La plaque à trous double face 2 × 8 cm est l’étape qui suit la plaque d’essai : une fois qu’un montage fonctionne sur la breadboard, on le recopie ici à la soudure et il devient définitif. Elle tient dans la main, se glisse dans un boîtier, se visse sur un fond et accepte tous les composants traversants au pas de 2,54 mm — boîtiers DIP, barrettes, borniers, modules à pattes.
Rien à programmer sur cette plaque : elle ne fait rien par elle-même. C’est un support, avec ses 168 pastilles indépendantes, ses trous métallisés et ses quatre trous de fixation. Ce qui compte, c’est le pas, la densité de pastilles et le format.
À quoi sert une plaque à trous
- Figer un montage éprouvé — le circuit validé sur plaque d’essai se reporte tel quel et cesse de bouger : les fils ne se déplacent plus, les composants ne se déchaussent plus.
- Réduire un montage à son strict nécessaire — sur une breadboard, la carte de développement, le régulateur et l’horloge occupent la moitié de la place ; ici on ne soude que l’utile, et le montage tient dans le boîtier d’un capteur.
- Fabriquer un adaptateur — une barrette soudée sur cette plaque transforme un circuit intégré ou un module en connecteur propre, à brancher et débrancher.
- Assembler une alimentation ou un bornier — un régulateur, deux condensateurs et trois borniers à vis tiennent sans peine sur 20 × 80 mm.
- Réparer ou modifier un appareil — une portion de circuit imprimé hs se remplace par un petit morceau de plaque à trous câblé à la main.
Caractéristiques techniques
| Type | Plaque de prototypage universelle à trous, double face (perfboard / prototype board) |
|---|---|
| Dimensions | 20 × 80 mm (2 × 8 cm), format allongé |
| Matière | Fibre de verre époxy FR-4, vernis épargne vert |
| Épaisseur | Environ 1,6 mm |
| Pas des trous | 2,54 mm (0,1 pouce) sur les deux axes : c’est le pas des boîtiers DIP, des barrettes de broches et des borniers standard |
| Nombre de pastilles | 168 : une matrice de 28 colonnes sur 6 rangées |
| Diamètre des trous | Environ 1 mm, traverse les deux faces |
| Métallisation | Trous métallisés (PTH) : la pastille du dessus et celle du dessous sont reliées électriquement par le barillet métallique du trou |
| Finition | Étamage HASL, la surface des pastilles facilite l’accroche de l’étain |
| Fixation | 4 trous sans pastille aux angles, environ 2 mm, pour vis ou entretoises |
| Encombrement de la matrice | La grille occupe 71 × 15 mm : il reste de chaque côté la marge nécessaire aux trous de fixation et au passage des fils |
Ce que contient la commande
La plaque seule, telle que photographiée. Ni étain, ni fer à souder, ni fil de liaison, ni composant : les tableaux de cette page indiquent ce qui va avec.
Comment la plaque est faite, et ce que cela change
Aucune pastille n’est reliée à sa voisine
C’est la différence essentielle avec une plaque d’essai. Sur une breadboard, cinq trous d’une colonne forment un même nœud électrique ; sur une plaque à trous, chaque pastille est entièrement indépendante. La plaque elle-même ne relie rien : les liaisons se font avec un fil de cuivre nu, un pont d’étain entre deux pastilles voisines, ou un fil de liaison soudé sous la plaque. C’est ce qui oblige à réfléchir le circuit avant de souder — et ce qui le rend définitif.
Les trous traversent les deux faces
Le barillet métallique du trou relie la pastille supérieure à l’inférieure. Deux conséquences pratiques : une seule soudure suffit, l’étain remonte tout seul par le trou ; et les deux faces deviennent deux zones de câblage distinctes — on soude les composants d’un côté et on fait courir les fils de liaison de l’autre, ce qui débrouille les croisements sans aucun fil qui passe par-dessus.
Une grille régulière
28 colonnes de 2,54 mm sur la longueur, 6 rangées sur la largeur : la grille couvre 71 × 15 mm. Un boîtier DIP s’y soude sans cintrage, une rangée de broches aussi. Une carte Nano occupe exactement la largeur : ses deux rangées de pattes sont espacées de 15,24 mm, soit six pas — elles tombent pile sur les six rangées de pastilles.
Premier montage : souder une LED sur la plaque
Le montage le plus court pour prendre la plaque en main : une LED alimentée en 5 V, protégée par une résistance. Aucun programme, un quart d’heure, et la méthode vaut pour tous les montages suivants.
Ce qu’il faut
| La plaque | Celle de cette page |
|---|---|
| La source | Carte Nano avec câble, alimentée par l’USB : elle fournit le 5 V et la masse |
| Le voyant | LED 5mm Rouge |
| La protection | 10xRésistances 1/4w 220ohm |
| Le fer | Fer à souder 40W, panne fine |
| L’étain | Fil à soudure, 0,8 à 1 mm |
| Les outils | Pince coupante pour les pattes, multimètre DT9205 pour le contrôle |
Sans la résistance, la LED grille en quelques secondes. Avec 220 ohms sous 5 V, elle reçoit environ 13 mA et s’allume sans chauffer.
Le câblage, pastille par pastille
On travaille sur une seule rangée, la deuxième en partant du bord. Les pastilles citées sont numérotées depuis le bord gauche de la plaque.
| Pastille 1 | Première patte de la résistance, plus un fil soudé qui part vers la broche 5V de la carte |
|---|---|
| Pastille 4 | Deuxième patte de la résistance : l’écart naturel des pattes d’une résistance 1/4 W vaut trois pas, soit 7,6 mm |
| Entre 4 et 5 | Un pont d’étain ou un court fil de cuivre nu, puisque les deux pastilles sont indépendantes |
| Pastille 5 | Patte longue (anode) de la LED |
| Pastille 6 | Patte courte (cathode) de la LED, plus un fil soudé vers la broche GND de la carte |
Brancher l’USB : la LED s’allume. Le courant fait le tour complet par la résistance, la LED et le retour de masse.
Les gestes de la soudure
- Placer les pattes dans les trous avant de chauffer, côté pastilles vers le haut. Cintrer chaque patte à la main pour que le composant ne tombe pas quand la plaque est retournée.
- Chauffer la pastille et la patte ensemble, deux secondes : la panne du fer touche à la fois le bord de la pastille et le métal de la patte.
- Apporter l’étain sur le point chaud, pas sur la panne du fer. Il doit s’étaler en une petite galette brillante autour de la patte.
- Retirer le fer et laisser refroidir sans bouger le composant. Une soudure grise et terne, en boule, est refusée : nettoyer la panne et recommencer.
- Couper les pattes au ras de la soudure, sans tirer dessus, avec la pince coupante.
- Contrôler au multimètre en continuité avant de mettre sous tension : chaque liaison prévue doit sonner, et deux pastilles voisines que rien ne relie ne doivent pas sonner.
Si la LED reste éteinte
- Elle est dans le mauvais sens. La patte longue est l’anode (le +). Couper l’alimentation avant de dessouder.
- Le pont entre les pastilles 4 et 5 manque. La résistance et la LED sont alors dans deux îlots isolés : la plaque ne les relie pas toute seule.
- Une pastille voisine a été éclaboussée d’étain : la bavure crée un court-circuit. Reprendre avec la panne et une pompe à dessouder.
- Les deux pattes d’un même composant sont dans la même pastille. Le composant est court-circuité, la LED reçoit toute la tension.
Points d’attention
- Ne jamais insister avec le fer. Une pastille chauffée plus de trois ou quatre secondes se décolle du support. Régler le fer entre 300 et 350 °C, souder vite, laisser refroidir entre deux points.
- Une seule face suffit. Comme le trou est métallisé, l’étain remonte par le barillet : souder les deux faces d’une même pastille revient à la chauffer deux fois pour rien.
- Découper la plaque à la dimension voulue se fait à la scie à métaux, puis la tranche se lime. Recouper la plaque après y avoir soudé des composants fragilise les pastilles proches de la coupe.
- Une intensité élevée ne passe pas par une plaque à trous. Les pastilles sont fines : un moteur, un relais ou une bande de LED s’alimente directement depuis la source, et seule la masse et le signal passent par la plaque.
- Plus la plaque est petite, plus le câblage doit être pensé avant. Reproduire le schéma sur papier, avec la position des composants et le trajet des fils, évite de tout dessouder au troisième ajout.
- Un fond métallique sous la plaque impose des entretoises : les pastilles du dessous ne doivent rien toucher.
Compatibilité
Avec les barrettes de broches
Une rangée de 40 pins 2,54 mm mâle se recoupe à la longueur voulue et se soude sur la plaque : on obtient un connecteur au pas standard, où un module vient se cliper. C’est la façon la plus simple de rendre un montage amovible.
Avec les supports de circuit intégré
Sur un circuit intégré, on soude un support 14 pins plutôt que le boîtier lui-même : si le composant claque ou doit être remplacé, il se déclipse sans toucher à la plaque. Le support est traversant, au pas de 2,54 mm, et se loge sur deux rangées de pastilles.
Avec les borniers à vis
Un bornier à vis 2 broches soudé sur le bord de la plaque donne une entrée d’alimentation propre, où l’on visse un fil sans fer à souder. Le pas correspond directement aux pastilles.
Avec une carte Nano
La largeur de 20 mm correspond au format d’une carte Nano : ses deux rangées de pattes tombent sur les six rangées de pastilles, et la carte peut donc se souder à plat sur la plaque. Le montage devient un module autonome, plus compact qu’une carte posée sur une breadboard.
Variantes : la même plaque en d’autres formats
Le catalogue porte toute la famille, même pas de 2,54 mm et même construction double face : la plaque 3 × 7 cm pour un montage à un seul circuit intégré, la 4 × 6 cm pour un capteur et son étage de sortie, la 5 × 7 cm pour une alimentation, la 7 × 9 cm pour une carte et ses périphériques, et la 8 × 12 cm pour un montage complet. En grande surface et sur un seul côté, la plaque PCB simple face 10 × 15 cm prend le relais quand le montage est un vrai châssis.
Et si le montage n’est encore qu’une idée, il se monte d’abord sans rien souder sur une plaque d’essai 830 points : on ne recopie sur la plaque à trous que ce qui fonctionne.
Questions fréquentes
Double face ou simple face : quelle différence à l’usage ?
Sur cette plaque, les deux faces portent les mêmes pastilles, reliées par le trou métallisé. On soude donc d’un côté ou de l’autre, et surtout on peut faire passer les fils de liaison sur la face opposée aux composants : les croisements disparaissent. Une plaque simple face coûte moins cher mais n’offre qu’une seule zone de câblage — au-delà de quelques composants, le dessous devient un enchevêtrement de fils qui se croisent.
Combien de pastilles sur un format de 2 × 8 cm ?
168, réparties en 28 colonnes et 6 rangées. De quoi loger une carte Nano, deux supports de circuit intégré et leurs composants passifs — largement au-delà de la première maquette.
Peut-on dessouder et recommencer ?
Oui, à condition de ne pas abuser du chauffage. Une pompe à dessouder vide le trou en une seconde, l’étain restant se retire au fer. Deux ou trois reprises sur la même pastille passent sans dommage ; au-delà, la pastille peut se décoller.
La plaque convient-elle à un montage qu’on va transporter ?
Oui, c’est même son intérêt : une soudure ne bouge plus, et le montage résiste aux vibrations là où une plaque d’essai perd ses contacts. Les quatre trous des angles servent à la fixer sur un fond de boîtier par vis ou entretoises, ce qui la protège des flexions.
Faut-il prévoir une alimentation séparée ?
La plaque ne fournit ni tension ni protection : c’est un support de câblage. L’alimentation — carte de développement, régulateur, pile — se choisit séparément et se raccorde par un bornier ou une barrette soudée sur la plaque.
À combiner avec
Le trio de la soudure est à la page voisine : le fer à souder 40W pour les points courants, l’étain de 0,8 à 1 mm et la pompe à dessouder pour les reprises. Le reste de l’atelier prototypage réunit les barrettes, les borniers, les fils de liaison et les composants passifs qui servent sur cette plaque.








