Le RT809F est un programmateur universel de mémoires : relié à un ordinateur par USB, il lit et écrit aussi bien une EEPROM 24Cxx qu’une flash SPI 25xx, une flash NOR en boîtier TSOP48 ou une mémoire NAND. Le boîtier porte un support ZIF à levier sur le dessus : la puce s’y pose sans soudure, le logiciel l’identifie toute seule, et son contenu se sauvegarde ou se réécrit en quelques secondes. C’est l’outil d’un atelier qui répare des téléviseurs, des moniteurs ou des cartes mères : sauvegarder la mémoire d’origine avant d’y toucher, réécrire un fichier de sauvegarde, ou remettre en route une carte dont le micrologiciel a été effacé.
Il travaille aussi directement sur la carte, sans dessouder la puce : le port « VGA ISP » et la prise HDMI atteignent la mémoire par la connectique déjà présente, et la voie série suit les messages imprimés par le processeur pendant le démarrage. Quand rien n’est branché sur l’entrée « VGA IN », le programmateur génère lui-même un signal VGA : il sert alors de générateur de test pour un écran dont on ne sait pas encore s’il est en cause.
Caractéristiques techniques
| Modèle | RT809F, programmateur série ISP universel, boîtier sérigraphié « RT809F Serial ISP Programmer » |
|---|---|
| Liaison avec l’ordinateur | Port USB 2.0 haut débit, pilote fourni avec le logiciel, aucune alimentation externe |
| Débit de lecture et d’écriture | Jusqu’à 25 Mo/s sur le port USB |
| Mémoires hors circuit | EEPROM 24Cxx, flash SPI des séries 24, 25, 93 et 95, flash NOR et PROM des séries 26, 27, 28, 29, 30, 39, 49 et 50 |
| Mémoires NAND | Boîtiers TSOP48 et BGA, avec identification automatique des paramètres avant lecture |
| Écriture sur carte | Port « VGA ISP », prise HDMI, bus I2C et voie série ; couvre la plupart des châssis d’écran et les puces EC des cartes mères d’ordinateurs portables |
| Fonction annexe | Générateur de signal VGA lorsque aucune source n’est reliée à l’entrée « VGA IN » |
| Support de la puce | Support ZIF à levier sur le dessus, plus les cartes adaptatrices pour les boîtiers SOP et QSOP |
| Puces de 32 broches et plus | Demandent la carte d’extension PEB-1 en complément |
| Logiciel | Fonctionne sous Windows XP, Vista, 7, 8 et 10 ; le pilote USB s’installe avec le logiciel |
| Alimentation | Par le port USB, sans bloc secteur |
Les ports de la face avant, et ce qui passe par chacun
- USB — la liaison avec l’ordinateur. À brancher sur un port de la machine plutôt que sur un concentrateur, l’alimentation du programmateur passant par le même câble.
- VGA ISP — la sortie vers la carte à réparer, sur sa prise VGA. C’est par là que passe l’écriture sur la puce restée en place.
- VGA IN — l’entrée d’un signal VGA venu d’un ordinateur. Au repos, c’est le programmateur qui alimente la sortie avec son propre signal de test.
- HDMI — la seconde voie d’accès à la carte, par sa prise HDMI, avec les lignes de dialogue ramenées sur le connecteur.
- Status — la diode d’état, qui signale un programmateur alimenté et reconnu par le logiciel.
- Support ZIF — le levier se relève, la puce se pose, le levier se rabat. Aucune soudure, et aucun effort à forcer sur la mécanique.
Lire et écrire une puce hors circuit
La puce est extraite de la carte quand elle est soudée, ou simplement retirée de son support quand elle est sur support. Elle se pose ensuite sur le support ZIF, dans le bon sens : le repère du boîtier, un point ou une encoche, marque la broche numéro un, et le logiciel indique la position attendue pour chaque famille. Une fois le levier rabattu, l’ouverture du logiciel et l’identification automatique donnent la référence exacte de la puce et sa capacité.
La lecture écrit le contenu complet de la mémoire dans un fichier sur l’ordinateur, généralement avec l’extension .bin. L’écriture fait le chemin inverse : on choisit le fichier, on lance l’écriture, puis on relit la puce pour comparer le contenu obtenu avec le fichier d’origine. Cette dernière vérification n’est pas une formalité : une écriture interrompue ou un contact douteux dans le support ZIF donnent une mémoire à moitié écrite, ce qui se voit au redémarrage de l’appareil et jamais avant.
Trois opérations courantes, pas à pas
Sauvegarder la mémoire d’une carte avant d’y toucher
C’est la première chose à faire, avant toute réparation et avant même de diagnostiquer. La puce est lue hors circuit au support ZIF, ou atteinte sur la carte par la prise VGA si la mémoire ne se dessoude pas facilement. Le fichier obtenu est nommé avec la référence de l’appareil et du modèle de carte, puis conservé : c’est lui qui permet de revenir à l’état initial si une écriture se passe mal. Un fichier de sauvegarde trouvé sur un forum ne correspond jamais exactement à la carte posée sur l’établi, même quand la référence de l’appareil est la même.
Réécrire un fichier dans une flash SPI de la série 25
Puce posée sur le support ZIF ou sur sa carte adaptatrice, identification automatique lancée, puis lecture de la référence et de la capacité. On charge ensuite le fichier à écrire, on lance l’écriture, et on attend la fin de l’opération sans débrancher le câble USB. La relecture qui suit, comparée au fichier d’origine, confirme que les deux contenus sont identiques. Si la comparaison signale une différence, il faut d’abord regarder la position de la puce dans le support et la propreté des broches avant de recommencer.
Atteindre la puce directement sur la carte
La carte est mise hors tension, la prise VGA du programmateur rejoint celle de la carte, et l’alimentation n’est rétablie que lorsque le logiciel le demande : l’entrée en mode programmation dépend du moment où la carte démarre. Le type et la famille de châssis se choisissent dans le logiciel, d’après la référence écrite sur la carte elle-même, à côté de la prise, et non d’après le seul nom de l’appareil. Certaines cartes demandent de couper puis de rebrancher l’alimentation pour laisser passer le signal d’entrée, et affichent à l’écran les messages de la voie série : ceux-ci disent si la carte démarre, ce qui est déjà une information de diagnostic avant toute écriture.
- Sauvegarder avant d’écrire, toujours, et garder le fichier sur deux supports distincts plutôt que sur le seul disque de l’atelier.
- Alimenter la puce à sa tension : une mémoire en 1,8 V demande la carte adaptatrice correspondante, et une tension trop élevée peut la détruire.
- Relire après avoir écrit pour comparer les deux contenus, plutôt que de se fier au message de fin d’opération.
Points d’attention
- Ne jamais forcer le levier du support ZIF. Si la puce ne descend pas à fond, elle est mal orientée ou décalée d’une broche : la retirer et la reposer, sous peine de plier une broche ou d’abîmer le support.
- Respecter le repère de la broche numéro un. Une puce posée à l’envers ne donne aucune lecture exploitable, et une écriture dans ce sens peut se solder par une mémoire effacée.
- Ne pas débrancher le câble USB pendant une écriture, ni fermer le logiciel : le contenu s’arrête alors en cours de route.
- Mettre la carte hors tension avant de la relier au port VGA ISP, puis suivre ce que le logiciel demande pour l’entrée en mode programmation.
- Ne pas réutiliser une sauvegarde d’une autre révision de carte : le contenu de la mémoire est lié au modèle et à la version de la carte, parfois aussi à la dalle qui l’équipe.
- Éviter les concentrateurs USB pour l’alimentation, qui font échouer certaines écritures de façon intermittente.
Questions fréquentes
Quelle différence avec le RT809H ?
Les deux appareils se pilotent par USB et couvrent les EEPROM, les flash SPI et les cartes d’écran. Le RT809H va plus loin du côté des mémoires de grande capacité : il prend en charge les mémoires eMMC et EMCP, y compris la lecture et l’écriture des zones de démarrage et des zones utilisateur, là où le RT809F s’arrête aux EEPROM, aux flash SPI et NOR et aux NAND. Le choix se fait donc sur les appareils à réparer, pas sur l’usage courant : pour une télévision, un moniteur ou une carte mère classique, le RT809F suffit.
Faut-il une alimentation externe ?
Non. Le programmateur se contente du port USB, ce qui simplifie l’installation : un seul câble relie l’appareil et l’ordinateur, et le pilote s’installe avec le logiciel. C’est aussi la raison pour laquelle un concentrateur USB mal alimenté peut faire échouer une écriture.
Puis-je écrire dans une puce restée soudée sur la carte ?
Oui, quand le châssis ou la famille de la carte figure parmi ceux pris en charge, et c’est justement l’intérêt du port VGA ISP. Dans le cas contraire, il faut dessouder la mémoire. Le travail se fait alors avec un fer à souder à température réglable et une pompe à dessouder pour libérer les pastilles, puis la puce se remet en place ou se replace dans un support, ce qui simplifie les interventions suivantes.
Et une mémoire de 32 broches ou plus ?
Elle ne se pose pas directement dans le support du programmateur : il faut la carte d’extension PEB-1, qui reçoit les boîtiers larges et se raccorde au support ZIF. Les boîtiers TSOP48 et BGA passent par les cartes adaptatrices fournies ou complémentaires, avec une identification automatique des paramètres avant lecture.
Le programmateur lit-il une clé USB ou une carte mémoire ?
Non, ce n’est pas un lecteur de supports amovibles : il dialogue avec les puces de mémoire soudées sur les cartes et avec celles posées dans son support. Un appareil qui a besoin de son propre support de stockage n’a rien à faire ici, et une clé USB ne se lit pas par le port VGA ISP.
Pourquoi le logiciel ne voit-il pas le programmateur ?
Dans l’ordre : le pilote USB doit être installé, ce qui se fait avec le logiciel, puis le programmateur doit apparaître dans la liste des ports de la machine. Un câble USB de mauvaise qualité, un concentrateur partagé ou un port en façade mal alimenté expliquent la plupart des cas. Si l’appareil reste introuvable alors que le pilote est bien installé, le logiciel propose de réinstaller son micrologiciel interne, à tenter avant de conclure à une panne.
À combiner avec
Le RT809F s’occupe des mémoires, pas des microcontrôleurs à programmer : pour un ATmega ou un ATtiny posé sur une plaque ou dans un montage, c’est le programmateur USBasp AVR qu’il faut, avec sa nappe à six broches. Pour suivre ce qui se passe sur une carte pendant son démarrage, un convertisseur USB vers TTL ouvre la voie série dans un terminal de l’ordinateur, en complément de la fonction d’impression déjà présente dans le logiciel du programmateur. Et comme une puce extraite se remet en place après réparation, un rouleau d’étain à souder évite de s’arrêter au milieu du remontage.









