L’Anycubic Kobra est une imprimante 3D FDM à structure cartésienne : le plateau avance et recule, la tête se déplace en largeur et en hauteur, et le filament est déposé couche après couche pour construire la pièce. Elle imprime dans un volume de 220 × 220 × 250 mm avec une buse de 0,4 mm, en PLA, ABS, PETG et TPU — les quatre matières du format 1,75 mm.
Sa particularité tient à trois points. D’abord une extrudeuse directe : le moteur d’entraînement est solidaire de la tête, le filament n’a donc qu’un très court trajet à parcourir avant la buse, ce qui rend l’impression des matières souples comme le TPU nettement plus fiable qu’avec une extrudeuse déportée. Ensuite un nivellement automatique LeviQ en 25 points : un capteur inductif palpe la surface du plateau en vingt-cinq positions et la machine compense elle-même les irrégularités, sans vis de réglage à tourner aux quatre coins. Enfin un plateau acier à ressort revêtu de PEI, magnétique et démontable : il suffit de le plier légèrement pour décoller la pièce, et il reprend sa place sans réglage.
La machine est livrée partiellement montée et s’achève en une dizaine de minutes, se pilote depuis un écran tactile couleur de 4,3 pouces, et lit ses fichiers sur carte microSD.
Caractéristiques techniques
| Technologie | FDM (dépôt de filament fondu), structure cartésienne |
|---|---|
| Volume d’impression | 220 × 220 × 250 mm |
| Buse | 0,4 mm, remplaçable |
| Filament | 1,75 mm de diamètre |
| Matières compatibles | PLA, ABS, PETG, TPU |
| Température maximale de buse | 260 °C |
| Température maximale du plateau | 110 °C, plateau chauffant |
| Hauteur de couche | de 0,05 à 0,30 mm |
| Vitesse d’impression | jusqu’à 180 mm/s ; les réglages courants se situent entre 80 et 100 mm/s |
| Précision annoncée | ± 0,1 mm ; résolution de positionnement 12,5 µm en X et Y, 2 µm en Z |
| Nivellement | automatique, capteur inductif LeviQ, 25 points de mesure |
| Surface d’impression | acier à ressort revêtu de PEI, magnétique et amovible |
| Extrudeuse | directe, une seule buse ; pression du filament réglable par une molette |
| Écran | tactile couleur 4,3 pouces |
| Fichiers acceptés | .STL, .OBJ, .AMF en entrée ; G-code en sortie, préparé avec un trancheur (Cura et ses équivalents) |
| Lecture des fichiers | carte microSD et port USB type B |
| Alimentation | 110 à 240 V, bloc interne 24 V, puissance annoncée 400 W |
| Bruit annoncé | 58 dB au maximum |
| Encombrement | environ 49 × 49 × 43 cm |
| Poids | 7 kg |
| Assemblage | environ 10 minutes, machine livrée partiellement montée |
Ce que la machine demande avant la première impression
- Un ordinateur avec un trancheur. L’imprimante ne lit pas un fichier .STL : ce format décrit la forme de la pièce, pas le trajet de la buse. Il faut le passer dans un logiciel de tranchage — Cura, PrusaSlicer, ideaMaker — qui produit le G-code, c’est-à-dire les instructions réellement exécutées par la machine.
- Une carte microSD. C’est le support que la Kobra lit, la carte s’insérant sur le flanc de l’appareil. Le port USB type B sert à relier la machine à un ordinateur, pas à imprimer depuis une clé.
- Une bobine de filament 1,75 mm. Toutes les matières du format 1,75 mm conviennent, à commencer par le PLA, le plus simple à imprimer.
- Une dizaine de minutes. La base, le portique et l’écran arrivent assemblés ; il reste à monter la partie haute, à brancher les nappes et à mettre la machine d’aplomb sur un plan stable.
Le nivellement automatique LeviQ, en 25 points
Le plateau de la Kobra n’est pas monté sur ressorts réglables : il est fixé rigide sur son chariot, et c’est le logiciel qui compense les défauts de planéité. Un capteur inductif fixé à côté de la buse mesure la distance au plateau en vingt-cinq points répartis sur toute la surface ; la machine en déduit une carte de correction qu’elle applique pendant l’impression. Il n’y a donc pas de molette à régler dans les coins, ce qui supprime la principale source d’échec des premières impressions.
Deux conséquences pratiques. Le capteur étant inductif, il détecte le métal : la plaque d’acier fournie ne se remplace pas par une plaque de verre, que le capteur ne verrait pas. Et il reste une seule valeur à régler soi-même, la hauteur de la buse au premier point (l’offset Z), que l’on ajuste après le nivellement en observant la première couche : trop écrasée, elle déborde sur les côtés ; trop haute, les lignes ne se touchent pas.
Les matières et leurs températures
Le tableau ci-dessous donne les plages usuelles de réglage pour chaque matière compatible. Ce sont des points de départ : chaque bobine a ses propres tolérances, et le réglage fin se fait en imprimant une petite pièce d’essai avant une grande.
| PLA | buse autour de 190 à 220 °C, plateau de 50 à 60 °C. La matière la plus facile, rigide et précise ; à réserver aux pièces qui ne chauffent pas. |
|---|---|
| PETG | buse autour de 230 à 250 °C, plateau de 70 à 80 °C. Plus résistant et moins cassant que le PLA, avec une bonne tenue aux chocs. |
| ABS | buse autour de 240 à 260 °C, plateau de 90 à 110 °C. Résistant à la chaleur et aux chocs ; il se rétracte en refroidissant et demande un local sans courant d’air. |
| TPU | buse autour de 210 à 230 °C, plateau de 40 à 60 °C. Souple et élastique ; c’est ici que l’extrudeuse directe fait la différence, le filament flexible supportant mal un long trajet. |
Une limite matérielle mérite d’être connue : la gaine PTFE qui accompagne le filament descend jusqu’à la zone chaude de la buse. Au-delà d’environ 250 °C, cette gaine commence à se dégrader. Restez donc en dessous de cette valeur dans vos réglages, même si la sonde de température autorise jusqu’à 260 °C ; pour des matières réellement hautes températures, c’est une autre machine qu’il faut.
Préparer une impression, étape par étape
- 1. Tracer le modèle. Un fichier .STL ou .OBJ se télécharge ou se dessine dans un logiciel de conception. Vérifiez qu’il tient dans le volume : 220 mm de large, 220 mm de profondeur, 250 mm de haut.
- 2. Trancher. Ouvrez le fichier dans le trancheur, choisissez le profil de la matière, la hauteur de couche et le taux de remplissage. Une hauteur de 0,2 mm avec 15 à 20 % de remplissage convient à la majorité des pièces décoratives ou de boîtier ; pour une pièce mécanique, montez à 3 ou 4 périmètres et 40 % de remplissage.
- 3. Exporter le G-code sur la carte microSD, puis insérez la carte dans la machine.
- 4. Préparer la machine. Depuis l’écran tactile, lancez le nivellement automatique puis le préchauffage de la buse et du plateau aux températures de la matière.
- 5. Lancer. Sélectionnez le fichier à l’écran et démarrez. Les premières couches se surveillent : c’est là que se règle l’offset Z.
- 6. Décoller la pièce. Une fois la machine refroidie, sortez la plaque magnétique, pliez-la légèrement, la pièce se détache seule.
Usage
- Boîtiers et supports pour l’électronique — un boîtier de carte, un support de capteur, un fond de montage : ce sont les pièces les plus imprimées, et le volume de 220 × 220 × 250 mm laisse de la marge pour un boîtier d’Arduino ou de Raspberry Pi.
- Pièces mécaniques — engrenages, entretoises, poulies, supports de moteur : en PLA ou en PETG selon la charge, avec un remplissage élevé et, en règle générale, une orientation qui met les couches perpendiculaires à l’effort.
- Pédagogie et prototypage — une machine qui imprime une pièce en trois heures se prête bien aux ateliers et aux projets d’école : on dessine, on tranche, on corrige, on réimprime.
- Pièces d’usage courant — poignées, crochets, patins, pièces cassées à remplacer : c’est l’usage domestique le plus fréquent d’une imprimante à ce volume.
Points d’attention
- Ne remplacez pas la plaque par du verre. Le nivellement repose sur un capteur inductif qui lit le métal ; une surface vitrée le rend inopérant et le réglage de la première couche se perd.
- La pression du filament se règle sur la tête. La molette moletée visible sur le bloc d’extrusion ajuste l’appui de la roue dentée sur le filament. Trop serrée, elle aplatit le filament et bouche la buse ; trop lâche, elle patine et l’impression manque de matière. Le réglage se fait à l’arrêt, avant la mise en chauffe.
- Une buse de 0,4 mm s’use et se remplace. Elle est démontable et le diamètre est standard. Dévissez-la à chaud, machine stabilisée à sa température d’impression, avec une clé adaptée et sans forcer : le filetage est en laiton, un serrage excessif l’abîme.
- Nettoyez la plaque à froid. Un chiffon doux et un peu d’alcool isopropylique ou d’alcool à brûler retirent la poussière et les traces de doigts. La graisse de la peau est la première cause d’un décollement de première couche, pas un défaut de réglage.
- Surveillez la tension des courroies. Une courroie détendue laisse des décalages de couches visibles sous forme de marches d’escalier ; une courroie trop tendue fatigue les roulements et les moteurs. Tant que les axes ne prennent pas de jeu et que les déplacements restent réguliers, rien n’est à toucher.
- Une machine d’aplomb. Un plan stable, une table qui ne vibre pas et 20 cm de dégagement autour de la tête : sur une cartésienne à plateau mobile, les vibrations sont responsables d’une bonne part des défauts de surface.
- L’ABS demande un local calme. C’est la matière qui se rétracte le plus en refroidissant : sans abri contre les courants d’air, les grandes pièces se déforment aux angles. Si vous imprimez régulièrement de l’ABS, prévoyez de quoi fermer la machine.
Questions fréquentes
Faut-il assembler entièrement la machine ?
Non. La base, le portique et l’écran sont déjà montés en usine ; l’assemblage restant demande une dizaine de minutes et se limite à fixer la partie haute, brancher les nappes et contrôler l’aplomb de l’ensemble.
Faut-il un ordinateur pour imprimer ?
Un ordinateur est nécessaire pour préparer les fichiers : c’est le trancheur qui transforme la pièce dessinée en G-code. Une fois le G-code écrit sur la carte microSD, l’impression se lance et se pilote entièrement depuis l’écran tactile, sans ordinateur connecté.
Quelle est la plus grande pièce imprimable ?
220 mm de large, 220 mm de profondeur et 250 mm de hauteur. Une pièce plus grande se découpe en morceaux assemblés ensuite, ou s’imprime dans un autre sens si la forme le permet. La hauteur de couche, elle, se règle de 0,05 à 0,30 mm : plus fin pour une pièce détaillée, plus épais pour une pièce utilitaire rapide à sortir.
Peut-on imprimer du filament souple ?
Oui, et c’est l’un des avantages de cette machine : l’extrudeuse directe place le moteur d’entraînement juste au-dessus de la buse, ce qui évite au filament souple de se comprimer dans un guide trop long. Le TPU s’imprime à vitesse réduite, autour de 20 à 30 mm/s, avec un débit de matière limité.
Quelle vitesse adopter ?
La machine annonce une vitesse maximale de 180 mm/s, mais cette valeur n’est atteignable que sur des formes simples et avec la bonne matière. Pour une pièce courante en PLA, restez entre 80 et 100 mm/s : vous gagnez en qualité de surface et en solidité sans allonger beaucoup le temps d’impression. Ralentissez davantage pour la première couche, pour les petites pièces et pour le TPU.
Le bruit est-il gênant ?
Le constructeur annonce 58 dB au maximum. En pratique, le bruit vient surtout des déplacements rapides et des ventilateurs ; une table stable, l’imprimante posée sur un plan qui ne résonne pas, suffit à rendre la machine discrète dans une pièce de travail.
Quels consommables prévoir avec la machine ?
Des bobines de filament 1,75 mm — PLA pour commencer, ABS ou PETG selon les pièces — et une ou deux buses de 0,4 mm d’avance. C’est tout : le plateau est fourni avec la machine et se nettoie, il ne se remplace pas à chaque impression.
À combiner avec
Pour démarrer, une bobine de filament PLA 1,75 mm en 1 kg couvre la plupart des pièces décoratives, de boîtier et de prototypage ; le filament ABS prend le relais pour les pièces qui chauffent, dans un local abrité des courants d’air. Les consommables d’usure se commandent séparément : la courroie GT2 de 6 mm au mètre s’ajuste à la longueur en cas d’usure ou de remplacement d’un axe, et la visserie M3 sert dès qu’une vis se perd dans un démontage ou qu’un support maison se fixe sur le châssis. Enfin, une pince coupante reste l’outil que l’on prend à chaque impression : couper le fil qui barbote en fin de pièce, retirer les supports, recouper proprement l’extrémité d’une bobine avant de la charger dans l’extrudeuse.









