrement de fils dès qu’il y a quelques composants.
Peut-on dessouder et recommencer ?
Oui, sans abuser du chauffage. Une pompe à dessouder vide le trou en une seconde, l’étain restant se retire au fer. Deux ou trois reprises sur la même pastille passent sans dommage ; au-delà, la pastille peut se décoller.
Faut-il prévoir une alimentation séparée ?
La plaque ne fournit ni tension ni protection : c’est un support de câblage. L’alimentation — carte de développement, régulateur, pile — se choisit séparément et se raccorde par un bornier ou une barrette soudée sur la grille.
La plaque résiste-t-elle aux vibrations ?
Oui, c’est même son intérêt : une soudure ne bouge plus, là où une plaque d’essai perd ses contacts. Les quatre trous des angles servent à la fixer sur un fond de boîtier par vis ou entretoises, ce qui la protège des flexions.
À combiner avec
Pour les reprises, la pompe à dessouder complète le fer et l’étain. Pour les liaisons entre la plaque et un module, une réserve de câbles Dupont évite de souder à chaque essai. Une fois le montage terminé, un boîtier rail DIN 145 mm l’accueille et le protège. Le reste de l’atelier prototypage réunit les barrettes, les borniers, les fils de liaison et les composants passifs qui servent sur cette plaque.









