Le moteur réducteur DC est la partie motrice des petits robots roulants : un moteur à balais dont l’arbre entre dans un réducteur à engrenages logé dans un boîtier plastique jaune. Le réducteur échange de la vitesse contre du couple, et c’est ce qui permet à une roue de démarrer sans patiner. Ici le moteur est vendu seul, sans roue : c’est la pièce à reprendre lorsqu’un moteur est usé, ou à assembler avec les roues quand le châssis du robot est déjà monté.
Deux fils suffisent à le faire tourner, et l’ordre de ces deux fils décide du sens de rotation. Une précaution commande tout le reste du montage : ce moteur appelle bien plus de courant qu’une sortie de microcontrôleur n’en fournit, il ne se branche donc jamais directement sur une broche de la carte.
Ce qui est fourni
| Le moteur réducteur | Moteur à courant continu à balais — corps métallique et capuchon arrière noir — emmanché dans un réducteur à engrenages en boîtier plastique jaune. C’est le format dit « TT », celui des châssis deux roues et quatre roues. |
|---|---|
| L’axe de sortie | Un seul axe, qui sort d’un côté du boîtier, avec un méplat d’entraînement : c’est lui qui transmet le mouvement à la roue, emmanchée à la main jusqu’en butée. |
| Les connexions | Deux plots plats percés d’un œilleton, à l’arrière du moteur, prévus pour être soudés. Aucun fil, aucun connecteur, aucun détrompeur : le sens de rotation dépend uniquement de l’ordre des deux fils. |
| Ce qui n’est pas fourni | Ni roue, ni vis, ni support de fixation, ni fil d’alimentation. Quatre articles distincts, à choisir selon le montage. |
Caractéristiques techniques
| Type | Moteur à courant continu à balais, avec réducteur à engrenages plastiques en boîtier fermé |
|---|---|
| Alimentation | 3 à 6 V continus : c’est la plage d’usage de cette famille de moteurs, et la vitesse augmente avec la tension appliquée |
| Consommation | Quelques centaines de milliampères en marche à vide, et plusieurs ampères lorsque l’axe est retenu ou bloqué |
| Réduction | Le boîtier ne porte aucun marquage, et plusieurs rapports de réduction partagent cette même enveloppe. Cette fiche n’annonce donc pas de valeur : la mesure, décrite plus bas, tranche pour le moteur reçu |
| Axe de sortie | Axe unique, dépassant d’un seul côté du boîtier, avec méplat d’entraînement |
| Capteur intégré | Aucun : ni codeur, ni fin de course, ni retour de position. Rien n’indique à la carte à quelle vitesse le moteur tourne |
| Commande | Pont en H obligatoire pour inverser le sens de rotation et doser la vitesse |
| Fixation | Par un support de moteur TT, qui épouse la forme du boîtier et rapporte les trous de vissage sur le châssis |
Moteur seul ou moteur avec roue
Les deux articles existent au catalogue et ne diffèrent que par la roue. Si le robot a déjà ses roues, ou si une roue doit être remplacée séparément, c’est cette version nue qu’il faut : l’axe est prêt et n’attend que la roue. Une roue de voiture 2WD / 4WD s’emmanche dessus à la main, sans outil : le méplat de l’axe l’entraîne sans la laisser patiner. La version déjà équipée de sa roue se trouve ici : moteur DC avec roue. Pour une base à deux roues motrices, deux moteurs nus et deux roues donnent exactement le même assemblage qu’un lot apparié.
Fixer le moteur sur un châssis
Le boîtier du réducteur n’a pas de trous prévus pour un vissage direct : il se glisse dans un support de moteur TT, une équerre qui reprend sa forme et rapporte deux trous de fixation sur la platine du robot. Le support se visse ensuite sur le châssis, et le moteur tient alors par sa propre forme, sans contrainte sur les engrenages.
Souder les deux fils d’alimentation
C’est la seule opération d’assemblage de cette pièce, et elle prend une minute. Chaque plot arrière est percé d’un œilleton : le fil dénudé, étamé, s’y glisse avant la soudure, ce qui donne une liaison solide sans pince ni pincement. Il faut de l’étain à souder et un fer à souder. Prévoir deux fils souples de 20 à 30 cm, assez longs pour atteindre les bornes du module de commande sans tirer sur les plots.
Mini-projet : deux moteurs, un module L298N, un robot qui avance, tourne et recule
Objectif : faire rouler une base à deux roues motrices — avancer, s’arrêter, tourner sur place, repartir en arrière. Un seul module de commande suffit pour les deux moteurs, et le programme tient dans une trentaine de lignes.
Ce qu’il faut
| Le cerveau | Arduino Uno R3 avec son câble USB |
|---|---|
| L’étage de puissance | Module L298N : deux ponts en H, bornes à vis pour les moteurs, alimentation moteur jusqu’à 35 V |
| Les moteurs | Deux exemplaires de cette fiche, chacun avec sa roue emmanchée |
| L’énergie | Support de piles 4xAA 6 V et quatre piles : l’alimentation des moteurs, séparée de celle de la carte |
| Les liaisons | Six fils Dupont pour le côté logique et la masse, deux fils par moteur |
| La fixation | Deux supports de moteur TT et les vis correspondantes |
Le câblage
Module 12V | Le + du support de piles 6 V |
|---|---|
Module GND | Le 0 V du support de piles et une broche GND de l’Arduino : les deux masses sont communes |
Module 5V | Broche 5V de l’Arduino, cavalier du régulateur retiré : l’alimentation des moteurs étant inférieure à 7 V, la logique du module est fournie par la carte |
Module ENA et ENB | Broches D9 et D10 : les deux sorties PWM qui règlent la vitesse, une par moteur |
Module IN1 et IN2 | Broches D8 et D7 : le sens du moteur gauche |
Module IN3 et IN4 | Broches D6 et D5 : le sens du moteur droit |
Module OUT1 et OUT2 | Les deux fils du moteur gauche |
Module OUT3 et OUT4 | Les deux fils du moteur droit |
Aucun moteur ne touche la carte : chacun part sur une paire de bornes du module. Intervertir les deux fils d’un moteur, ou les deux broches de sens correspondantes, inverse son sens de rotation sans rien changer d’autre.
Le programme
À téléverser dans l’IDE Arduino :
/*
* Deux moteurs reducteurs DC sur module L298N : avancer, tourner, reculer
* Carte : Arduino Uno R3
* Cablage : ENA sur D9 (PWM), IN1 sur D8, IN2 sur D7 pour le moteur gauche
* ENB sur D10 (PWM), IN3 sur D6, IN4 sur D5 pour le moteur droit
* Alimentation des moteurs : 6 V sur la borne 12V du module, masses communes
* Les moteurs ne recoivent jamais d ordre direct de la carte.
*
* Composants, brochage et fiche complete : www.marocproduits.com
*/
const byte GAUCHE_VITESSE = 9; // ENA, sortie PWM
const byte GAUCHE_AVANT = 8; // IN1
const byte GAUCHE_ARRIERE = 7; // IN2
const byte DROITE_VITESSE = 10; // ENB, sortie PWM
const byte DROITE_AVANT = 6; // IN3
const byte DROITE_ARRIERE = 5; // IN4
void preparer(byte vitesse, byte avant, byte arriere) {
pinMode(vitesse, OUTPUT);
pinMode(avant, OUTPUT);
pinMode(arriere, OUTPUT);
}
/* Chaque moteur se commande par deux broches de sens et une broche de vitesse.
sens vaut 1 pour avancer, 0 pour reculer. */
void moteur(byte vitesse, byte avant, byte arriere, int sens, int allure) {
if (sens == 1) {
digitalWrite(avant, HIGH);
digitalWrite(arriere, LOW);
} else {
digitalWrite(avant, LOW);
digitalWrite(arriere, HIGH);
}
analogWrite(vitesse, allure);
}
void avancer(int allure) {
moteur(GAUCHE_VITESSE, GAUCHE_AVANT, GAUCHE_ARRIERE, 1, allure);
moteur(DROITE_VITESSE, DROITE_AVANT, DROITE_ARRIERE, 1, allure);
}
void reculer(int allure) {
moteur(GAUCHE_VITESSE, GAUCHE_AVANT, GAUCHE_ARRIERE, 0, allure);
moteur(DROITE_VITESSE, DROITE_AVANT, DROITE_ARRIERE, 0, allure);
}
/* Rotation sur place : les deux roues tournent en sens opposes. */
void tournerSurPlace(int allure) {
moteur(GAUCHE_VITESSE, GAUCHE_AVANT, GAUCHE_ARRIERE, 1, allure);
moteur(DROITE_VITESSE, DROITE_AVANT, DROITE_ARRIERE, 0, allure);
}
/* Les deux sorties PWM a zero : le module ne delivre plus de courant. */
void arreter() {
analogWrite(GAUCHE_VITESSE, 0);
analogWrite(DROITE_VITESSE, 0);
}
void setup() {
preparer(GAUCHE_VITESSE, GAUCHE_AVANT, GAUCHE_ARRIERE);
preparer(DROITE_VITESSE, DROITE_AVANT, DROITE_ARRIERE);
}
void loop() {
avancer(200); // deux secondes en avant
delay(2000);
arreter();
delay(500);
tournerSurPlace(170); // un huitieme de tour environ
delay(800);
arreter();
delay(500);
reculer(180); // une seconde et demie en arriere
delay(1500);
arreter();
delay(1000);
}Comment ça marche
- Les broches
ENAetENBne fournissent aucun courant aux moteurs : elles fixent le rapport cyclique de chaque pont en H. Une valeur de 255 laisse passer toute la tension, une valeur de 128 la moitié. - Les paires
IN1/IN2etIN3/IN4croisent ou décroisent le courant dans chaque branche. Inverser les deux niveaux d’une paire inverse le sens du moteur correspondant. - La rotation sur place vient du désaccord entre les deux côtés : un moteur en avant, l’autre en arrière. Les deux en avant donnent la ligne droite ; c’est la seule commande de direction d’une base à deux roues motrices.
- Deux moteurs du même lot ne tournent jamais exactement à la même vitesse : le robot dérive légèrement. On corrige en donnant une allure un peu plus faible au côté le plus rapide, ou en mesurant la rotation réelle pour asservir la trajectoire.
- Le module chute de 1 à 2 V entre son alimentation et les moteurs. Un pack de 6 V délivre donc au moteur une tension un peu plus faible, ce qui explique qu’il tourne moins vite derrière le module qu’en direct sur le pack.
Mesurer la vitesse du moteur reçu
Le boîtier jaune ne porte aucune inscription, et c’est la même enveloppe qui sert à plusieurs rapports de réduction. La mesure prend deux minutes et évite de se fier à une étiquette : marquer l’axe ou la roue d’un trait de feutre, alimenter le moteur sous 6 V, compter les tours pendant dix secondes, puis multiplier par six pour obtenir des tours par minute. Multiplier ce nombre par la circonférence de la roue et diviser par soixante donne une vitesse en unités de longueur par seconde, celle qui sert à régler un programme.
Les points d’attention
| Souder longtemps sur le même plot | La borne est sertie dans un capuchon plastique : une chauffe prolongée fait fondre le plastique et la borne se déplace. Une soudure brève, fer à température, suffit. |
|---|---|
| Brancher le moteur sur une broche de la carte | La sortie ne tient pas le courant du moteur et la carte redémarre dès la mise sous tension. Toujours passer par un pont en H. |
| Alimenter les moteurs depuis le port USB | La tension s’effondre au démarrage et la carte redémarre en boucle. Un pack de piles dédié aux moteurs règle le problème, masse commune avec la carte. |
| Bloquer l’axe sous tension | Le courant atteint son maximum et le moteur chauffe très vite. Un moteur retenu longtemps finit par brûler son bobinage. |
| Dépasser 6 V | Le moteur tourne plus vite, mais chauffe davantage et ses balais s’usent beaucoup plus vite : la durée de vie chute avant que la vitesse ne serve. |
| Frapper sur la roue pour l’emmancher | Les engrenages du réducteur sont en plastique : une poussée de biais casse une dent. La roue se monte bien droite, à la main. |
Questions fréquentes
Faut-il souder les fils ?
Oui. Les deux plots arrière sont prévus pour la soudure : ils ne comportent ni cosse à visser, ni connecteur, ni fil serti. Un fil dénudé puis étamé se glisse dans l’œilleton du plot avant la soudure, ce qui donne une liaison mécaniquement solide — utile sur un robot qui vibre.
Le moteur arrive-t-il avec sa roue ?
Non, cette référence est le moteur seul, sans roue ni vis ni support. Le catalogue contient la même mécanique déjà équipée de sa roue, et les roues seules sont vendues séparément : la section sur les deux versions est plus haut sur cette page.
Dans quel sens le moteur tourne-t-il ?
Aucun sens ne lui est imposé : un moteur à courant continu s’inverse en permutant ses deux fils, que l’opération se fasse sur ses plots ou sur les deux broches de sens du module. Il n’y a donc pas d’erreur de branchement possible, seulement un sens à corriger d’un échange de fils.
Peut-on régler la vitesse ?
Oui, par la sortie PWM du pont en H : c’est elle qui fixe la tension moyenne appliquée au moteur, et donc sa vitesse. Le programme ci-dessus s’en sert pour doser chaque mouvement, et deux valeurs distinctes par côté permettent de corriger la dérive d’un robot qui ne va pas droit.
Combien de moteurs pour une base roulante ?
Deux moteurs et une roue libre donnent la base la plus économique : elle tient sur trois points et tourne sur place. Un robot à quatre roues se contente de quatre moteurs et se passe de roue libre, mais consomme deux fois plus de courant et demande un module capable de le fournir.
À combiner avec
Une roue libre pivotante complète un robot à deux roues motrices en assurant le troisième point d’appui. Pour savoir à quelle vitesse le robot avance réellement, un capteur de vitesse à fourche infrarouge placé sur un disque percé monté sur l’axe compte les tours, et permet de corriger l’écart entre les deux côtés. Enfin, les supports de moteur et le châssis se vissent avec des vis M3 de 10 mm et leurs écrous, qui conviennent aussi bien à une platine percée qu’à une pièce imprimée en 3D.








