Le bornier à vis 2 broches est la pièce qui permet de fixer deux fils sur un montage sans les souder : on dénude le fil, on le glisse dans la cage métallique et on serre la vis. Le jour où il faut changer le fil, remplacer un moteur ou déplacer le montage, on desserre et on revisse — rien à dessouder, aucun fil à couper.
C’est le connecteur que l’on retrouve sur les entrées d’alimentation des cartes, sur les sorties de relais et de moteurs, et sur toutes les réalisations où un fil doit pouvoir être débranché. Le corps est en plastique moulé bleu, les deux vis serrent chacune un fil, et l’ensemble se soude sur un circuit imprimé par ses deux picots traversants.
Ce bornier ne se programme pas : il ne contient aucun composant actif. Ce qui compte pour l’acheter, c’est ce qu’il accepte comme fil, l’empreinte qu’il occupe sur la carte et la façon de le souder — c’est l’objet de cette fiche.
À quoi sert un bornier à vis 2 broches ?
- Entrée d’alimentation — amener le + et le − d’une pile ou d’une alimentation sur une plaque, et pouvoir la débrancher.
- Sortie de puissance — brancher un ventilateur, un petit moteur, une bande lumineuse ou une électrovanne sur le circuit de commande.
- Capteur à deux fils — relier une sonde, un contact de porte ou un interrupteur externe sans raccord volant.
- Rallonge démontable — prolonger un câble déjà serti, ou raccorder deux tronçons sur le terrain.
- Prototype soudé — remplacer les fils soudés directement sur la carte, qu’il faut couper à chaque modification.
- Passage par une paroi — deux fils qui sortent d’un boîtier se reprennent sur le bornier, à l’intérieur, sans laisser de fer à souder près du plastique de l’enceinte.
Caractéristiques techniques
| Nombre de pôles | 2, indépendants l’un de l’autre, séparés par une cloison isolante |
|---|---|
| Type de raccordement | Vis de serrage : une vis par pôle, qui presse le fil contre une cage métallique |
| Outil | Tournevis plat fin |
| Montage | À souder sur circuit imprimé, par deux picots traversants |
| Corps | Plastique moulé bleu, isolant l’un pôle de l’autre |
| Vis et cage | Métal, vis à fente unique |
| Pas (entraxe des deux picots) | 5,08 mm ou 3,5 mm selon le lot reçu — voir la méthode d’identification ci-dessous |
| Fil accepté | Fil souple à partir de 0,5 mm², fil rigide à partir de 0,75 mm² |
| Longueur de fil dénudé | Environ 6 mm |
| Usage prévu | Basse tension d’électronique — ce bornier n’est pas un bornier secteur |
| Contenu du sachet | Le bornier seul : corps, deux vis, deux picots. Ni fil, ni carte, ni tournevis. |
Encombrement et matière
Le corps est moulé d’une seule pièce : les deux logements de fil, la cloison qui les sépare et les deux passages de vis. Le plastique est le même sur toute la longueur, et c’est lui qui assure l’isolement entre les deux pôles — d’où l’importance de ne pas l’entamer au fer à souder.
- Longueur du corps — elle suit le pas : un peu plus de 10 mm pour un modèle au pas de 5,08 mm, environ 8 mm pour un modèle au pas de 3,5 mm. C’est la seule dimension à relever avant de dessiner une empreinte sur une carte.
- Empreinte sur la carte — deux trous, espacés exactement du pas. Les picots sont rectangulaires : percer au diamètre du picot plus une marge de perçage habituelle, sinon le bornier s’enfonce de travers.
- Repère qui ne trompe pas — au pied à coulisse, la cote se prend entre les axes des deux picots, jamais entre leurs bords. Mesurer de bord à bord donne une valeur fausse d’environ un millimètre.
- Sens de montage — les ouvertures de fil regardent l’extérieur de la carte. C’est ce qui permet de passer le tournevis une fois la carte en place dans son boîtier.
Identifier le pas en dix secondes
Le pas est la distance entre les axes des deux picots. Ce format de bornier existe dans deux familles qui se ressemblent au premier coup d’œil : 5,08 mm (le plus courant, soit deux dixièmes de pouce) et 3,5 mm (les modèles compacts). Comme la mesure se fait entre deux picots, on la lit mal sur une photo — mais elle se vérifie d’un geste :
- Piquez les deux picots dans une plaque d’essai au pas de 2,54 mm en laissant un trou libre entre eux. Si les deux picots descendent dans les trous, l’entraxe est de 5,08 mm : deux fois 2,54 mm.
- Si les picots ne tombent pas en face des trous, ou s’il faut les écarter pour les planter, il s’agit d’un modèle au pas de 3,5 mm.
- Au pied à coulisse, contrôlez la cote entre les axes : 5,08 mm ou 3,5 mm, sans valeur intermédiaire.
Dans les deux cas, la façon de câbler est identique : seule l’empreinte à percer sur la carte change. Si vous dessinez un circuit imprimé, faites la vérification avant de lancer la fabrication.
Compatibilité : quels fils, quelles cartes
| Fil souple (brins) | Jusqu’à environ 1,5 mm². Les brins doivent être torsadés ou étamés avant d’entrer dans la cage. |
|---|---|
| Fil rigide (un seul cuivre) | 0,75 mm² passe sans difficulté. Au-delà, la cage ne se referme plus franchement. |
| Fil trop fin | Un fil de moins de 0,2 mm² est mal serré : repliez-le en deux avant de le bloquer sous la vis. |
| Carte | Toute carte à trous métallisés ou à pastilles, y compris une plaque PCB à pastilles. Le bornier s’y soude comme n’importe quel composant traversant. |
| Alternative enfichable | Sur une carte où le connecteur doit se débrancher du circuit imprimé lui-même, le connecteur XH 2,54 mm remplit le même rôle avec un détrompeur. |
Souder le bornier sur la carte
L’ordre des opérations
- Présentez le bornier à blanc dans les deux trous, sans le souder. Vérifiez qu’il est bien à plat sur la carte et que les ouvertures de fil regardent le bord par lequel les fils arriveront.
- Soudez un seul picot, puis regardez le bornier de profil. S’il n’est pas d’aplomb, réchauffez ce picot et redressez : le faire une fois le second picot soudé est beaucoup plus pénible.
- Soudez le second picot et coupez les deux queues à ras de la pastille. Une queue trop longue peut toucher la piste voisine ou la carcasse du boîtier.
- Contrôlez au multimètre, en position continuité, entre le picot et la cage correspondante : le contact doit être franc, sans résistance résiduelle. C’est le seul contrôle qui vérifie la soudure plutôt que son aspect.
Le matériel habituel suffit : un fer à souder 40 W et un peu d’étain. Travaillez vite sur les picots : un fer laissé trop longtemps dessus ramollit le plastique et les logements de vis se déforment.
Ensuite, les fils
Dénudez environ 6 mm, glissez le cuivre sous la cage et serrez. Sur un fil souple, torsadez bien les brins, ou étamez l’extrémité et posez une gaine thermorétractable pour finir proprement. Des brins libres ne doivent jamais rester sous la vis.
Points d’attention : un serrage qui tient dans le temps
- Dénudez environ 6 mm, pas plus : du cuivre nu qui dépasse de l’autre côté de la cage crée un risque de court-circuit avec le pôle voisin.
- Serrez fermement, sans forcer. Le cuivre est mou : un serrage excessif écrase le fil et il finit par se desserrer.
- Tirez sur le fil après avoir serré. C’est le seul contrôle qui compte : si le fil sort en tirant doucement, il n’était pas pris.
- Resserrez après quelques semaines sur un montage qui vibre ou qui chauffe. C’est la particularité des connexions vissées, et c’est aussi ce qui les rend réparables.
- Ne coupez jamais le corps à la pince pour obtenir deux pôles isolés : la cloison centrale fait partie de l’isolement. Pour des pôles séparés, prenez deux borniers d’un pôle, ou un bornier à deux rangées.
- Pas de fil de forte section ni de secteur : l’usage reste la basse tension d’électronique.
Variante : trois pôles, quatre pôles, ou une plaque à bornes
Dès qu’il faut passer deux fils séparés, un moteur et son capteur, ou trois phases, on prend le même connecteur avec plus de pôles : le bornier à vis 3 broches et le bornier à vis 4 broches sont construits exactement sur le même principe, avec une vis et une cage par pôle. Pour un montage posé sur un Arduino Uno sans plaque d’essai, le bornier à vis pour shield UNO apporte déjà plusieurs rangées de vis alignées sur les broches de la carte, et le bornier pour shield MEGA fait de même sur la grande carte.
Questions fréquentes
Peut-on y raccorder du 230 V ?
Non. Ce bornier est un composant d’électronique basse tension, sans certification secteur, et les distances d’isolement entre pôles y sont trop courtes pour un réseau 230 V. Un raccordement au secteur se fait sur du matériel prévu pour cela, hors tension, et par une personne qualifiée.
Quelle section de fil accepte-t-il ?
Un fil souple de 0,5 mm² ou un fil rigide de 0,75 mm² passe sans difficulté dans la cage. Pour un fil plus épais, préférez une cosse ou un bornier de section supérieure : forcer un fil trop gros empêche la vis de bien appuyer sur les brins.
Les deux pôles sont-ils reliés entre eux ?
Non. Les deux pôles sont électriquement indépendants, séparés par une cloison de plastique : c’est un bornier de traversée, une vis par fil. Pour relier deux fils entre eux, il faut soit les serrer dans le même pôle, soit utiliser un domino ou un bornier à deux rangées.
Peut-on souder un fil directement sur les picots plutôt que d’utiliser la vis ?
C’est possible et c’est parfois plus solide sous forte vibration, mais on perd l’intérêt du bornier : la vis est là pour rendre le raccord démontable. Si vous soudez, faites-le côté picot, jamais dans la cage de serrage : un peu d’étain sur le filetage empêcherait la vis de tourner.
Faut-il un tournevis particulier ?
Un tournevis plat fin suffit. Les vis de ce format sont petites : un tournevis trop large abîme la fente, et un tournevis trop pointu n’a pas de prise. Un petit outil de coupe est utile en complément pour égaliser la longueur de dénudage des deux fils et couper les queues de picots.
Combien de borniers prévoir pour un montage ?
Deux suffisent dans la plupart des cas : un à l’entrée pour l’alimentation, un à la sortie pour la charge. On en ajoute un troisième dès qu’un capteur ou un interrupteur externe arrive sur le montage, et un de plus par carte que l’on veut pouvoir déposer sans tout débrancher.
À combiner avec
Le bornier se pose toujours au bout d’une chaîne : voici ce qui va avec lui selon le montage que vous réalisez.
- Pour câbler le reste de la carte — des câbles Dupont pour les liaisons entre le bornier et les broches, et une plaque d’essai 830 points pour monter la logique avant de souder quoi que ce soit.
- Pour alimenter proprement — une alimentation 5 V qui se visse directement dans le bornier, ou des cordons à pince pour les essais rapides sur une alimentation de laboratoire.
- Pour commander une charge — un module relais 5 V, qui associe ses propres bornes à vis côté charge et se raccorde à la carte côté commande.
- Pour partir de zéro — le KIT Starter Arduino Uno contient déjà la carte Uno R3, la plaque d’essai, les fils et les résistances : le bornier vient s’y ajouter pour rendre l’alimentation débranchable.










