Le bornier à vis 3 broches est un bloc de raccordement à trois pôles indépendants, monté sur un corps de plastique bleu, qui se soude sur un circuit imprimé par trois picots traversants. On y glisse un fil dénudé dans la cage métallique, on serre la vis, et le raccord tient sans soudure ni pince.
C’est le connecteur des liaisons à trois fils : l’alimentation, la masse et le signal d’un capteur, d’un servomoteur, d’une bande de LED ou d’une sonde déportée. Le jour où le module change ou où le montage déménage, on dévisse au lieu de dessouder — c’est ce que la vis apporte, et ce qu’un fil soudé ne sait pas faire.
Ce bornier ne se programme pas : il ne contient aucun composant actif. Ce qui compte pour l’acheter, c’est la section de fil qu’il accepte, l’empreinte qu’il occupe sur la carte et la façon de le souder — c’est l’objet de cette fiche.
À quoi sert un bornier à vis 3 broches ?
- Module trois fils — signal, alimentation et masse arrivent sur un seul bloc, sans nappe de fils volants : c’est exactement le format de la plupart des capteurs et des servomoteurs.
- Entrée d’alimentation repérable — réserver un pôle à chaque potentiel (par exemple +5 V, masse et commande) évite d’inverser les fils au rebranchement.
- Rayon d’action — sortir une sonde, un potentiomètre ou un contact de porte loin de la carte, sur un câble à trois conducteurs que l’on remplace seul.
- Bandeau lumineux — amener l’alimentation et le fil de commande d’une bande de LED, et pouvoir la débrancher pour l’installer.
- Prototype qui vieillit — figer sur une plaquette PCB les liaisons qui se desserraient sur une plaque d’essai, tout en gardant la possibilité de tout débrancher.
- Liaison série à trois fils — masse, émission et réception entre deux cartes, sur un raccord démontable.
Caractéristiques techniques
| Nombre de pôles | 3, électriquement indépendants, séparés par deux cloisons isolantes |
|---|---|
| Type de raccordement | Vis de serrage : une vis par pôle, qui presse le fil contre une cage métallique |
| Outil | Tournevis plat fin |
| Montage | À souder sur circuit imprimé, par trois picots traversants |
| Corps | Plastique moulé bleu, isolant chaque pôle de ses voisins |
| Vis et cage | Métal, vis à fente unique |
| Pas (entraxe de deux picots voisins) | 5,08 mm ou 3,5 mm selon le lot reçu — voir la méthode d’identification ci-dessous |
| Fil accepté | Fil souple à partir de 0,5 mm², fil rigide à partir de 0,75 mm² |
| Longueur de fil dénudé | Environ 6 mm |
| Usage prévu | Basse tension d’électronique — ce bornier n’est pas un bornier secteur |
| Contenu de la pièce | Le bornier monté : corps moulé d’une seule pièce, trois vis de serrage et trois picots. Ni fil, ni carte, ni tournevis. |
Encombrement et matière
Le corps est moulé d’une seule pièce : les trois logements de fil, les quatre cloisons qui les séparent et les trois passages de vis. Le plastique est le même sur toute la longueur, et c’est lui qui assure l’isolement entre pôles — d’où l’importance de ne pas l’entamer au fer à souder.
- Longueur du corps — elle suit le pas : un peu plus de 15 mm pour un modèle au pas de 5,08 mm, environ 11 mm pour un modèle au pas de 3,5 mm. C’est la seule dimension à relever avant de dessiner une empreinte sur une carte.
- Empreinte sur la carte — trois trous alignés, espacés exactement du pas. Les picots sont rectangulaires : percez au diamètre du picot plus une marge de perçage habituelle, sinon le bornier s’enfonce de travers.
- Repère qui ne trompe pas — au pied à coulisse, la cote se prend entre les axes des picots, jamais entre leurs bords. Mesurer de bord à bord donne une valeur fausse d’environ un millimètre, et une empreinte à refaire.
- Sens de montage — les ouvertures de fil regardent l’extérieur de la carte. C’est ce qui permet de passer le tournevis une fois la carte en place dans son boîtier.
Identifier le pas en dix secondes
Le pas est la distance entre les axes de deux picots voisins. Ce format de bornier existe dans deux familles qui se ressemblent au premier coup d’œil : 5,08 mm (le plus courant, soit deux dixièmes de pouce) et 3,5 mm (les modèles compacts). Comme la mesure se fait entre deux picots, on la lit mal sur une photo — mais elle se vérifie d’un geste :
- Piquez deux picots voisins dans une plaque d’essai au pas de 2,54 mm en laissant un trou libre entre eux. Si les picots descendent droit dans les trous, l’entraxe est de 5,08 mm : deux fois 2,54 mm.
- Si les picots ne tombent pas en face des trous, ou s’il faut les écarter pour les planter, il s’agit d’un modèle au pas de 3,5 mm.
- Au pied à coulisse, contrôlez la cote entre les axes : 5,08 mm ou 3,5 mm, sans valeur intermédiaire.
Dans les deux cas, la façon de câbler est identique : seule l’empreinte à percer sur la carte change. Si vous dessinez un circuit imprimé, faites la vérification avant de lancer la fabrication.
Compatibilité : quels fils, quelles cartes
| Fil souple (brins) | Jusqu’à environ 1,5 mm². Les brins doivent être torsadés ou étamés avant d’entrer dans la cage. |
|---|---|
| Fil rigide (un seul cuivre) | 0,75 mm² passe sans difficulté. Au-delà, la cage ne se referme plus franchement. |
| Fil trop fin | Un fil de moins de 0,2 mm² est mal serré : repliez-le en deux avant de le bloquer sous la vis. |
| Carte | Toute carte à trous métallisés ou à pastilles, y compris une plaque PCB à pastilles. Le bornier s’y soude comme n’importe quel composant traversant. |
| Câble à trois conducteurs | Un câble souple de trois fils distincts, ou trois fils séparés. Une nappe soudée d’un seul tenant ne se serre pas pôle par pôle. |
| Alternative enfichable | Sur une carte où le connecteur doit lui-même se débrancher du circuit imprimé, le connecteur XH 2,54 mm remplit le même rôle avec un détrompeur. |
Souder le bornier sur la carte
L’ordre des opérations
- Présentez le bornier à blanc dans les trois trous, sans le souder. Vérifiez qu’il repose bien à plat et que les ouvertures de fil regardent le bord par lequel les fils arriveront.
- Soudez un seul picot, celui du milieu, puis regardez le bornier de profil. S’il n’est pas d’aplomb, réchauffez ce picot et redressez : le faire une fois les trois picots soudés est beaucoup plus pénible.
- Soudez les deux autres picots et coupez les queues à ras de la pastille. Une queue trop longue peut toucher la piste voisine ou la carcasse du boîtier.
- Contrôlez au multimètre, en position continuité, entre chaque picot et la cage qui lui correspond : le contact doit être franc, sans résistance résiduelle. C’est le seul contrôle qui vérifie la soudure plutôt que son aspect.
Le matériel habituel suffit : un fer à souder 40 W et un peu d’étain. Travaillez vite sur chaque picot : un fer laissé trop longtemps dessus ramollit le plastique et les logements de vis se déforment — sur un bornier à trois pôles, les picots du milieu chauffent plus près du corps que ceux des extrémités.
Ensuite, les fils
Dénudez environ 6 mm, glissez le cuivre sous la cage et serrez. Sur un fil souple, torsadez bien les brins, ou étamez l’extrémité et posez une gaine thermorétractable pour finir proprement. Des brins libres ne doivent jamais rester sous la vis.
Trois pôles : quel fil sur quel pôle
Un bornier à trois pôles n’est pas un connecteur normalisé : aucun ordre de fils n’est imposé par le plastique. C’est vous qui décidez, et la seule règle à tenir est de garder le même ordre partout — à l’entrée comme à la sortie, et d’un montage à l’autre.
| Pôle 1 | Signal ou commande — chez la plupart des modules à trois fils, c’est le fil orange ou jaune |
|---|---|
| Pôle 2 | Alimentation positive, par exemple +5 V — fil rouge sur les servomoteurs |
| Pôle 3 | Masse, le point commun du montage — fil marron ou noir |
Trois exemples de modules qui partagent ce brochage : le capteur de mouvement PIR, le servomoteur SG90, et un potentiomètre 10 kΩ utilisé en diviseur de tension. Marquez les fils au premier câblage : une gaine de couleur différente par fonction, ou une étiquette numérotée. Le brochage reste alors relisible après un débranchement, et une inversion d’alimentation cesse d’être possible.
Points d’attention : un serrage qui tient dans le temps
- Dénudez environ 6 mm, pas plus : du cuivre nu qui dépasse de l’autre côté de la cage crée un risque de court-circuit avec le pôle voisin.
- Serrez fermement, sans forcer. Le cuivre est mou : un serrage excessif écrase le fil et il finit par se desserrer.
- Tirez sur chaque fil après avoir serré. C’est le seul contrôle qui compte : si le fil sort en tirant doucement, il n’était pas pris.
- Resserrez après quelques semaines sur un montage qui vibre ou qui chauffe. C’est la particularité des connexions vissées, et c’est aussi ce qui les rend réparables.
- Ne coupez jamais le corps à la pince pour séparer les pôles : les cloisons font partie de l’isolement. Pour des pôles indépendants, prenez des borniers d’un ou deux pôles.
- Pas de fil de forte section ni de secteur : l’usage reste la basse tension d’électronique.
Variante : deux pôles, quatre pôles, ou une plaque à bornes
Dès qu’il faut passer un fil de plus, on prend le même connecteur avec un autre nombre de pôles : le bornier à vis 2 broches pour une simple alimentation, et le bornier à vis 4 broches pour un moteur pas à pas bipolaire, un capteur à quatre fils ou une liaison série. Le principe est identique : une cage et une vis par pôle. Deux borniers à trois pôles soudés côte à côte donnent aussi une rangée de six pôles, à condition d’aligner les picots sur la même ligne droite avant de souder. Pour un montage posé sur un Arduino Uno sans plaque d’essai, le bornier à vis pour shield UNO apporte déjà plusieurs rangées de vis alignées sur les broches de la carte, et le bornier pour shield MEGA fait de même sur la grande carte.
Questions fréquentes
Peut-on y raccorder du 230 V ?
Non. Ce bornier est un composant d’électronique basse tension, sans certification secteur, et les distances d’isolement entre pôles y sont trop courtes pour un réseau 230 V. Un raccordement au secteur se fait sur du matériel prévu pour cela, hors tension, et par une personne qualifiée.
Les trois pôles sont-ils reliés entre eux ?
Non. Chaque pôle est électriquement indépendant, séparé de ses voisins par une cloison de plastique : c’est un bornier de traversée, une vis par fil. Pour relier trois fils ensemble, il faut les serrer dans le même pôle ou passer à un bornier à deux rangées.
Peut-on réunir deux borniers pour faire six pôles ?
Oui, en les soudant côte à côte : les corps de cette famille sont conçus pour s’aligner, et c’est ainsi que l’on fabrique une rangée de six ou neuf pôles. Alignez les picots sur une même ligne droite avant de souder, sinon les deux blocs ne se touchent pas correctement et le plastique chauffe au serrage.
Le fil doit-il être étamé avant d’être serré ?
Ce n’est pas obligatoire, mais c’est un bon réflexe sur un fil souple et sur un montage qui bouge : l’étain retient les brins et le serrage appuie sur une surface régulière. Sur un fil rigide, le serrage direct est préférable — l’étain s’écrase dans le temps et la vis perd son appui.
Faut-il un tournevis particulier ?
Un tournevis plat fin suffit. Les vis de ce format sont petites : un tournevis trop large abîme la fente, et un tournevis trop pointu n’a pas de prise. Une pince coupante de précision est utile en complément, pour égaliser la longueur de dénudage des trois fils et couper les queues de picots.
Combien de borniers prévoir pour un montage ?
Un seul suffit pour un module à trois fils et son alimentation. On en ajoute un second dès qu’il y a une charge à commander en plus de la commande, et un de plus par élément que l’on veut pouvoir déposer sans dessouder quoi que ce soit. Prévoir large coûte moins cher que de redémonter une carte.
À combiner avec
Le bornier se pose au bout d’une chaîne : voici ce qui va avec lui selon le montage que vous réalisez.
- Pour câbler le reste de la carte — des câbles Dupont pour les liaisons entre le bornier et les broches, et une plaque d’essai 830 points pour monter la logique avant de souder quoi que ce soit.
- Pour alimenter proprement — une alimentation 5 V qui se visse directement dans le bornier, ou des cordons à pince pour les essais rapides sur une alimentation de laboratoire.
- Pour commander une charge — un module relais 5 V, qui associe ses propres bornes à vis côté charge et se raccorde à la carte côté commande.
- Pour partir de zéro — le KIT Starter Arduino Uno contient déjà la carte Uno R3, la plaque d’essai, les fils et les résistances : le bornier vient s’y ajouter pour rendre les liaisons à trois fils débranchables.










