Quarante millimètres, c’est la longueur des assemblages qui traversent vraiment de la matière : les deux parois opposées d’un tube carré de 30 mm, un châssis de médium de 30 mm avec sa platine vissée dessus, ou un socle de contreplaqué épais qu’on refuse de fraiser pour y noyer la tête d’un boulon. C’est la plus longue vis de la gamme M3 vendue ici : au-delà d’une trentaine de millimètres de matière cumulée, c’est la seule longueur du lot qui laisse encore de la tige derrière l’écrou.
Le lot contient dix vis à métaux à tête fraisée à empreinte cruciforme et dix écrous hexagonaux assortis. Ce produit ne se programme pas et sa fiche ne comporte donc aucun code : une vis se choisit sur quatre cotes — diamètre, pas du filetage, longueur utile et forme de tête — et c’est ce que détaillent les sections qui suivent.
Caractéristiques techniques
| Type | Vis à métaux à tête fraisée, empreinte cruciforme, entièrement filetée |
|---|---|
| Filetage | Métrique M3 — diamètre 3 mm, pas de 0,5 mm |
| Longueur | 40 mm, mesurée tête comprise (environ 38,4 mm de filetage sous la tête) |
| Tête | Fraisée à 90 degrés, diamètre environ 5,6 mm, empreinte cruciforme |
| Écrous | Hexagonaux M3, hauteur environ 2,4 mm, serrage à la clé de 5,5 mm |
| Quantité | 10 vis et 10 écrous par lot |
| Matière | Acier, finition métallique claire |
| Outils | Tournevis cruciforme et clé plate ou à pipe de 5,5 mm |
Ce que traverse une vis de 40 mm
Le calcul tient en une soustraction : 38,4 mm de filetage sous la tête, moins 2,4 mm pour un écrou hexagonal ordinaire, laisse 36 mm de matière traversée au maximum, écrou engagé à fond. Avec un écrou freiné, plus haut d’environ 1,5 mm, la limite descend à 34,4 mm.
| Un tube carré ou un profilé de 30 mm de côté | La vis traverse les deux parois opposées, environ 30 mm au total, et l’écrou s’appuie derrière : six millimètres de tige restent disponibles, de quoi serrer et démonter plusieurs fois. |
|---|---|
| Un châssis de médium de 30 mm et une platine imprimée de 4 mm | 34 mm traversés : l’écrou hexagonal ordinaire mord largement, un écrou freiné arrive tout juste au bout de son filetage. C’est le montage type d’un bâti de machine un peu épais. |
| Trois plaques imprimées de 10 mm et une entretoise de 6 mm | 36 mm traversés : la limite exacte avec un écrou hexagonal ordinaire. C’est la configuration qui justifie cette longueur dans un châssis de robot en couches. |
| Un socle de contreplaqué de 30 mm et un patin de 3 mm | 33 mm traversés : il reste trois millimètres derrière, de quoi glisser une rondelle plate sous l’écrou pour ne pas marquer le bois. |
| Une planche de 18 mm et un support de 8 mm | 26 mm traversés : la réserve atteint dix millimètres, la tige dépasse franchement derrière le support. Une longueur plus courte suffit largement ici. |
| Deux plaques de 15 mm et une entretoise de 9 mm | 39 mm traversés, au-delà des 36 mm disponibles : l’écrou ne s’engage plus. Il faut alors réduire l’empilement, ou couper une tige filetée M3 à la longueur exacte. |
Une tige trop longue se rattrape toujours, alors qu’une tige trop courte ne s’allonge pas : c’est ce qui justifie de préférer cette longueur à la vis M3 de 35 mm dès que l’empilement franchit trois plaques ou qu’un écrou freiné entre dans le calcul.
Compatibilité et filetage
Tout ce qui est taraudé M3 convient
Le pas normalisé de 0,5 mm est le même sur toute la visserie M3 du commerce : écrous, inserts thermiques à poser au fer à souder, taraudages d’usine. Une vis de ce lot se visse donc dans un écrou récupéré sur un autre montage, et inversement. Ne jamais apparier deux pas différents — M3 et M3,5 ne se vissent pas ensemble, et forcer abîme l’écrou comme la vis.
Longueur mesurée tête comprise
Sur une vis fraisée, la longueur annoncée part de la face supérieure de la tête : le cône en consomme environ 1,6 mm, d’où les 38,4 mm de filetage utile sous la surface. Sur une vis à tête cylindrique ou bombée, la convention est inverse — la mesure part du dessous de la tête. Deux vis de 40 mm appartenant à ces deux familles ne traversent donc pas la même épaisseur, et c’est la cause la plus fréquente d’un assemblage qui manque de tige après un changement de modèle.
Tête fraisée et chanfrein
Une tête fraisée à 90 degrés s’encastre dans un chanfrein usiné ou moulé et affleure la surface. Posée à plat sur une surface non chanfreinée, elle n’offre qu’un appui annulaire réduit : le serrage est moins franc et la pièce se marque. Sur une surface plane, une tête cylindrique ou bombée convient mieux.
Dans le plastique imprimé en 3D
Une vis M3 se taille son filetage dans la matière avec un avant-trou d’environ 2,5 mm : la tenue est ferme, mais elle s’use à chaque démontage. Un trou de 3 mm ne tient rien, un trou de 2 mm fait fendre la pièce. Sur une longueur de 40 mm, la vis traverse presque toujours toute la pièce imprimée : dans ce cas, l’écrou se place derrière et l’avant-trou reste au diamètre de passage, entre 3,2 et 3,5 mm.
Une tige qui dépasse est un axe
Au-delà de l’écrou, la tige libre peut servir d’axe, de butée ou de pivot pour un bras ou une biellette. Intercaler une entretoise autour de la tige si la pièce mobile ne doit pas mordre le filetage, et prévoir un écrou de chaque côté de la pièce mobile : serrés l’un contre l’autre, ils immobilisent la vis tout en laissant le débattement voulu.
Usage dans un montage
- Boulonner un moteur sur un socle épais — un moteur pas à pas NEMA 17 fixé sur du contreplaqué ou du médium de 25 à 30 mm, écrou derrière la planche. Les quatre trous du moteur sont taraudés en M3 : leur profondeur d’engagement reste faible, l’écrou se pose donc toujours derrière le socle, jamais dans le moteur.
- Traverser les deux parois d’un tube carré de 30 mm de côté, ou d’un profilé aluminium du même gabarit : la vis prend les deux faces opposées d’un seul serrage, avec six millimètres de réserve pour l’écrou.
- Bâti d’imprimante 3D ou de CNC — équerres, patins et cages de roulement à billes linéaire LM8UU vissés dans du médium de 30 mm, là où les longueurs courtes n’attrapent qu’une paroi.
- Assembler un châssis de robot en prenant trois plaques imprimées empilées, ou en intercalant une entretoise pour dégager un étage entre deux plaques.
- Fixer un support de servomoteur ou de moteur — un support de servo SG90 ou un support de moteur TT vissé sur un châssis en bois ou en plastique imprimé.
- Platine de capteur sur un socle de bois — un support pour capteur ultrason HC-SR04 boulonné sur une planche épaisse, écrou par-derrière, sans fraiser le bois de chaque côté.
- Mettre un coupleur en appui — un coupleur d’axe souple maintenu sur sa platine de fixation par des vis traversantes de cette longueur.
- Axe, butée ou pivot léger — une tige qui dépasse franchement derrière l’écrou fait un axe pour un bras ou une biellette, la liberté de mouvement se réglant au serrage.
Points d’attention
- Ne pas forcer au serrage. Une vis M3 en acier n’accepte pas un couple important : au-delà d’un effort raisonnable, l’empreinte cruciforme s’abîme et le tournevis tourne dans le vide.
- Un trou taraudé a une profondeur limite. Une vis plus longue que le taraudage bute au fond. Sur un moteur, le bobinage se trouve juste derrière la platine : l’écrou se place derrière le socle.
- Percer au bon diamètre. 3,2 à 3,5 mm pour un passage libre, environ 2,5 mm pour que la vis morde dans le plastique imprimé.
- Sur un montage qui vibre — châssis de robot, moteur, pièce mobile — la vis finit par se desserrer : deux écrous serrés l’un contre l’autre, ou une goutte de frein-filet sur le filetage, règlent le problème.
- Une tige libre de plus de vingt millimètres peut fléchir. Sur un bras soumis à un effort latéral, une vis M3 nue se plie : préférer un montage où l’entretoise ou la pièce traverse la tige sur la plus grande partie de sa longueur.
- Éviter de mélanger deux aciers. Un écrou en acier inoxydable sur une vis en acier zingué grippe facilement, jusqu’à ne plus se démonter.
- Trop longue, la vis se coupe. Couper par petites touches à la pince coupante, puis limer la pointe ou revisser un écrou au-delà de la coupe avant de couper : en le dévissant, il redresse le filetage au passage.
Questions fréquentes
La longueur de 40 mm comprend-elle la tête ?
Oui. Sur une vis fraisée, la longueur se mesure de la face supérieure de la tête à l’extrémité du filetage : le cône en consomme environ 1,6 mm, il reste donc près de 38,4 mm utiles sous la surface, dont 2,4 mm consommés par l’écrou hexagonal ordinaire. Sur une vis à tête cylindrique ou bombée, la mesure part du dessous de la tête, ce qui change tout le calcul à longueur annoncée identique.
Quand choisir la 40 mm plutôt que la 35 mm ou la 30 mm ?
En mesurant l’empilement : épaisseur des pièces à traverser, plus 2,4 mm pour l’écrou, plus un à deux millimètres de réserve. Au-delà de 31 mm de matière, c’est cette longueur ; entre 26 et 31 mm, la 35 mm suffit ; en dessous de 26 mm, une longueur plus courte prise dans la gamme laisse le montage plus net. Toutes les longueurs disponibles sont regroupées dans la fiche 10 vis M3 avec écrous.
Un écrou freiné passe-t-il sur une vis de 40 mm ?
Jusqu’à 34,4 mm de matière traversée, oui : un écrou nylstop mesure environ quatre millimètres de haut, contre 2,4 mm pour un écrou hexagonal ordinaire. Au-delà, le nylon ne mord plus entièrement et la tenue ne repose plus que sur le serrage. Un socle de 30 mm et un patin de 3 mm restent dans la limite.
Peut-on visser directement dans le bois ou le médium, sans écrou ?
Non. Une vis à métaux ne mord pas dans le bois : sans écrou, elle tourne dans son trou et le montage ne tient rien. Deux solutions — percer un trou traversant et visser un écrou derrière, ou poser un écrou à griffes ou un insert à visser. Dans une pièce imprimée en 3D, en revanche, un avant-trou d’environ 2,5 mm suffit : la vis se taille son filetage dans la matière.
Que faire si la vis est trop longue pour le montage ?
La couper, puis rattraper l’extrémité : la coupe écrase le filetage sur un ou deux millimètres et l’écrou ne s’y engage plus. Limer légèrement la pointe, ou visser un écrou au-delà de la coupe avant de couper, règle le problème. Couper par petites touches et remettre l’écrou en place entre deux essais évite de retirer trop de matière.
Ces vis peuvent-elles servir d’axe d’articulation ?
Oui, à condition que la pièce mobile tourne autour de la tige et non dans le filetage : dans un trou lisse, la vis reste un axe et le montage pivote librement ; vissée dans la pièce mobile, elle devient un taraudage et l’articulation se bloque. Un écrou de chaque côté de la pièce mobile, serrés l’un contre l’autre, immobilisent la vis tout en laissant le débattement voulu.
La gamme va-t-elle au-delà de 40 mm ?
Non, cette longueur ferme le lot. Pour traverser davantage de matière, la solution est une tige filetée M3 coupée à la longueur voulue, avec deux écrous serrés l’un contre l’autre pour l’immobiliser. Au-delà de 36 mm de matière, aucune vis de cette famille ne convient.
À combiner avec
Cette longueur sert surtout à boulonner un boîtier ou une platine sur un socle épais : un boîtier pour Arduino Uno, un boîtier pour Raspberry Pi 4 ou un boîtier rail DIN pour circuit imprimé fixé sur une platine de médium. Vérifier l’épaisseur cumulée des deux parois avant de serrer : sous une dizaine de millimètres, la tige dépasse largement à l’intérieur et il faut redescendre dans la famille des vis M3. Pour un montage qui vibre, prévoir en plus un écrou freiné et, sous l’écrou, une rondelle plate qui répartit l’effort sur le bois ou la pièce imprimée.










