La plaque à trous double face 4 × 6 cm est le format compact de la gamme : 40 mm de large tiennent dans la paume et 60 mm de long suffisent à aligner un petit montage terminé. Sa surface porte 280 pastilles — 20 colonnes sur 14 rangées — au pas de 2,54 mm, celui des boîtiers DIP, des barrettes de broches et des borniers du catalogue.
C’est un support de soudure, pas un circuit : la plaque ne contient aucun composant et ne se programme pas. Elle sert à rendre définitif ce qui fonctionnait déjà sur une plaque d’essai — le montage passe de contacts enfichables à des soudures, ne bouge plus et se range dans un boîtier.
Ce pour quoi ce format convient
- Un capteur et son étage de sortie. Un capteur dont les pattes sont espacées de deux ou trois pas, sa résistance de charge et un bornier de raccord occupent moins d’une rangée sur les vingt colonnes : il reste toute la plaque pour la suite du circuit.
- Un petit module autonome. Une carte Pro Mini mesure 33 mm sur 18 mm : couchée sur la plaque, elle occupe 13 des 20 colonnes et 7 des 14 rangées, et ses deux rangées de pattes tombent exactement sur la grille.
- Un adaptateur. Quelques barrettes soudées transforment un module ou un connecteur en pièce montable, à clipper et déclipper à volonté, sans jamais toucher aux soudures d’origine.
- Un montage fixé. Les quatre trous des angles reçoivent des vis ou des entretoises : la plaque se visse sur un fond, sous un capot ou dans un boîtier, et ne se déforme plus.
- Un montage recoupé. Sur 40 mm de large, une bande se recoupe à la scie pour loger une plaque exactement à la place disponible.
Caractéristiques techniques
| Type | Plaque de prototypage universelle à trous, double face (perfboard) |
|---|---|
| Dimensions | 40 × 60 mm (4 × 6 cm) |
| Matière | Fibre de verre époxy FR-4, vernis épargne vert, pastilles étamées |
| Épaisseur | 1,6 mm |
| Pas des trous | 2,54 mm (0,1 pouce) sur les deux axes |
| Nombre de pastilles | 280 : une matrice de 20 colonnes sur 14 rangées |
| Diamètre des trous | Environ 1 mm, traversant les deux faces |
| Métallisation | Trous métallisés (PTH) : la pastille du dessus et celle du dessous sont reliées par le barillet métallique du trou |
| Liaisons entre pastilles | Aucune : chaque pastille est indépendante, les liaisons se font à la soudure |
| Fixation | Quatre trous non métallisés aux angles, pour vis ou entretoises |
| Étendue de la matrice | 48,3 × 33,0 mm : 19 pas dans la longueur, 13 dans la largeur, le reste étant la marge des bords et des trous de fixation |
Ce que contient la commande
La plaque seule, telle que photographiée. Ni étain, ni fer à souder, ni fil de liaison, ni composant : les tableaux de cette page indiquent ce qui vient autour.
Se repérer sur la grille
20 colonnes sur 14 rangées
Les 280 pastilles forment une grille régulière. Dans la longueur on compte 20 pastilles, dans la largeur 14. Les deux pastilles extrêmes d’une colonne sont à 19 pas l’une de l’autre, soit 48,26 mm, et celles d’une rangée à 13 pas, soit 33,02 mm. Ce sont ces deux mesures — et non les 60 × 40 mm du contour — qui décident de ce qui peut se souder : une barrette de 20 broches occupe exactement la matrice dans la longueur, jamais le contour de la plaque.
Aucune pastille n’est reliée à sa voisine
La différence avec une plaque d’essai est totale : sur une breadboard, cinq trous d’une rangée forment un même point électrique, alors qu’ici chaque pastille est isolée. La plaque ne conduit rien par elle-même. Une masse commune se construit donc à la main, avec un fil de cuivre nu ou un fil isolé qui court le long d’un bord et relie les pastilles concernées, ou par de courts ponts d’étain entre voisines pour les liaisons les plus courtes. C’est ce qui oblige à dessiner le trajet du circuit avant la première soudure.
Les deux faces portent les mêmes pastilles
Le barillet du trou étant métallisé, la pastille du dessus et celle du dessous ne font qu’un seul point. Deux conséquences pratiques : une soudure suffit, l’étain remonte seul par le trou sans qu’il faille retourner la plaque ; et la face inférieure devient une zone de câblage à part entière, où courent les fils de liaison pendant que les composants restent en façade. Les croisements disparaissent sans qu’aucun fil ne passe par-dessus le montage.
Premier montage : un adaptateur de mesure de tension
Deux résistances soudées côte à côte suffisent à fabriquer un pont diviseur permanent : on y présente une tension continue et on en ressort la moitié, à un niveau qu’une entrée analogique de carte accepte sans risque. Le montage tient sur une rangée, s’oublie une fois soudé, et remplace le trio de fils qui se débranchait à chaque déplacement. Aucun programme n’est nécessaire : c’est un morceau de circuit, que la carte lira avec le programme qu’elle exécute déjà.
Ce qu’il faut
| La plaque | Celle de cette page |
|---|---|
| Le diviseur | Deux résistances 1/4 W de 10 kΩ : deux valeurs égales donnent une division par deux, quelle que soit la précision exacte de chacune |
| Les raccords | Deux borniers à vis 2 broches : un à l’entrée pour la tension à mesurer, un à la sortie vers l’entrée analogique de la carte |
| La soudure | Fer à souder 40W et étain de 0,8 à 1 mm |
| Les outils | Pince coupante pour les pattes, multimètre DT9205 pour les contrôles et la mesure finale |
| Facultatif | Un condensateur de 100 nF, si la tension mesurée est bruitée ou arrive par un long fil |
| La solution prête à l’emploi | Le module capteur de tension B25 remplit la même fonction, déjà soudé et calibré pour 25 V : à préférer quand on ne veut souder ni mesurer de résistance |
Le principe, en deux lignes
La tension d’entrée traverse les deux résistances mises bout à bout. Le point où elles se rejoignent se trouve exactement à la moitié de la tension d’entrée, puisque les deux résistances sont égales. On peut donc présenter jusqu’à 10 V à une entrée analogique de carte 5 V, et jusqu’à 6,6 V à une carte alimentée en 3,3 V, sans jamais dépasser ce que la carte supporte. Sous 10 V, le pont ne consomme que 0,5 mA : il ne décharge pas la source qu’il surveille.
Le câblage, pastille par pastille
On travaille sur une rangée, pastilles numérotées de 1 à 20 depuis une extrémité du grand côté. Les deux premiers chiffres donnent l’écart en pas : les pattes d’une résistance 1/4 W s’écartent naturellement de trois pas, soit 7,6 mm.
| Pastilles 1 et 3 | Bornier d’entrée : la masse sur la pastille 1, la tension à mesurer sur la pastille 3. La pastille 2 reste libre, les deux vis d’un bornier étant à deux pas d’écart |
|---|---|
| Première résistance | Entre les pastilles 3 et 6 : c’est la branche haute du diviseur, celle qui reçoit la tension d’entrée |
| Pastille 6 | Le nœud du diviseur — le point de mesure — et rien d’autre pour l’instant |
| Seconde résistance | Entre les pastilles 6 et 9 : la branche basse, celle qui referme le pont sur la masse |
| Pastilles 12 et 14 | Bornier de sortie : la mesure sur la pastille 12, la masse sur la pastille 14 |
| Le fil de mesure | Un fil court entre la pastille 6 et la pastille 12 : il amène la moitié de la tension à l’entrée analogique |
| La masse | Un fil de cuivre nu le long du bord relie la pastille 1, la pastille 9 et la pastille 14 : c’est le rail de masse du montage |
| Le condensateur | S’il est monté, entre la pastille 6 et la pastille 9, au plus près des résistances |
Les contrôles au multimètre, avant de brancher
- Les deux résistances. En position ohmmètre : environ 10 kΩ entre les pastilles 3 et 6, autant entre 6 et 9, et le double entre 3 et 9. Une valeur très basse sur l’une des deux branches signale un pont d’étain involontaire.
- Pas de court-circuit. Entre la pastille 1 (masse) et la pastille 3 (entrée), l’ohmmètre doit rester sur l’infini. C’est le seul défaut qui mettrait la source en court-circuit.
- Le rail de masse. En continuité, les pastilles 1, 9 et 14 doivent sonner ensemble : c’est le point que l’on oublie de relier, et sans lui la mesure ne veut rien dire.
- La sortie. Continuité entre 12 et 6, puis entre 14 et 9.
- La mesure sur une tension connue. Avec une pile 9 V à l’entrée, l’ohmmètre rangé et le multimètre en position voltmètre, la sortie doit afficher la moitié de ce qu’affiche l’entrée : 4,5 V pour 9 V. C’est le contrôle qui valide tout le montage en une lecture.
Si la mesure ne tombe pas juste
- La sortie affiche la tension d’entrée. Une des deux résistances est manquante, dessoudée ou court-circuitée par un pont d’étain. Le fil de mesure part-il bien de la pastille 6, et non de la pastille 3 ?
- La sortie reste à zéro. La branche basse ne rejoint pas la masse, ou une patte de bornier n’a pas été soudée sur les deux faces et ne touche que le vernis.
- La lecture saute d’un chiffre à l’autre. Le pont est un montage à haute impédance : un fil long et un condensateur de 100 nF entre la pastille 6 et la masse suffisent généralement à la stabiliser.
- La sortie affiche la moitié, mais pas la tension attendue. Le diviseur est juste : c’est la source qui donne autre chose, ou le multimètre qui a été laissé en position ampèremètre lors du contrôle précédent.
Compatibilité
Avec les barrettes de broches
Une rangée de 40 pins 2,54 mm mâle se recoupe à la longueur voulue et se soude sur la plaque : le montage reçoit alors un connecteur au pas standard, sur lequel un module vient se clipper. Une plaque qui s’ouvre et se referme sans fer à souder.
Avec les supports de circuit intégré
Pour un circuit intégré, on soude un support 14 pins plutôt que le boîtier : le composant se remplace sans toucher à la plaque. Le support se loge sur deux rangées de pastilles, et 14 pins occupent 7 colonnes sur les 20 disponibles.
Avec les borniers à vis
Un bornier à vis 4 broches soudé sur un bord donne quatre raccords où l’on visse un fil sans fer à souder. Ses quatre pôles occupent six pastilles, et ses vis sont espacées de deux pas, comme les autres borniers du catalogue.
Avec une carte Pro Mini
La carte Pro Mini est le format qui épouse le mieux cette plaque : ses 33 mm de long occupent 13 des 20 colonnes, ses deux rangées de pattes sont espacées de 15,24 mm — six pas, soit 7 des 14 rangées — et ses deux rangées de 12 trous tombent sur la grille sans câblage croisé. Il reste une bande libre pour un bornier et les composants de l’étage de sortie : la carte de développement devient un module soudé, autonome et fixé.
Variantes : la même plaque en d’autres formats
Le catalogue porte toute la famille, même pas de 2,54 mm et même construction double face : la plaque 2 × 8 cm pour ce qui est long et étroit, la 3 × 7 cm pour un boîtier de dérivation, la 5 × 7 cm pour un montage plus large, la 7 × 9 cm pour une carte et ses périphériques, la 8 × 12 cm pour un montage complet, et la plaque PCB simple face 10 × 15 cm quand le montage devient un châssis. Tant que rien n’est encore soudé, tout se monte sur une plaque d’essai 830 points : on ne recopie sur la plaque à trous que ce qui fonctionne.
Points d’attention
- Ne pas insister avec le fer. Une pastille chauffée plus de trois ou quatre secondes se décolle du support. Entre 300 et 350 °C, souder vite et laisser refroidir entre deux points.
- Une seule face suffit à souder. Le trou étant métallisé, l’étain remonte par le barillet : souder la pastille des deux côtés ne fait que la chauffer une fois de trop.
- Recouper la plaque à la scie à métaux, puis limer la tranche. Recouper après avoir soudé fragilise les pastilles situées près de la coupe, et fait perdre les trous de fixation de ce côté.
- Une intensité élevée ne passe pas par la plaque. Les pastilles sont fines : un moteur, un relais ou une bande de LED s’alimente directement depuis la source, seuls la masse et le signal passent par la grille.
- Dessiner le schéma sur papier avant de souder, avec la position des composants et le trajet des fils : une erreur de rangée se retrouve ensuite enterrée sous six soudures.
- Un fond métallique impose des entretoises : les pastilles de la face inférieure ne doivent rien toucher.
Questions fréquentes
Combien de pastilles sur un format de 4 × 6 cm ?
280, réparties en 20 colonnes et 14 rangées. Le grand côté porte les 20 colonnes, le petit côté les 14 rangées, et les trous des angles, plus larges, ne font pas partie de la matrice.
Que peut-on souder au pas de 2,54 mm ?
Tout ce qui est traversant au pas standard : les boîtiers DIP jusqu’à 16 broches, les barrettes de broches mâles et femelles, les borniers à vis, les supports de circuit intégré, les modules alvéolés et les cartes de développement. Un composant dont les pattes sont plus espacées — un bornier de forte puissance — se raccorde par un fil plutôt que directement sur la grille.
Comment répartir les masses sur une plaque qui ne relie rien ?
Par un rail : un fil de cuivre nu ou un fil isolé dénudé aux bons endroits, qui court le long d’un bord et relie toutes les pastilles de masse prévues. Sur cette plaque double face, le rail se pose sur la face opposée aux composants, ce qui laisse la face visible dégagée. Quelques ponts d’étain entre pastilles voisines remplacent le fil pour les liaisons très courtes, à condition de rester dans le même voisinage.
Peut-on recouper la plaque ?
Oui, à la scie à métaux, puis à la lime. La grille se découpe au pas de 2,54 mm, donc la bande obtenue garde un nombre entier de colonnes. Les pastilles proches de la coupe sont les plus fragiles : il vaut mieux couper avant de souder.
Quelle taille de patte le trou accepte-t-il ?
Le trou mesure environ 1 mm : les pattes des composants traversants courants — de 0,5 à 0,8 mm — et les broches carrées des barrettes au pas de 2,54 mm passent sans forcer. Une patte plus épaisse s’installe en agrandissant le trou à la mèche, au risque de décoller la pastille.
À combiner avec
Pour corriger une soudure, la pompe à dessouder complète le fer et l’étain. Pour relier la plaque à un module sans rien souder à chaque essai, une réserve de câbles Dupont rend le montage mobile. Une fois terminé, un boîtier rail DIN 145 mm referme le tout pour une armoire électrique. Les barrettes, borniers, fils de liaison et composants passifs qui servent sur cette plaque sont réunis dans la catégorie prototypage.










